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Sur la route de la caravane du Tour

Auteur : capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© SIRPA - Gend. F.Garcia

Le 1er juillet, les cyclistes prennent le départ de la Grande Boucle. C’est toutefois la caravane publicitaire du Tour qui foulera la première l’itinéraire de course. Comme chaque année, la gendarmerie fait partie du voyage.

Troisième épreuve sportive la plus suivie au monde, le Tour de France est bien sûr connu pour ses cyclistes et ses paysages, mais pas que. Aussi attendue que la course, la caravane publicitaire est un incontournable. Sur le bord des routes, des milliers de spectateurs attendent son passage, dans l’espoir de ramasser quelques cadeaux de célèbres marques françaises et internationales. Avec ses chars, sa musique et ses animations, elle est au fil du temps devenue un événement à part entière. Son rôle est double. Elle divertit et attire le public, tout en le faisant patienter, et est également un marqueur afin de jauger la praticabilité de la route. Suite à son passage, le dispositif de sécurité peut alors être adapté si, par exemple, le public venait à être trop nombreux à un endroit étroit.

Cette année, la caravane parcourra 3 328 km à travers la France mais aussi le Danemark, la Belgique et la Suisse. En son sein, une équipe de 12 gendarmes, les caravaniers, répartis dans 5 véhicules, prend aujourd’hui le départ de la Grande Boucle.

Remise en selle rapide

Un Tour de France, ça s’organise longtemps à l’avance. Une caravane, aussi ! Dès le mois de novembre, le major Philippe débute sa préparation. « Dès que le tracé du Tour paraît, vers mi-octobre, on commence la mise en place de la caravane. D’abord avec la recherche des hôtels pour l’ensemble des caravaniers. On essaie d’être à une heure de route maximum de la ligne de départ ». Durant trois semaines, ce sont en effet douze caravaniers qu’il faut loger. Et avec le nombre de personnes engagées au total sur le Tour, mieux vaut effectuer les réservations tôt. Ensuite, place au travail de visuel qui caractérisera la gendarmerie cette année, en lien avec les infographistes du SIRPA. C’est également le moment de concevoir les fameux goodies, qui seront distribués le long des routes de France. « Ils doivent plaire au public et avoir une utilité. Cette année, nous distribuerons des portes clés » explique le major Philippe. Une fois le côté logistique lancé, place à l’aspect humain : le choix des caravaniers.

« Montrer la gendarmerie de maintenant »

Dans ce domaine, le major Philippe sait ce qu’il recherche. « On veut montrer la gendarmerie de maintenant, dynamique, entreprenante ».

© SIRPA - Brice Lapointe

Chaque année, il reçoit près de 200 dossiers de gendarmes motivés à tenter l’expérience. « Dans leur dossier, les candidats joignent une lettre de motivation dans laquelle ils expliquent notamment ce qu’ils peuvent apporter à la caravane ». Celle-ci a toute son importance car seuls une cinquantaine de gendarmes passeront le premier filtre et seront reçus en entretien. « Lors des entretiens, on essaie de cerner la personnalité du candidat. Pour être un bon caravanier, il faut être ouvert, naturel et spontané. On n’a pas de profil type. Personnellement, j’aime bien que le candidat ait une histoire à raconter, professionnelle ou personnelle. Mais le choix est difficile car on a des gendarmes de qualité ». Parmi les 12 caravaniers sélectionnés, un se distinguera toutefois. Il s’agit de l’animateur. Sa mission est double : faire passer des messages de prévention, comme le traditionnel « Ne courez pas près des coureurs », et animer spontanément la caravane, « en interpellant des enfants déguisés par exemple » indique le major Philippe. « C’est un rôle important car malgré la légèreté du ton, les messages sont sérieux. … »

L’animateur est la voix de la gendarmerie pendant le Tour

Une caravane verte

Les normes pour rejoindre la caravane publicitaire du Tour de France sont strictes et fixées par l’organisateur, ASO. L’aspect écologique est devenu central, comme l’explique Aurélien Janssen, directeur de la caravane. « La dimension écologique s’intensifie dans tous les domaines. Concernant les véhicules utilisés, on veille à leur consommation et à leur bilan carbone. Cette année, nous avons 25 véhicules 100 % électrique. Cette tendance est également applicable aux goodies, qui doivent être 100 % recyclables. Tout cela est inscrit dans un cahier des charges que doivent respecter toutes les marques de la caravane ».

© SIRPA - Gend. F.Garcia

Terminé donc le plastique. Le porte clé de la gendarmerie est réalisé en tissu, aux couleurs de la caravane. Tout est pensé pour limiter au maximum l’impact polluant de la caravane. Ainsi, certains secteurs sont exclus des zones de distribution de goodies, comme les zones Natura 2000. De même, le jet de goodies doit être adapté au volume de personnes, afin qu’ils ne restent pas sur le bord de route.

« L’éternel second »

Au sein de la caravane du Tour, la gendarmerie occupe une place de choix. Directement après ceux de LCL, partenaire officiel du Maillot Jaune, les 4 véhicules de l’institution parcourent l’itinéraire de course.

© SIRPA - Gend. F.Garcia

« En plus de l’animation, la caravane gendarmerie relaie les messages de sécurisation diffusés en amont par ASO, explique Aurélien Janssen. Il y a donc un réel intérêt à ce qu’elle soit positionnée au début, c’est un appui supplémentaire ». Si au début de sa participation, en 1995, sa vocation était le recrutement, celle-ci a progressivement glissé vers un objectif de prévention. La sécurité routière est l’enjeu majeur du Tour. « Il faut toutefois rester dans l’ambiance du Tour. La diffusion n’est pas alarmiste. Il faut faire passer les messages de façon positive » ajoute le major Philippe.