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Animer et coordonner l’action de la police judiciaire

Auteur : l’aspirante Morgane Jardillier - publié le
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Les officiers adjoints de police judiciaire en région ou en groupement, organisent la chaîne P.J. pour lutter contre les phénomènes de délinquance et optimiser l'emploi de moyens spéciaux.

Le colonel Jean-Pierre Pouillaude et le lieutenant-colonel Jean-Paul Douvier témoignent de leurs actions en matière de police judiciaire dans la région Grand Est.

Quelles sont vos missions ?

COL Pouillaude : Au niveau régional, j'anime et coordonne l'action judiciaire des groupements de gendarmerie départementale et celle des unités de recherches. Je veille à la cohérence de la répartition des saisines entre ces formations ; à l'analyse de l'évolution de la criminalité et aux orientations de service. Au niveau zonal, j'assure le suivi, l'analyse et la synthèse des phénomènes relevant de la criminalité organisée et des contentieux spécialisés.

Je suis en liaison au quotidien avec la sous-direction de la police judiciaire, tant pour traiter des questions opérationnelles que doctrinales. J'ai également des liens constants avec les procureurs et avocats généraux de la zone, sur des thématiques relevant de la politique pénale comme des problématique opérationnelles (transfèrements, mise en œuvre des protocoles pour les accidents de personnes, etc.)

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LCL Douvier : Ayant un regard sur toutes les affaires P.J. du groupement, je prends la mesure des événements avec le commandant de compagnie. Nous réfléchissons aux moyens à mettre en place pour se donner le maximum de chance au niveau des constatations techniques. Le but est d'employer toutes les ressources disponibles sur le groupement pour résoudre une affaire. Je m'assure également que les priorités fixées par le commandant de groupement, en liaison avec le préfet et les procureurs, sont appliquées sur le terrain.

Quels sont les moyens dont vous disposez ?

COL Pouillaude : L'OAPJ zonal commande un bureau de police judiciaire (BPJ) et une Section d'appui judiciaire (Saj). Le BPJ est chargé de recueillir et de traiter le renseignement judiciaire. Composée d'un groupe d'observation-surveillance et d'une division d'analyse criminelle et d'investigations spécialisées, la Saj joue un rôle essentiel tant par ses interventions techniques au profit des unités territoriales que dans le traitement du renseignement judiciaire. Elle comprend des cellules de contrôle des flux, d'analyse criminelle, de nouvelles technologies, de recouvrement des avoirs criminels et des techniciens Anacrim.

Comment s'organise la P.J. entre le groupement et la région ?

LCL Douvier : Le pôle P.J. de la région nous alerte de phénomènes de délinquance rencontrés sur d'autres départements de la région ou de la zone de défense. Nous recevons des analyses de phénomènes, des tendances statistiques et des fiches techniques de police judiciaire permettant ainsi d'appréhender et anticiper la délinquance interdépartementale et interrégionale. Cet échange permet aussi, suivant la gravité et la nature des enquêtes judiciaires, de solliciter auprès de la région, le concours d'unités spécialisées.

Quel est votre regard sur la P.J. en brigade ?

LCL Douvier : La brigade a un rôle déterminant. La réussite d'une enquête dépend, la plupart du temps, des mesures prises par les primo-intervenants. C'est également en fonction des premiers comptes-rendus que la chaîne P.J. va déployer, en temps et en heure, les moyens adaptés.