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Brigade de contact : au cœur des territoires et des populations

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
Prise de contact avec les commerçants
© SirpaGend

Depuis le 1er mars 2017, 30 brigades de contact ont été mises en place parmi des unités volontaires, afin de renforcer les liens avec la population.

Elles ont pour raison d’être le renforcement des relations avec la population. Les brigades de contact, mises en place dans le cadre d’une expérimentation depuis le 1er mars dernier, sont issues « de petites unités du réseau territorial n’ayant plus les moyens de fonctionner correctement », explique le colonel Éric Steiger, du cabinet du DGGN, chargé de l’expérimentation.

Le principe est de réorganiser le fonctionnement de ces unités en les dédiant au contact avec la population et à la surveillance du territoire. « Il s’agit de renforcer notre proximité avec la population sur des territoires où la présence de l’État se réduit, au risque de créer, à terme, des déserts de sécurité », poursuit le colonel. Toutes les occasions de rencontre sont alors favorisées (patrouilles à pied, présence sur les marchés, réunions publiques, etc.)

Un contrat opérationnel adapté au territoire

Le fonctionnement des brigades de contact repose sur un contrat opérationnel adapté aux spécificités du territoire. À la manœuvre : le commandant de compagnie. Parce qu’il a la connaissance de sa circonscription, des besoins de sécurité mais aussi des capacités de ses unités, il lui revient de construire son dispositif, en lien avec ses commandants d’unité.

Certaines missions sont ainsi conservées par la brigade de contact : relations avec les élus, prévention de la délinquance, renseignement, missions de police simple. D’autres vont être reprises par les autres unités de la compagnie, telles les enquêtes judiciaires. Certaines enfin, à l’image des interventions, pourront être traitées conjointement par les brigades de contact et les unités de la compagnie. Il s’agit pour le commandement local de construire une réponse différenciée, en liaison avec ses personnels et les élus.

Renforcer la proximité

« Moins de procédures, davantage de présence sur le terrain ». C’est ainsi que le chef d’escadron David Destienne, commandant la compagnie de gendarmerie départementale de Clermont (60), résume le concept de la brigade de contact de Catenoy. Il a donné pour mission aux six militaires qui la composent de sillonner les quinze communes de leur circonscription et de resserrer les liens avec leurs concitoyens. 

« Il s’agit de réorienter l’unité, dont l’activité est faible, vers cette mission unique. La mise en place de cette brigade de contact a permis de recréer du lien avec le public, et notamment avec les élus, dont nous nous sommes malgré nous éloignés. »

Un transfert de charges qui s’équilibre

« Armés » de Néogend, les gendarmes des brigades de contact exercent l’essentiel de leur activité sur le terrain. à Catenoy, les gendarmes ont été dotés d’un ordinateur et d’une imprimante portables, leur permettant notamment de prendre une plainte chez l’habitant. La relation active avec la population et la multiplication des services externes auront des effets positifs sur la délinquance, la remontée du renseignement, et donc sur la charge de travail des autres unités.

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Si une partie des missions est désormais dévolue aux autres unités de la compagnie, les brigades de contact de l’expérimentation sont de petites unités à faible activité judiciaire. Le report sur le plan crimes et délits est assez faible, de l’ordre d’un dossier de plus par militaire et par mois. Il est du même ordre en termes d’interventions.

Premier bilan positif

L’actuel retour aux fondamentaux du gendarme est aujourd’hui particulièrement apprécié. Sur la compagnie de Clermont, la population accueille cette expérimentation avec une grande satisfaction et retrouve « ses » gendarmes. Les maires des communes, inquiets et soucieux de la disparition de la brigade de proximité, sont ravis de ce contact quotidien et des échanges portant sur leurs problèmes et leurs besoins.

« Nous n’avons jamais vu autant de gendarmes, nous nous sentons moins abandonnés », confie l’un d’eux. Quant aux gendarmes, ils apprécient la multiplicité des rencontres et le lien privilégié avec la population locale.

Et après l’expérimentation ?

« Nous allons voir comment étendre le principe des brigades de contact à l’ensemble des territoires, pas seulement à ceux menacés par les déserts de sécurité », explique le colonel Steiger.

Il appartiendra dès lors au commandement local d’apprécier la manière dont il peut renforcer ses contacts avec la population, sur un territoire urbain, selon des modes d’action et des modalités sans aucun doute différents de ceux instaurés sur des territoires vastes et peu peuplés. « Il pourra s’agir, par exemple, de créer un « groupe contact » au sein de grosses brigades autonomes. »