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Dans l’Ain, le soutien de proximité est au coeur de l’opérationnel

Auteur : Angélina Gagneraud - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
Le technicien des Sic est une aide précieuse pour le commandant de groupement et les unités opérationnelles.
© Mi Dicom – E. DELELIS

Le soutien de proximité est une composante de la manœuvre opérationnelle. Pour assurer sa mission de sécurité, le GGD de l’Ain peut compter sur une véritable chaîne internalisée.

« Entre plaines et montagnes, Lyon et Genève, le groupement de l’Ain ne compte pas moins de 905 gendarmes, 56 unités (dont 42 territoriales) et une centrale nucléaire. Pour assurer notre mission de sécurité, les unités s’appuient sur des services intégrés à l’état-major », présente la colonelle Florence Guillaume, commandant le GGD 01.

Le Service logistique finances (SLF), la Section des systèmes d'information et de communication (Ssic) et le Centre de soutien automobile de la gendarmerie (CSAG) sont les trois plus emblématiques d’un point de vue opérationnel.

« La Ssic, avec la mise en œuvre des moyens radios et autres relais, est une des clés de notre réactivité et de la sécurité des personnels. Elle garantit la remontée du renseignement, la coordination des services et permet la répartition des missions de chacun. Grâce au CSAG, nous avons une liberté d’action indispensable à notre mission. Enfin, la SLF, elle, prend en compte l’événement ou le planifie, et s’assure que la logistique ne prenne jamais le pas sur l’opérationnel. »

Ce soutien de proximité est véritablement adapté aux caractéristiques du groupement et permet une coordination optimisée des forces. Et le commandant de groupement de préciser : « Il est le gage de notre réactivité, de notre modularité et de notre résilience. Les gendarmes, qu’ils soient sur le terrain ou dans les services, participent pleinement à la manœuvre opérationnelle et produisent ainsi de la sécurité. »

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Le 9 juillet 2017, la 9e étape du Tour de France se déroulera en majeure partie dans l’Ain. Le commandant de groupement réunit ses chefs de services techniques pour faire un point de situation. « Nous demandons plus de 85 renforts extérieurs, en supplément des 275 militaires du groupement : quelles solutions pour les hébergements ? », demande la colonelle Guillaume à l’adjudante Maria Diaz, chef du SLF.

En complémentarité du dispositif G.D., les gendarmeries spécialisées participent au contrôle des flux de toute nature : aériens, maritimes, fluviaux.

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Cette dernière entretient d’excellents rapports avec les gérants hôteliers ce qui engendre souplesse et réactivité : « Je négocie auprès d’eux les conditions d’accueil et les tarifs afin d’obtenir une prestation sur mesure, selon les besoins exprimés par le chef. » L’adjudante équilibre ainsi toutes les contraintes, qu’elles soient opérationnelles, financières ou encore liées aux prestataires. Et ce sera le même principe pour l’alimentation ainsi que pour les moyens matériels dont il faudra doter les renforts.

L’autre défi est quant à lui lié au relief enclavé au départ de Nantua à destination de Chambéry. « Les militaires seront éparpillés sur une centaine de kilomètres et devront pourtant être en liaison avec le commandement, entre eux, ainsi qu’avec les services extérieurs comme les secours ou la préfecture », souligne la colonelle.

La couverture réseau est essentielle à la manœuvre. « Nous allons installer un relais supplémentaire dans le département voisin et demander à mettre en place une antenne sur le toit de la sous-préfecture de Nantua. Pour ce qui est des radios portatives, nous avons besoin d’un complément pour assurer les communications sur les conférences dédiées », informe le major Philippe Delannoy, chef de la Ssic.

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© Mi Dicom - E. DELELIS

Le CSAG de Bourg-en-Bresse a également un rôle majeur à jouer et doit être réactif en cas de dépannage ou de problème technique. Pour cela, la proximité est de mise ! Les mécaniciens seront positionnés au plus près des militaires engagés au cours de l’étape grâce à leur camion de dépannage avancé qui leur permet de se projeter afin de répondre aux premiers besoins d’assistance.

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La proximité a permis au commandement opérationnel et aux techniciens du soutien de se rassembler autour d’un objectif commun d'optimisation de la réponse en cas de crise. De cette synergie sont nés plusieurs dispositifs. Parmi eux, l’aménagement par la SLF d’une salle de décision avec vidéoprojecteurs, tableau tactile, etc., au plus près du centre des opérations et de renseignement de la gendarmerie où convergent tous les appels.

La Ssic a, quant à elle, participé au développement d’outils partagés, accessibles depuis les équipements Néogend. Ainsi, depuis le 1er avril 2017, chaque gendarme, en cas de déclenchement d’un plan d’urgence, peut consulter les cartes sur sa tablette et se positionner sur un point névralgique identifié à l’avance par l’échelon commandement.

« Cet outil est en cours d’appropriation par les gendarmes, qui nous font remonter leurs avis, explique le commandant en second, le lieutenant-colonel Jean-Guillaume Remy. Développé par l’état-major, en lien avec la Ssic, il permet à chacun de s’intégrer à la manœuvre opérationnelle. »

En outre, en mars dernier, l’exercice tuerie de masse coordonné en interservices a conforté le rôle clé des techniciens de la Ssic, qui accompagneront désormais le colonel dès le déclenchement d’une crise d’envergure. « Leur soutien est un gage opérationnel et je souhaite qu’ils soient intégrés dès le départ, en tête de pont », affirme la colonelle Guillaume.