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La gendarmerie poursuit sa transformation numérique

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
Temps de lecture: ≃5 min.
La transformation numérique de l’Institution est notamment portée par le projet Néogend.
© Sirpa Gend - BRC F. Garcia

Objectifs : faire face aux nouvelles menaces liées au numérique et offrir aux citoyens une nouvelle forme de proximité, tout en accroissant ses capacités d’action.

Initiée dès 2013 dans le cadre de la feuille de route, afin de simplifier et de moderniser les modes d’action du gendarme pour le recentrer sur son cœur de métier, au contact de la population, la transformation numérique a été érigée au rang de priorité stratégique pour la gendarmerie nationale.

Cette démarche, désormais bien engagée, est un processus global et transverse porté par l’ensemble des directions et des services de la gendarmerie, mais aussi par les personnels eux-mêmes. Un certain nombre de projets ont d’ores et déjà vu le jour, dont le plus emblématique : Néogend.

En nourrissant l’ambition de doter chaque gendarme d’un équipement numérique sécurisé, la gendarmerie souhaite ainsi favoriser l’exécution du service en tout temps et en tout lieu. Plus mobile et plus réactif, le gendarme « devient brigade » et offre à ses concitoyens une nouvelle proximité.

2017, une gendarmerie digitale

2017 sera un tournant décisif. En effet, avec 65 000 équipements (55 000 smartphones et 10 000 tablettes) en dotation au 31 décembre prochain, la gendarmerie comptera plus d’équipements mobiles connectés en circulation que de postes fixes. Une révolution. Mais pas la seule.

Tout l’enjeu de ce défi numérique pour l’Institution est de parvenir à adapter en permanence ses outils aux évolutions technologiques, mais aussi de les développer en fonction des besoins du terrain. La gendarmerie y travaille en interne, en sollicitant les bonnes idées de chacun, mais aussi en externe, en s’associant avec les mondes de la recherche, de l’enseignement et de l’entreprise.

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C’est par exemple dans le cadre d’un « hackathon » organisé autour de l’application de géolocalisation Gendloc, qu’a été développée une capacité d’échanges par messagerie instantanée sur Secdroïd. « Néogend pourrait se résumer en deux mots : mobilité, sous-entendue la proximité du gendarme avec le citoyen, et efficacité. Ce sont vers ces deux objectifs que tendent toutes les applications que nous développons, explique le colonel Thibaut Lagrange, chargé de mission au cabinet du directeur général.

« Ce sont d’abord les applications métiers, qui permettent au gendarme d’effectuer en tout lieu, avec Néogend, tout ce qu’il pourrait faire depuis la brigade. Mais les nouvelles technologies doivent également lui apporter de l’aide, faciliter son quotidien et lui simplifier la tâche, à l’instar de l’application de prise de notes, de la capacité de lecture de bande MRZ des documents officiels ou encore de la fonction « speech to text » (reconnaissance vocale) en cours de développement. »

De nouvelles évolutions à venir

Aujourd’hui, outre la messagerie interpersonnelle, Néogend offre un accès aux informations opérationnelles via la messagerie tactique rénovée, ainsi que des applications spécifiques en matière de constatation et de verbalisation des infractions, d’interrogation des fichiers, de cartographie opérationnelle permettant de géolocaliser des patrouilles et des événements en cours, etc.

Demain, de nouvelles solutions technologiques et applications mobiles viendront s’y ajouter : échanges et remontées de l’information, accès en temps réel aux systèmes et fichiers centraux, intégration en mobilité des éléments biométriques (empreintes et photographies) permettant notamment de renforcer l’efficacité du contrôle des flux, application de paiement immédiat (en cours de développement avec l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions), etc.

« L’objectif est d’évoluer au même rythme que la technologie et de se l’approprier. Aujourd’hui, les outils numériques et les applications associées nous permettent de répondre à des besoins de masse comme à des besoins de niches. Le gendarme a ainsi tous les outils qu’il lui faut et juste les outils qu’il lui faut. Il est en mesure de personnaliser son environnement numérique de travail à son champ missionnel et à son périmètre de responsabilité », souligne le colonel Yves Marzin, chargé de mission au cabinet du directeur général.

La gendarmerie présente sur tous les territoires

Parallèlement, la gendarmerie, grâce à sa brigade numérique, sera capable, demain, de s’adapter aux besoins spécifiques de chaque citoyen et de lui apporter une réponse sur mesure. « La mission de la gendarmerie ne change pas, contrairement à son environnement. Aujourd’hui, le cyberespace est une réalité, un nouveau territoire de vie. Nous devons nous y adapter et prendre en compte les menaces qui s’y développent mais aussi sécuriser les honnêtes gens qui y naviguent.

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L’idée de cette brigade numérique, qui vient compléter notre maillage de brigades territoriales et de contact, ainsi que la capacité de proximité avec les citoyens rendue possible par Néogend, c’est d’être présents sur tous les territoires, physiques et numériques, précise le colonel Lagrange.

Le citoyen a ainsi le choix, hors cas d’urgence, de son mode d’accès au service gendarmerie, qu’il soit physique au sein d’une brigade ou au contact d’une patrouille, ou par les différents canaux numériques que nous développons. »

Une nouvelle structure pour guider la transformation numérique

Pour structurer, guider et inscrire dans la durée cette démarche transverse à l’ensemble de ses directions et services, la gendarmerie s’est dotée, depuis le 1er mai dernier, d’une mission numérique.

« Celle-ci traitera tous les volets de la transformation numérique : recrutement, formation, prévention, anticipation et répression. Elle veillera à faciliter les synergies globales, en interne mais aussi avec nos partenaires extérieurs, et elle s’attachera à accompagner les directions et services concernés pour leur permettre de prendre en compte la dimension numérique au sein de leur périmètre respectif , poursuit le COL Marzin.

L’objectif est finalement que chacun, quels que soient son grade, ses missions et son périmètre de responsabilité, intègre de manière durable et continue ce mouvement perpétuel de modernisation et d’adaptation de nos modes de travail, en adéquation avec les nouveaux outils, les nouvelles technologies et les nouvelles menaces. »