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Prédéploiement du nouvel outil d’aide à l’analyse décisionnelle

Auteur : Angélina Gagneraud - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
Simple d’utilisation, le logiciel offre une cartographie précise des faits délictueux commis.
© SirpaGend – BRC F. Garcia

Prédéployée récemment, cette nouvelle application apporte déjà une analyse de la délinquance à Melun. Présentation d’une utilisation très pragmatique.

Où et quand lutter contre la délinquance ?

Face à ces infractions répétées (cambriolages, vols liés à l’automobile...) qui n’épargnent aucun territoire, le service central de renseignement criminel (SCRC) a développé des méthodes novatrices d’aide à la décision. Ce service a identifié puis exploité dix années de paramètres factuels (les natinf définissant la nature de chaque infraction) contenus dans les infocentres de la gendarmerie. « Ces données sont très riches quand elles sont affinées, analysées. Elles ont été recoupées grâce à un algorithme afin de mieux les comprendre », explique le colonel Laurent Collorig, directeur du programme « analyse décisionnelle » et chef de la division du renseignement au scrc.

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Les données ainsi assemblées permettent ensuite de mettre en lumière des secteurs plus ou moins criminogènes à une période précise. « L’outil propose ainsi au commandement une tendance afin que le chef se projette dans l’avenir pour freiner un phénomène qui avait lieu par le passé. » Il peut ainsi optimiser ses patrouilles et ses renforts. « Il s’agit bien d’une aide pour orienter le service des unités. le logiciel propose, il n’impose rien, affirme-t-il. Nous recevons des retours d’expérience quotidiens des onze groupements afin que l’outil arrive à maturation et qu’il soit industrialisé par le ST(SI)² (Service des Technologies et des Systèmes d’Information de la Sécurité Intérieure). »

À Melun, l’analyse est en marche !

« La modernisation de nos outils et l’adaptation de nos process de travail nous permettent d’être plus efficients, affirme le lieutenant-colonel Étienne Martinez, commandant le groupement de gendarmerie départementale de Seine-et-Marne. Ce logiciel ne s’utilise pas seul mais en complément de la connaissance du terrain des commandants d’unité  et du travail de la Bdrij et de la cellule renseignements. » Ainsi, tous les quinze jours, le GGD 77 envoie à ses compagnies des fiches d’aide opérationnelle. Elles font état des cambriolages et des vols liés à l’automobile des deux dernières semaines et, grâce à l’application d’analyse décisionnelle, permettent de se projeter sur la quinzaine à venir. « Cette périodicité d’analyse  est la plus pertinente : il y a suffisamment de données pour que le résultat soit cohérent. »

Ainsi, les communes les plus touchées et les axes les plus sensibles sont pointés. Par la suite, les commandants de compagnies et d’unités territoriales affinent ces analyses et adaptent le service. À l’échelon de la brigade, le chef donne des ordres clairs sur les lieux à contrôler. « Grâce à la précision des cartes de ce logiciel, nous sortons des sentiers battus, souligne le chef d’escadron Gwenaël Dedieu, commandant la compagnie de gendarmerie départementale de Melun depuis trois ans. En effet, nous remarquons aisément sur la carte l’accumulation de faits au sein d’un même secteur et ainsi, nous avons une vue précise sur les axes empruntés. Ces derniers sont finalement loin des points de passage obligé que nous avions l’habitude de contrôler. Les délinquants empruntent des axes secondaires sur lesquels ils nous trouvent désormais ! »

Le commandement change de logique. Il s’adapte et se pose les bonnes questions. « Avec ce logiciel, nos analyses sont plus fines car nous nous interrogeons davantage sur : pourquoi ce point rouge ? Selon quelle logique les cambriolages ou les vols liés à l’automobile sont-ils plus nombreux à cet endroit ? Comment y vivent les habitants ? Quels sont les axes alentour ?...  En complément de notre connaissance des dossiers, nous devenons bien plus réactifs », conclut le commandant de groupement qui, lorsque le secteur dépasse la circonscription d’une compagnie, organise des opérations de lutte anti-délinquance à une plus grande échelle.