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La GTA dispose de sa propre section de recherches

Auteur : le capitaine Éric Costa - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
Les enquêteurs de la Section de recherches de la gendarmerie des transports aériens (SRTA) engagés sur les investigations suite au crash de la Germanwings en mars 2015.
© SIRPAG - MAJ. F Balsamo

Basée à l’aéroport de Roissy CDG, la SRTA est plus particulièrement compétente pour investiguer sur les catastrophes aériennes mais traite également des affaires criminelles plus classiques.

Bénéficiant d’une compétence nationale, la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens se charge des enquêtes en lien avec les incidents et accidents aériens quelle que soit la taille de l’aéronef, de l’ULM jusqu’à l’avion de ligne. Contribuant pleinement à la sécurité et à la sûreté de l’aviation civile, la SRTA dispose de sa propre Cellule d’identification criminelle et numérique aéronautique (Cicna). Elle est composée d’enquêteurs aéronautiques et de Techniciens en identification criminelle (Tic) spécialisés dans le milieu aérien. Les vastes étendues des zones de crash ont également amené la SRTA à développer l’utilisation de drones lors des phases de constatations.

« Très souvent, nous travaillons avec le Centre de planification et de gestion de crise (CPGC) et l’IRCGN qui, à partir des relevés aériens et des captures d’images que nous effectuons à l’aide des drones, réalisent des cartes 3D des zones concernées. C’est un vrai atout technique et tactique », explique le capitaine Philippe Molé, commandant la division de lutte contre les atteintes à la sûreté et à la sécurité aérienne de la SRTA.

Un savoir qui s’exporte

En décembre 2016, la SRTA saisit 323 capsules de cocaïne (3 kg) excrétées par des ressortissants brésiliens auteurs d’un trafic de produits stupéfiants entre la Guyane Française et la Métropole.

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Reconnue mondialement pour son expertise, la SRTA assure également des formations sur le plan international dans le domaine des enquêtes sur les accidents aériens ou sur la détection et la neutralisation des drones malveillants. « Cette coopération internationale passe aussi par les commissions rogatoires internationales ouvertes lors d’accidents ayant fait des victimes françaises à l’étranger ou lorsqu’un aéronef d’une compagnie française s’est écrasé à l’étranger. Un Groupe relations internationales (GRI) va prochainement être créé pour faciliter notre action dans les domaines du judiciaire et de la formation », précise le lieutenant-colonel Johanne Gojkovic-Lettre, commandant la SRTA.

Tout un panel d’enquêtes

Mais les missions de cette unité de recherches ne se limitent pas aux seuls accidents d’avion. « Nous disposons également d’enquêteurs détenant de nombreuses qualifications judiciaires (Anacrim, N-Tech, Defi, etc.) et en sûreté. Nous traitons judiciairement des adversaires présentant une menace pour la sûreté aérienne ou qui dévoient le milieu aéronautique : trafic de produits stupéfiants, de tabac, de contrefaçons, fraudes à la carte bancaire, vol de fret ou spoliations en tout genre, ajoute le lieutenant-colonel, avant de donner un exemple concret : le 9 décembre 2016, notre unité a appris par une source de renseignement qu’un individu devait arriver chargé de cocaïne par le vol Cayenne-Orly AF853 prévu à l’atterrissage le lendemain matin. Les vérifications ont révélé que le suspect s’était enregistré sur le vol avec deux comparses.

Salle de veille du Cro, basé à l’État-major de la GTA à Issy-les-Moulineaux. Le Cro peut se transformer, sur ordre, en poste de commandement de gestion de crise en cas d’événement d’ampleur.

CRO : organe central du renseignement de la GTA

Le Centre renseignement opérations (Cro) de la GTA permet de transmettre le renseignement judiciaire, aéronautique, antiterroriste, administratif ver..

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Le parquet de Créteil, avisé, a décidé de l’ouverture d’une enquête en flagrant délit pour trafic de produits stupéfiants. Le 10 décembre au matin, après un travail préparatoire avec la S.R. et la BGTA de Cayenne, un dispositif associant nos militaires, ceux de la BRGTA et de la BGTA d’Orly a permis l’interpellation des trois objectifs en zone publique, dans le cadre d’une livraison surveillée, et leur placement en garde à vue. La perquisition de leurs bagages s’est avérée négative mais une levée de doute a toutefois été réalisée par radiographie à l’Hôtel-Dieu, à Paris (75). Les trois personnes étaient chargées in corpore. Une fois expulsées, 323 boulettes de cocaïne, totalisant un poids de 3,180 kg, ont été saisies.

Présentés au parquet de Créteil à l’issue de 96 heures de garde à vue, les trois mis en cause ont ensuite comparu à l’audience du tribunal correctionnel de Créteil pour répondre des faits d’offre ou cession non autorisée de stupéfiants, détention non autorisée, transport non autorisé de stupéfiants, importation non autorisée et acquisition non autorisée de stupéfiants. Tous trois ont été condamnés à 18 mois de prison ferme avec mandat de dépôt et à une interdiction de territoire. »

La SRTA utilise des drones lors des phases de constatations sur les vastes étendues des zones de crash aériens. Les captures d’images et relevés aériens permettent à la SRTA d’alimenter le CPGC.

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De plus, la SRTA s’inscrit pleinement dans la nouvelle loi renseignement. Cela lui permet de suivre des cibles radicalisées. La création d’un groupe d’observation et de surveillance, à l’été 2017, permettra la mise en œuvre de moyens complémentaires et le renforcement de la capacité de la GTA dans les domaines pré-judiciaire et judiciaire. « Être affecté à la SRTA, c’est faire preuve d’exigence et d’humilité envers soi-même, en se formant régulièrement à l’aéronautique et à la sûreté dans un milieu en perpétuelle évolution, et en entretenant ses compétences, tout en étant apte pour une projection dans des milieux des plus hostiles : mer, jungle, désert, montagne, froid extrême », conclut le commandant de la SRTA.