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Unités et moyens spéciaux de la G.M.

Auteur : l’aspirant Morgane Jardillier - publié le
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La gendarmerie mobile dispose de moyens et d’expertises complémentaires lui permettant d’intervenir en appui des forces, dites classiques, du maintien de l’ordre, notamment lors de situations de crise dégradées.

1 - Force blindée

Destinés essentiellement au transport des personnels, en les abritant des tirs d’armes, les « VBRG », Véhicules Blindés à Roues de la Gendarmerie, font partie de l’arsenal du maintien de l’ordre français. Et pour cause ! Ces blindés possèdent des équipements permettant la diffusion de gaz lacrymogène, le tir de grenades lacrymogènes et le contre-tir sous tourelle, autorisant ainsi une défense rapprochée, ainsi qu’une possibilité de dégagement de l’espace. Principalement utilisés en outremer, notamment au profit des populations lors de catastrophes naturelles, ils sont rarement déployés en métropole. Ils ont toutefois été engagés à plusieurs reprises dans le cadre des manifestations des « gilets jaunes », à Paris, Bordeaux ou encore Marseille, pour faire face au risque accru de violences. En effet, lorsque les conditions sont propices, le VBRG peut être utilisé pour franchir des barricades, effectuer des bonds offensifs et des patrouilles, ou tout simplement pour montrer la force. Ces moyens militaires spécifiques ne peuvent toutefois être engagés que sur autorisation du Premier ministre, en cas de troubles graves à l’ordre public ou de risques avérés.

2 - Ouvrir la voie

Terrassement, déblaiement, déneigement ou encore amélioration de la traficabilité, l’EGAME, pour Engin du Génie d’Armement, est un véhicule de travaux publics blindé permettant de réaliser des opérations de viabilisation des axes de progression ou d’aménagement de terrains. S’agissant d’un engin sans armement, il n’est utilisé qu’en arrière des troupes de manœuvre, afin d’être en mesure d’opérer un dégagement rapide des obstacles. Eau, sable, boue… rien ne peut entraver sa progression.

3 - Observer pour mieux anticiper la manœuvre et se protéger

La gendarmerie a mis en place la CNOEIL, Cellule Nationale d’Observation et d’Exploitation de l’Imagerie Légale, afin de permettre aux unités mobiles engagées dans une opération de maintien de l’ordre d’adapter leur dispositif à la manœuvre adverse. Armée de gendarmes spécialement formés (télépilote de drone, caméras fixes et réseaux wifi), la CNOEIL dispose de stations installées sur des véhicules équipés d’un système de prises de vue et d’identification. Immédiatement exploitables et diffusables en streaming sur un Intranet sécurisé, les images et vidéos collectées permettent d’assurer une meilleure protection des forces de l’ordre par la judiciarisation de l’image, d’identifier les auteurs d’infractions et de faciliter la prise de décision des responsables opérationnels grâce à la détection d’éventuels mouvements de foule, de regroupements hostiles ou d’actions particulières de l’adversaire.

4 - Faire face au risque NRBC

La Cellule nationale nucléaire radiologique biologique chimique (C2NRBC) est composée de quinze militaires spécialisés en gestion des risques et des crises nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques. Sa vocation est d’assurer la continuité de l’action de la gendarmerie en milieu contaminé. Prenant en compte la totalité du spectre de la menace NRBC, la cellule peut notamment réaliser des actes de police technique et scientifique, apporter un soutien aux unités d’intervention en milieu contaminé, conduire l’analyse des agents biologiques et chimiques, effectuer la décontamination des personnels et des échantillons constitutifs de la preuve judiciaire…

5 - Dégager, désentraver : la CNAMO en action !

Lors de certaines opérations, la gendarmerie peut mettre en œuvre des capacités de dégagement d’obstacles ou de désentravement en mobilisant la CNAMO, ou Cellule Nationale d’Appui à la Mobilité. Composée de cinq sous-officiers, cette cellule spécialisée a vocation à faire cesser les entravements et les accrochages complexes de manifestants, qu’ils soient en hauteur ou au sol, par exemple sur les voies ferrées. Tous instructeurs ou moniteurs qualifiés « intervention professionnelle», « franchissement opérationnel » et « désentravement », ces gendarmes mobiles maîtrisent les techniques et les matériels nécessaires à la réduction des blocages dans le strict respect du cadre légal. Sa gestion des blocages terrestres et sa capacité à lever tout doute sur d’éventuels piégeages ont prouvé son caractère indispensable, tant dans la préparation de la mission qu’en appui de l’action. En 2018, la CNAMO a été engagée plus de 130 jours sur des missions diverses et a comptabilisé plus de 80 personnes entravées, décrochées.