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Des unités adaptées aux territoires

Auteur : l’aspirante Morgane Jardillier - publié le
Temps de lecture: ≃8 min.
© Gendarmerie nationale

Pour resserrer les liens avec la population et les élus, la gendarmerie renforce son appropriation territoriale en concevant des dispositifs de sécurité adaptés aux besoins du terrain et aux priorités opérationnelles.

Soucieuse de répondre aux attentes de la population, la gendarmerie se modernise en construisant une offre de protection sur mesure. Plusieurs dispositifs sont déployés ou expérimentés, en lien étroit avec les échelons territoriaux de commandement, illustrant ainsi la transformation de la gendarmerie vers un modèle efficient, souple et agile.

Développer le contact

1.

brigades de contactbrigades de contact
© MAJ F. Balsamo

Orientées vers la relation de proximité, la prévention de la délinquance et de la radicalisation, le recueil du renseignement et les missions simples de police judiciaire, les Brigades de contact (BTC), créées en 2017, sont un exemple d’adaptation des unités à la diversité du territoire et aux contraintes locales. Déchargées de la plupart des obligations des brigades, elles se concentrent exclusivement sur la police de sécurité du quotidien. Au 1er janvier 2020, la gendarmerie compte 46 BTC, armées par 140 militaires. D’autres modèles plus souples ont également émergé, comme les groupes de contact, les patrouilles de contact et les postes avancés de prévention et de contact.

2.

brigade mobile de gendarmerie départementalebrigade mobile de gendarmerie départementale
© J. Rocha

Agissant également dans le cadre des missions de contact et de prévention, le département de la Vienne a, par exemple, mis en place une brigade mobile de gendarmerie départementale.

Ainsi, sur des demi-journées, à l’occasion d’un important marché hebdomadaire, cette structure mobile se rend sur des communes où la population et les élus ont perdu l’habitude de voir des gendarmes.

Son objectif : renforcer la proximité et la qualité du service rendu à la population.

3.

patrouillespatrouilles
© ADJ P. Chabaud

Dans le but de renforcer le lien de confiance établi avec la population, le département de l’Ille-et-Vilaine a instauré, de son côté, des maraudes : des patrouilles effectuées conjointement par des militaires de la gendarmerie, des agents de la police municipale, des travailleurs sociaux, des élus ou des membres du conseil citoyen, en fonction des lieux visités. Durant ces déplacements, ils entament un dialogue et échangent avec la population en toute simplicité. Chacun dans son domaine apporte ainsi une solution aux problématiques évoquées.

4.

proximité sur les lieux de consommationproximité sur les lieux de consommation
© ADJ P. Chabaud

De nouvelles structures inaugurent également une proximité, non plus fondée sur les lieux de résidence, mais sur les lieux de consommation. Ainsi, des Points d’accueil gendarmerie (Page), situés au sein des centres commerciaux de Pusey (70), Pontet (84) et Ville-aux-Bois (91), permettent de nouer de nouveaux contacts avec la population.

5.

quartiers de reconquête républicainequartiers de reconquête républicaine
© MAJ F. Balsamo

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité et la radicalisation dans les secteurs les plus exposés, la gendarmerie, également concernée par les quartiers dits sensibles, s’est engagée dans le dispositif des Quartiers de reconquête républicaine (QRR), à l’instar de la police nationale. En juin 2019, quatre communes ont ainsi été labellisées QRR sur sa zone de compétence (dans les départements du Val-d’Oise, de l’Hérault, de l’Isère et à Mayotte). Treize autres seront créés d’ici 2024. Au sein de ces QRR métropolitains, hormis à Mayotte, la gendarmerie a mis en place des cellules de lutte contre toutes les formes de trafics : stupéfiants, véhicules et pièces détachées, armes et produits contrefaisants. Elles ont pour objectif d’améliorer la vie des citoyens confrontés à ce type de délinquance dans leur quartier.

6.

cellule de lutte contre les atteintes aux personnescellule de lutte contre les atteintes aux personnes
© MAJ F. Balsamo

Pour mieux prendre en compte les femmes et les mineurs victimes de violences, une Cellule de lutte contre les atteintes aux personnes (CLAP) a été créée en 2018, dans le groupement de la Somme. La multitude de missions attribuées aux brigades ne permettant pas toujours aux enquêteurs de se consacrer entièrement à cette problématique, cette cellule dédiée vise à réduire les délais de traitement des dossiers sensibles ainsi qu’à mieux prendre en charge les victimes. Si elle s’occupe principalement des agressions sexuelles, elle demeure également projetable sur d’autres atteintes aux personnes, comme les violences intrafamiliales.

La Clap est ainsi devenue une interlocutrice privilégiée de la cellule famille du parquet d’Amiens, avec laquelle elle a développé une relation de proximité. Les magistrats n’hésitent plus à solliciter les enquêteurs de la cellule, désormais identifiée et reconnue comme une structure de qualité, sur des sujets en lien avec les violences faites aux femmes et aux mineurs.

7.

agriculteursagriculteurs
© J. Groisard

Face à la multiplication des actes de délinquance et de violence touchant les agriculteurs, la gendarmerie a également créé, en octobre  2019, une cellule nationale de coordination des actions mises en œuvre au profit du monde agricole. Baptisée Déméter, cette unité est destinée à renforcer la sécurisation des exploitations agricoles, en menant des actions de prévention et d’accompagnement des professionnels, de recherche et d’analyse du renseignement, de traitement judiciaire des atteintes visant le monde agricole et, enfin, de communication.

8.

dispositif R-Messdispositif R-Mess
© Gendarmerie nationale

Dans le domaine de la prévention, le groupement de gendarmerie départementale des Vosges a proposé une nouvelle forme de proximité à travers le dispositif R-Mess (Rayonnement-Message). Celui-ci repose sur l’utilisation de supports du quotidien (fourreaux à baguette, sachets de pharmacie, sets de table…) pour diffuser des conseils de prévention et de vigilance. Cette proximité des supports et des commerçants (qui en assurent la distribution) permet la large diffusion des messages au cœur des territoires et des foyers. Lauréat des Victoires des acteurs publics 2020, dans la catégorie « service », R-Mess est aujourd’hui mis en œuvre par de nombreux autres groupements.

9.

protège ta maisonprotège ta maison
© Gendarmerie nationale

Autre outil de contact et de proximité mis en œuvre par la gendarmerie au profit de la population : l’application PTM (Protège ta maison). Celle-ci permet de dispenser des conseils simples et de bon sens aux particuliers, afin de se prémunir contre les cambriolages. À l’issue d’un QCM organisé autour de trois thèmes (environnement, habitation et habitudes), l’habitant ayant accepté de communiquer son état civil et son courriel, recevra automatiquement un mail récapitulant la notation obtenue, les bonnes attitudes à adopter ainsi qu’un lien renvoyant vers une plaquette d’information. À terme, cette application, associée à une cartographie, doit permettre aux échelons de commandement territoriaux de piloter plus efficacement les actions de prévention en fonction des zones de cambriolages et de favoriser une reprise de contact avec les personnes sensibilisées.

10.

brigade de prévention de la délinquance juvénilebrigade de prévention de la délinquance juvénile
© MAJ F. Balsamo

Afin de promouvoir le sens civique et de prévenir la délinquance, la gendarmerie participe, en partenariat avec l’Éducation nationale et les collectivités territoriales, au dispositif d’accueil des élèves exclus des établissements scolaires du QRR de Lunel (34). Durant une demi-journée, la Brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) de l’Hérault accueille un élève pendant son temps d’exclusion. Un entretien est mené avec le jeune afin de le faire réfléchir sur l’acte ayant conduit à son exclusion. Ensemble, ils évaluent les conséquences de son comportement sur le plan scolaire, familial et individuel. Les élèves récidivant sont quant à eux conduits à une audience du Tribunal correctionnel de Montpellier afin de leur faire découvrir le fonctionnement de la justice et les sensibiliser aux conséquences pénales de leurs agissements délictueux.

11.

brigade de prévention et de protectionbrigade de prévention et de protection
© MAJ F. Balsamo

Dans sa Brigade de prévention et de protection (B2P), le groupement de gendarmerie des Yvelines a, pour sa part, rassemblé en un même endroit les différentes entités et moyens de la gendarmerie œuvrant pour la prévention et la protection des populations les plus vulnérables. Ce pôle regroupe la BPDJ, une cellule de prévention technique de la malveillance, la brigade de protection des familles, un intervenant social en gendarmerie et la brigade territoriale de contact du Sud-Yvelinois. La B2P peut recevoir les jeunes, les victimes, les entrepreneurs ou commerçants souhaitant un accompagnement personnalisé de la gendarmerie.

Une transformation interne au service de la sécurité

12.

dispositif de gestion des événementsdispositif de gestion des événements
© J. Rocha

Dans l’objectif de dégager davantage de temps au profit des missions de sécurité du quotidien, tout en apportant aux militaires une visibilité optimale sur leur planification de service et leurs périodes de récupération physiologique, le Dispositif de gestion des événements (DGE) permet de mutualiser et de rationaliser les effectifs dédiés à l’intervention.

Initiative locale, testée dans une dizaine de groupements depuis janvier 2017, le DGE permet d’adapter au juste besoin les patrouilles et le volume des militaires dédiés à l’intervention, en fonction des réalités du territoire et, surtout, de les mutualiser. Plus d’une cinquantaine de groupements doivent rejoindre ce dispositif d’ici la fin de l’année.

13.

dispositif d’appuis interdépartementauxdispositif d’appuis interdépartementaux
© J. Groisard

Réduire les délais d’intervention tout en garantissant la continuité du service, sur des territoires ruraux ou situés dans des enclaves départementales, en s’affranchissant des découpages judiciaires, tel est l’objectif du Dispositif d’appuis interdépartementaux (DAI).

Concrètement, celui-ci permet à une unité d’intervenir sur un autre département, grâce à une extension de sa compétence judiciaire. Cette innovation est une réponse aux contraintes des découpages administratifs et judiciaires, qui définissaient jusqu’à présent les critères d’intervention des gendarmes. Actuellement, 227 brigades sont en capacité d’intervenir dans 44 départements limitrophes. Un projet de décret propose d’étendre le dispositif à 350 brigades dans 70 départements, avec une généralisation possible du dispositif.