Dossiers

Les grands projets du ST(SI)²

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
Temps de lecture: ≃6 min.
© MI DICOM - E. Delelis

Focus sur quelques-uns des grands dossiers innovants portés par le ST(SI)2 afin de faciliter le travail des gendarmes au quotidien, que ce soit dans les domaines de la communication, de la mobilité ou encore de l’enquête.

Genèse : au lendemain des attentats de 2015 à Paris, il est apparu nécessaire de mettre en œuvre un moyen innovant et sécurisé de communication haut débit, permettant l’interopérabilité entre les forces d’intervention spécialisées, avec échange de conférences vocales, de vidéos/images, de fichiers et géolocalisation.

Mise en œuvre : depuis 2019, première expérimentation de PC STORM (Plateforme Convergée Service à Très haut débit Opérationnel Résilient et Mobile) au sein des forces d’intervention spécialisées (GIGN, RAID, BRIPP).

- Courant 2020, à la demande du Préfet de police de Paris, extension de l’expérimentation aux unités de maintien de l’ordre engagées sur la plaque parisienne (pour la gendarmerie : le centre national d’entraînement des forces gendarmerie et le groupement de gendarmerie mobile II/1 de Maisons-Alfort), dans le cadre du Déploiement anticipé pour l’ordre public parisien.

- Mi-2020, premières expérimentations d’utilisation de l’application PC STORM sur les terminaux NÉO pour la gendarmerie et la police, dans un ou deux départements, via l’écran tactile ou une micro-poire Bluetooth.

- À venir : PC STORM est la première étape du programme « Réseau radio du futur » (RRF), dont l’objectif est de créer un opérateur mobile sécurisé, s’appuyant principalement sur les opérateurs mobiles, au bénéfice de l’ensemble des acteurs du secours et de la sécurité ; un service haut débit de communications critiques qui se substituera, à terme, aux actuels réseaux radio, principalement RUBIS et l’INPT, avec une interopérabilité renforcée aux niveaux national et international.

Plus-values : résilience des communications en cas de crise sous la couverture d’Orange (vainqueur de l’appel d’offres), qui guarantit un accès prioritaire et préemptif, allant jusqu’à une privatisation du réseau lorsqu’il est surchargé.

- Amélioration de la couverture et de la disponibilité des réseaux grâce à la carte eSIM multi-opérateurs (possibilité de repli sur les réseaux Bouygues, Free et SFR et bénéfice des accords d’itinérance d’Orange à l’international et outre-mer, accès aux réseaux tactiques sur fréquences du ministère de l’Intérieur, voire à des réseaux privés mis en œuvre par d’autres partenaires, comme les OIV ou les armées).

- Les réseaux ou « bulles » tactiques sont des mini-réseaux 4G autonomes, intégrés en sac à dos ou en véhicule et comprenant une cellule radio, un « cœur de réseau » opérateur et l’application de gestion des communications de groupe multimédia avec la cartographie IDIC-SI.

- Interface entre PC STORM et les actuels réseaux radio, en particulier RUBIS et l’INPT.

Vers une brigade en toute mobilité

Plusieurs projets sont en cours afin d’améliorer les outils de mobilité et permettre au gendarme d’effectuer toujours plus de tâches en dehors de la brigade, favorisant ainsi le contact avec le public

Refonte du site de partage de fichiers

Objectifs : le rendre plus performant et l’intégrer à une nouvelle messagerie, qui arrivera dans un second temps. Celle-ci permettra à chaque gendarme de disposer d’un calendrier, de gérer ses contacts et ses tâches, et enfin de pouvoir consulter ses mails et son agenda via NÉO, ainsi que les messages échangés via TCHAP.

Refonte de l’application OSMAnd

Objectifs : la rendre plus simple, plus intuitive et surtout plus efficace, en permettant l’affichage de données opérationnelles (cambriolages, VIF, données du référentiel cartographique de la sécurité intérieure déjà accessibles via IDIC-SI, géolocalisation des accidents remontés au travers du BAAC, etc.). OSMAnd peut être vue comme l’une des premières briques de la numérisation de l’espace des opérations.

Refonte de l’application messagerie tactique NÉOFIC

Objectif : offrir en consultation toujours plus d’informations issues des fichiers, comme les photos du FPR ou encore l’interface avec DocVerif.

Amélioration des fonctionnalités de base de NÉO

Objectifs : bénéficier d’un système de notification efficace mis à disposition des autres applications, permettant de réduire les informations échangées par messagerie et donc de mieux choisir l’information reçue.

- Bénéficier d’un outil de commande vocale, afin, par exemple, de pouvoir dicter l’intitulé d’une plaque d’immatriculation dans NÉOFIC, plutôt que de la saisir dans l’application.

- Bénéficier de capacités de géolocalisation plus performantes, de manière à ce que toute information produite depuis le NÉO soit géoréférencée. Une première étape pour permettre la génération automatique de compte rendu de service.

Création d’une plateforme de diffusion et de partage de contenus vidéo (en préparation)

Objectif : permettre l’émergence de tutoriaux créés par et pour le terrain.

Les prochaines évolutions autour du métier de l'enquêteur

L’environnement numérique traitant de la procédure pénale et les processus métiers qui en découlent vont connaître des évolutions majeures au cours des prochains mois et années, notamment avec les projets de Plainte en ligne (PEL), du LRPGN (NG) et de Procédure pénale numérique (PPN).

Expérimentés dans certains départements pilotes, avec une généralisation prévue en 2022, ces nouveaux systèmes d’informations permettront une procédure pénale « nativement numérique », c’est-à-dire sans aucun document à imprimer ou à conserver au format papier. Ce nouveau dispositif intégrera notamment la signature électronique du gendarme.

Objectifs de ces projets : - permettre au gendarme d’effectuer ses actes de procédure en mobilité, en mode connecté comme déconnecté.

- Offrir à tout citoyen la possibilité de déposer plainte depuis n’importe quel point d’accès Internet, facilitant ainsi ses démarches et dégageant du temps d’accueil en unité, au profit des plaintes les plus sensibles comme les violences aux personnes et aux femmes en particulier.

- Améliorer la capacité des échanges d’informations entre la gendarmerie et ses partenaires (police, justice). Par exemple, une procédure initiée par un policier pourra être poursuivie, dans le cadre d’un transmis, par un gendarme dans LRPGN (NG), à l’identique d’une procédure qu’il aurait lui-même commencée. De même, le futur logiciel de rédaction de procédure intégrera le travail collaboratif, c’est-à-dire la cosaisine sur un dossier quelle que soit l’unité d’appartenance des militaires. Des COB pourront ainsi travailler sur le même dossier qu’une unité de recherches, dans le respect des droits à en connaître.

- Disposer d’un puits de données central et de capacités de rapprochement judiciaire augmentées, en alliant les données des procédures centralisées dans le LRPGN (NG) aux nouvelles capacités de valorisation de la donnée.

- Faciliter la réalisation de tous les procès-verbaux grâce au « speech to text » ou dictée vocale. L’utilisation de la commande vocale et de la transcription automatique dans le LRPGN (NG), en mobilité ou sur le poste de travail, soulagera l’effort de dactylographie au profit du fond de la procédure, notamment au cours des constatations ou des auditions.