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« La gendarmerie offre un niveau de service exceptionnel »

Auteur : la capitaine Gaëlle Pupin - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
L'ingénieur général hors classe de l'Armement François Coté, à droite, et le colonel Didier Rémond, commandant la Garm, à gauche.
© Sirpagend – MAJ F. Balsamo

Entretien avec l'ingénieur général hors classe de l'Armement François Coté, directeur technique de la DGA.

En tant que directeur technique, quel regard portez-vous sur la mission de la gendarmerie de l’Armement au sein de la DGA ?

La plupart des sites de la DGA, par la nature de leurs activités, sont des sites potentiellement sensibles. Notre patrimoine technique, matériel comme immatériel (savoir-faire, compétences, connaissances), est reconnu internationalement. Les domaines sont variés : propulseurs de sous-marins, missiles, cyberdéfense… Autant de « pépites techniques » au service de la dissuasion et de la défense qui font de ce patrimoine une cible potentielle. Il ne faut pas être dans l’angélisme ! La menace est établie et elle est protéiforme : de la criminalité simple aux tentatives d’espionnage ou encore aux actions terroristes. Je ne conçois pas les missions de la DGA sans les moyens d’en assurer la sécurité. La gendarmerie de l’Armement est, à ce titre, l’armature, la structure résistante de notre dispositif de protection.

Du point de vue de la DGA, quels sont les compétences et savoir-faire propres à notre Institution qui sont nécessaires à l’accomplissement de cette mission ?

Dans le cadre d’un dispositif de protection complet, la GArm intervient à tous les niveaux, avec toute la force que lui confère l’autorité de la gendarmerie, notamment l’habilitation à engager des actions de police judiciaire. La gendarmerie offre un niveau de service exceptionnel, tant par la personnalité de ses militaires que par leur disponibilité, leur degré d’entraînement et de compétences techniques.

Le principal atout de la gendarmerie réside en sa capacité à monter rapidement en puissance pour répondre à des sollicitations pouvant être extrêmes. J’en ai été le témoin privilégié, il y a quelques années, à Biscarrosse, lors de menaces très fortes et avérées de mouvements antinucléaires. La GArm a été le noyau, le catalyseur d’un dispositif de protection interarmées et interministériel de grande ampleur. Ce dernier a démontré sa pleine efficacité puisqu’aucun tir n’a été perturbé par les actions de ces militants, pourtant extrêmement déterminés.

Quel est le positionnement de la GArm par rapport à la DGA ?

Des liens très forts basés sur une grande confiance unissent la GArm et la DGA. Et pas seulement au niveau central. La BGArm associée à chaque centre en est, en effet, un élément intégré, quasiment indissociable. Un directeur de centre se repose ainsi entièrement sur le commandant de la BGArm pour le volet de la protection de ses installations. Conseiller sécurité, ce dernier a une fonction d’anticipation et d’alerte en cas de menace. À lui d’agir lorsque les faits sont avérés : il est le garant de l’effectivité des dispositions de verrouillage ou de restriction. Il faut également souligner la capacité d’adaptation de la gendarmerie à nos missions. En effet, parmi tous les centres de la DGA, pas un ne se ressemble.

Tous présentent des caractéristiques différentes en termes de variété géographique, de taille et de patrimoine technique. La GArm a su s’adapter aux installations ainsi qu’aux informations devant être protégées, sans oublier les conditions d’emploi propres à chaque site. Cela se traduit dans la composition des brigades mais également dans l’équipement que nous leur mettons à disposition. Le dialogue est constant et nous œuvrons de concert. Nous ne pouvons pas citer un matériel sans que la GArm n’ait participé à sa sécurité technique. Composants de véhicules terrestres, aériens, sous-marins, missiles,... Derrière chacun de ces matériels, on peut dire qu’il y a un gendarme de la Garm.