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Quand trouver de l’explosif devient une récompense

Auteur : la capitaine Gaëlle Pupin - publié le
Temps de lecture: ≃1 min.
L'équipe cynophile à la recherche d'explosifs dans un véhicule.
© Sirpagend – BCR F.Garcia

Au sein de la Bgarm de Biscarosse, le gendarme Yannick G. forme avec son chien Ibis une équipe cynotechnique spécialisée dans la recherche d'explosifs.

Ancien instructeur à Gramat, le gendarme Yannick G. explique l’utilité des chiens dans le cadre des missions quotidiennes de son unité : « Les chiens piste ou “d’inter” se révèlent particulièrement nécessaires en cas d’intrusion sur le site, afin de retrouver au plus vite l’individu. Mais un chien “explo” reste incontournable pour les dépollutions de bâtiments ou de véhicules. » Grâce à une valise ARDE (Aide à la Recherche et à la Détection d’Explosifs) contenant dix matières primaires et deux inertes (dont le TATP, utilisé au Bataclan), il entraîne son chien à réagir à un vaste panel de molécules pouvant entrer dans la composition d’engins explosifs. « C’est un entraînement poussé, régulier, comprenant plusieurs exercices par jour à l’image d’un grand sportif.

L'équipe cynophile à la recherche d'explosifs dans un véhicule.

© SirpaGend – BCR F.Garcia

Le chien doit être joueur, car son entraînement est basé sur la recherche de son jouet, auquel il associe les odeurs. » Une fois les molécules olfactives mémorisées, il faut affiner l’entraînement. L’une des difficultés de cette spécialité réside dans le marquage. En effet, le chien doit apprendre à ne pas toucher le produit. « Il doit rester indifférent à l’environnement, ne pas se laisser distraire. D’où l’importance de l’exposer au plus grand nombre de cas concrets et de l’emmener sur les terrains les plus variés. »

Lors d’une dépollution de bâtiment, en vue de la visite d’une autorité par exemple, le gendarme prend connaissance de l’itinéraire prévu, s’assure que le bâtiment est vide et s’enquiert de l’éventuelle réalisation récente de travaux avant de commencer les recherches. Motivant son chien sans relâche, l’entraînant à chercher au sol comme en hauteur, il l’observe et note le moindre de ses comportements. « C’est au maître de comprendre le fonctionnement de son chien, afin d’utiliser la bonne clé lors des entraînements. » Jusqu’à la découverte de l’objectif… Ibis se couche. Il sait qu’il a trouvé. Un sourire aux lèvres, le gendarme G. confirme le succès de la mission et offre la récompense tant attendue.