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Prop@gande djihadiste sous surveillance

Auteur : Angélina Gagneraud - publié le
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© Sirpa Gend - BRC F. Garcia
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En matière de détection de la radicalisation, la gendarmerie s'appuie sur le bureau de lutte antiterroriste de la DGGN ainsi que sur les enquêteurs du centre de lutte contre les criminalités numériques du PJGN. Apologie du terrorisme et provocation sont leur cheval de bataille.

« Je vous souhaite de bons attentats. N'hésitez pas à vous approvisionner en mouchoirs en papier. » Incarcéré au centre de détention du Val-de-Reuil, dans l'Eure, ce prévenu, condamné à 30 ans de réclusion criminelle, accède en toute impunité, avec son téléphone portable, aux réseaux sociaux, où il publie des messages et des vidéos de propagande de l’état islamique. Ses posts sont ainsi accessibles à tous, sans filtre : armement, entraînements des combattants de Daech, tortures, exécutions par décapitation mais aussi procédés pour confectionner des explosifs…« Traque et financement des réseaux terroristes sont du domaine du parquet antiterroriste de Paris. Mon département se concentre, notamment, sur les faits d'apologie du terrorisme et de provocation directe à un acte de terrorisme », explique le chef d'escadron Laurent Lesobre, chef du Département des activités illicites sur Internet (DAII), du centre de lutte contre les criminalités numériques.

Radicaliser par-delà les barreaux

« Ce dossier a, comme toujours, débuté sur le Web », poursuit l'officier. Un post suspect est signalé en août dernier. Les militaires du DAII, formés et habilités pour conduire des enquêtes sous pseudonyme, travaillent sur les preuves numériques, les comptes bancaires, la téléphonie, etc. Très vite, les investigations orientent les enquêteurs vers la prison du Valde-Reuil. Entre autres éléments, ils récupèrent l'identité des visiteurs au parloir, puis réalisent les environnements nécessaires. « Il s'agit d'une enquête traditionnelle, avec une partie très technique, menée jusqu'aux interpellations. Même en prison ! » Les infrastructures carcérales sont prises en compte et les gardes à vue décalées afin que les détenus ne se rencontrent pas. La « tête du réseau » ne regagnera pas sa cellule et sera présentée en comparution immédiate à l'issue de sa garde à vue. En novembre dernier, il a été condamné à quinze mois de prison ferme avec mandat de dépôt. « Deux prisonniers ont été interpellés sous la direction d'enquête de l'adjudant Vincent V.R. Plusieurs individus fichés S ont par ailleurs été détectés, puis arrêtés, et certains auditionnés par notre service », conclut-il.

Le Blat : faire le lien du renseignement criminel

Assurant, dans le domaine des infractions à motivation idéologique ou religieuse, la liaison entre services partenaires (DGSI, DGSE, SDAt, DRSD, DRM, parquet de Paris) et unités d'enquête (C3N Groupes cybercriminalités des S.R., unités territoriales), le bureau de la lutte antiterroriste crible, conseille, alerte et propose des moyens judiciaires spécialisés. Cette unité assure également au profit des enquêteurs territorialement compétents le suivi administratif des individus les plus radicalisés. Toutes les compétences y sont représentées : police judiciaire, spécialités cyber, observation/surveillance et renseignement. « L'objectif étant de toujours être en mesure d'apporter une réponse à l'unité ou au service qui nous sollicite », souligne l'adjoint au chef de bureau.