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Entrez dans l’atelier automobile de Besançon

Auteur : Angélina Gagneraud - publié le
Temps de lecture: ≃6 min.
Les CSAG réalisent l'entretien et l’ensemble des réparations des véhicules à l’exception des travaux liés à la carrosserie. Pour cela, ils sont emmenés dans un « CSAG renforcé » ou un autre atelier du ministère de l’Intérieur.
© Mi Dicom – E. Delelis

Tels des prestataires de services, les Centres de soutien automobile de la gendarmerie (CSAG) contribuent au maintien opérationnel des unités de terrain, en métropole et en outre-mer.

Les CSAG sont des ateliers de professionnels de l’automobile. Ils réalisent des réparations et des entretiens sans que les garanties constructeurs des nouveaux véhicules ne soient annulées. De plus, les mécaniciens n’hésitent pas à réparer une boîte de vitesses ou à ouvrir un moteur pour complètement le restaurer.

« Si refaire revient moins cher qu’acheter, alors on ne se pose pas la question du temps à y consacrer car, militaires ou fonctionnaires de l’État, nous sommes très disponibles et soucieux du travail bien fait, au service des unités », explique l’adjudant-chef (ADC) Jean-Marc Rossi, chef d’atelier à Besançon.

Des liens quotidiens avec les unités de terrain

Via le logiciel Vulcain, les unités entrent en contact avec le chef d’atelier ou son adjoint. Il permet de prévoir les réparations à venir et de fixer les rendez-vous. « Nous faisons en sorte que le véhicule reste le moins de temps possible dans nos murs, affirme l’ADC Rossi. Sinon, nous leur en prêtons un. »

Tous les matins, le chef d’atelier prépare une fiche, qu’il distribue à ses personnels. Il y note les références du véhicule, l’acte à réaliser et estime le temps à passer pour chaque tâche. « Mécano moi-même, je connais le métier ! » De son côté, le mécanicien annotera les pièces utilisées, pour faciliter le suivi du stock. Les fiches s’enchaînent, au rythme des réparations et des visites des unités.

« Notre objectif est de rendre service aux militaires, donc nous réalisons, au pied levé, les petites réparations, comme un voyant qui s’allume. »

Les réparations soumises à une logique de proximité

Le CSAG est basé au chef-lieu d’un Groupement de gendarmerie départementale (GGD). En général, il est au centre du territoire et permet un accès facilité aux unités. Toutefois, selon les configurations géographiques de certains départements, il peut arriver que des unités soient plus proches du CSAG d’un autre GGD.

Ainsi, dans une logique de proximité et afin d’éviter de faire perdre du temps de route aux gendarmes, les unités les plus éloignées peuvent faire réparer leurs véhicules au sein d’un autre atelier.

« Ils nous préviennent des réparations à réaliser et nous trouvons la meilleure solution pour eux : chez nous, au sein d’un autre CSAG ou encore dans le privé pour les petits travaux (crevaison, ampoule, batterie) car nous avons des conventions avec des garages locaux. Du moment que nous sommes avertis, nous favorisons le gain de temps ! » souligne le chef d’atelier.

D’autres CSAG comme dans l’Ain ont, eux, fait le choix d’un camion de dépannage de proximité. Les mécaniciens du CSAG de Bourg-en-Bresse vont, ainsi, à la rencontre des unités, pour réaliser quelques réparations.

La gestion particulière des CSAG

Les CSAG sont des unités mutualisées avec la Police nationale et parfois conventionnées avec d’autres administrations (par exemple le bureau des douanes pour le CSAG de Besançon), comme dans le Doubs.

Ainsi, 270 véhicules immatriculés gendarmerie nationale (automobiles et motocyclettes), 110 voitures de la police nationale et 47 autres véhicules des douanes transitent par ce garage. Pour s’en occuper, treize personnels de tous statuts : sous-officiers du Corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie nationale (CSTAGN), ouvriers d’État, agents du ministère de l’Intérieur et un apprenti.

« La complexité administrative des CSAG est bien réelle. Elle se concrétise en fonction des sujets à traiter et selon les statuts des personnels, souligne la colonelle Armelle Valentin, chef de la Division de l'appui opérationnel au sein de la région Franche-Comté. Concernant la gestion R.H. du quotidien, le chef d’atelier est compétent. Pour le reste, la responsabilité revient soit à la formation administrative, soit au Sgami (Secrétariat Général pour l’Administration du Ministère de l'Intérieur) basé à Metz. »

Un budget suivi de près

Le Bureau budget et administration (BBA) est en charge de la gestion et de la répartition des dotations financières. Il est en lien régulier avec les ateliers des quatre groupements de gendarmerie départementale, notamment aux sujets des frais, des commandes et des différents marchés de pièces détachées.

La réforme des véhicules est une tâche, quant à elle, assurée par le Bureau soutien des opérations (BSO) en coopération avec les ateliers automobiles. Une voiture de plus de 200 000 km et qui dépasse les huit ans sera déclarée réformée, si la région dispose de la ressource en véhicules neufs.

« Avant d’atteindre cette limite, nous donnons un avis technique au BSO, explique le chef de centre. Nous lui proposons d’équilibrer les potentiels. Le service peut ensuite décider de retirer un véhicule à une unité, au profit d’une autre, afin qu’il roule moins. Les capacités sont alors réparties sur l’ensemble du groupement. »

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En effet, certaines unités sont amenées à être de « grands rouleurs ». Il s’agit en particulier des pelotons motorisés. « Certains véhicules font plus de 60 000 km dans l’année ! » Cela engendre plusieurs entretiens dans l’année, puisqu’un véhicule passe au CSAG tous les 20 000 km.

« Le budget moyen annuel par véhicule est d’environ 550 € TTC. Il est très difficile de s'y tenir car le prix des pièces est en constante augmentation, sans compter les accidents de la route qui sont une variable non maîtrisable. Nous prenons ainsi des décisions, afin de maintenir nos capacités en bon état, sans exploser les budgets alloués », précise l’ADC Rossi.

Magasinier : écrou indispensable au fonctionnement du CSAG

En complémentarité avec le chef d’atelier et son adjoint, Romain Chervet cumule plusieurs casquettes : secrétaire, gestionnaire du budget et magasinier. La gestion du stock du centre est complexe du fait de la variété de la gamme des véhicules en gendarmerie-police-douanes (plus d’une vingtaine de modèles différents sans compter les motocyclettes!).

Les références sont nombreuses et peuvent effrayer un novice du milieu automobile. « J’ai appris au contact des personnels, car je vous avoue que je ne connaissais pas grand-chose à la mécanique auparavant... » En tant que magasinier, Romain passe par les marchés publics pour commander les pièces détachées nécessaires.

«  Afin d’être plus réactifs dans le passage des commandes, le chef d’atelier et son adjoint bénéficient d’une délégation de signature de la part du commandant de région, jusqu’à un montant maximum de 15 000 € HT par engagement. »

Des mécaniciens projetables hors métropole :

Qu’ils soient spécialisés dans un domaine particulier, comme en électronique ou en mécanique moto, ou qu’ils soient généralistes, les mécaniciens sont projetables hors métropole. Ils peuvent partir en outre-mer trois mois, en même temps que l’escadron de gendarmerie mobile de leur région, afin d’apporter un soutien technique au CSAG local où il sera déplacé. Ils peuvent également répondre aux appels à volontaire pour réaliser une coopération technique, notamment auprès des gendarmeries sœurs en Afrique.

En outre, les mécaniciens sont engagés en cas de catastrophe de grande ampleur, à l'image du passage de l’ouragan Irma à Saint-Martin. À ce titre, deux mécaniciens ont été projetés avec le chef du bureau des moyens opérationnels de la région Nouvelle Aquitaine.

L’une des missions réalisées au soutien des unités engagées a été de leur offrir de la lumière en l’absence de l’éclairage public détruit. Ils ont ainsi conçu un mât, à partir de matériaux recyclés et de projecteurs. Ce dispositif ingénieux a ensuite été adapté à un véhicule, afin d’éclairer les gendarmes au cours de leurs interventions et contrôles nocturnes.