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Le renseignement opérationnel

auteur : l’aspirante Morgane Jardillier - publié le
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Implanté à Rosny-sous-Bois, le Centre national de formation au renseignement opérationnel (CNFRO) assure la formation professionnelle liée à la réception et à l’exploitation des appels téléphoniques émis par le public vers les plates-formes départementales, ainsi qu’à l’exploitation et à la gestion de l’information générale et, enfin, à la mise en œuvre de l’action de la gendarmerie dans le domaine de l’intelligence économique.

« CORG » / « RENS’ » quézaco ?

Le Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (CORG) a pour mission de recevoir l’ensemble des appels d’urgence émanant du 17 sur le secteur gendarmerie. Il constitue ainsi, dans chaque département, l’interface permanente entre la population et les unités de gendarmerie. La permanence est assurée, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, par des officiers et des sous-officiers expérimentés, responsables de l’engagement, si besoin, de patrouilles et de moyens supplémentaires (équipe cynophile, hélicoptère, négociateur…). La sécurité et la paix publiques reposent en particulier sur la prévention.

Cette mission vise essentiellement à éviter les troubles et s’appuie sur le renseignement, dont l’objet est de déceler des menaces en amont de toute commission. Dans ce cadre, la gendarmerie nationale s’intéresse ainsi aux phénomènes susceptibles de déstabiliser temporairement ou durablement les équilibres républicains, humains, sociaux, économiques, territoriaux et écologiques ou de troubler ponctuellement l’ordre public. Si la diffusion immédiate du renseignement d’alerte, proche de l’information brute, est une mission dévolue aux quarts opérationnels des CORG, les cellules « renseignement » sont, pour leur part, chargées de fournir un renseignement élaboré, c’est-à-dire d’apporter une valeur ajoutée à l’information brute.

Pour qui ?

Les formations professionnelles du CNFRO s’adressent aux officiers et aux sous-officiers de gendarmerie affectés au sein de structures dédiées au renseignement aux niveaux national, régional et départemental.

CORG :

Le stage « opérateur CORG » est réservé aux sous-officiers de gendarmerie nouvellement affectés dans la cellule opérations d’un CORG, afin d’occuper les fonctions d’opérateur. La formation de « chef CORG » est destinée aux officiers et aux sous-officiers de gendarmerie qui assurent la fonction de chef de centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie et de chef de quart.

RENS’ :

Cette formation professionnelle est dispensée aux sous-officiers de gendarmerie affectés au sein de la Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO) de la DGGN, de la Section analyse renseignement ordre public (SAROP) d’une région de gendarmerie zonale, du Bureau emploi renseignement (BER) d’une région de gendarmerie ou de la cellule « RENS’ » du CORG d’un Groupement de gendarmerie départementale (GGD).

Formation

Opérateur CORG : trois semaines

La formation porte, dans un premier temps, sur l’accueil téléphonique et la mise en œuvre de techniques de communication. Outre une initiation à l’emploi de la Base de données de sécurité publique (BDSP), le traitement de l’information de situation et d’alerte est également enseigné. Dans un deuxième temps, le programme, plus technique, est consacré à la connaissance des moyens de communication mis à la disposition du personnel des CORG (Rubis, Raimbault, ISIS, etc.)

Chef CORG : trois semaines

Divisée en plusieurs modules, cette formation reprend d’abord les éléments enseignés aux opérateurs pour permettre au chef CORG, qui n’est pas nécessairement un ancien opérateur, de connaître le métier et les contraintes de ses subordonnés. Cette formation est ensuite axée sur certains outils et applications spécifiques, nécessaires au chef pour diriger son unité et organiser le service (analyse des fréquences d’appels…).

RENS’ : cinq semaines

Le programme se décline en quatre modules: maîtrise de l’outil BDSP (Base Départementale de Sécurité Publique), Source ouverte sur Internet (SoInt), sujets de société (sectes, radicalisation, mouvements sociaux…) et Sécurité économique et protection des entreprises (Secope).

Qualifications

CORG :

Dorénavant, les personnes formées opérateur CORG obtiennent la qualification « opérateur de centre de commandement, d’assistance et de secours ». Cette qualification de niveau III sera nécessaire pour armer les futures plates-formes communes d’appels police-gendarmerie–sécurité civile.

RENS’ :

La formation sera prochainement découpée en modules, espacés dans le temps. Plusieurs modules constitueront le socle initial de formation, tandis que d’autres pourront être suivis à titre complémentaire. Cette organisation génère la souplesse dans le choix des formations. Chaque module donne lieu à l’attribution d’un code savoir spécifique.

Évolutions

CORG :

- Mise en place d’un Enseignement à distance (EAD). Avant de suivre la formation au CNFRO, les stagiaires doivent s’inscrire au préalable en EAD, au cours duquel ils acquièrent un certain nombre de prérequis.

- Salles de simulation. La réforme de la formation, avec le nouveau parcours « opérateur de centre de commandement, d’assistance et de secours », a conduit le centre à développer des salles adaptées, permettant de multiplier les exercices pratiques. L’objectif est de placer les stagiaires en situations réelles.

Perspectives

RENS’ :

- Création d’un stage contact. À l’instar de la police de sécurité du quotidien, pleinement intégrée au métier du gendarme de brigade, les personnels affectés dans des cellules de renseignement se doivent d’être formés au contact humain, afin de perfectionner le recueil de l’information. L’idée est d’avoir un contact spécialisé, fidélisé et orienté sur un besoin identifié.

- Techniques d’analyse. L’objectif est de donner des outils permettant d’améliorer la compréhension et la déduction des informations afin de renforcer la pertinence de l’analyse.

- Stage entrave administrative. La commission nationale du renseignement et de lutte contre le terrorisme a défini, en juillet dernier, la doctrine de l’État sur le renseignement, dont l’une des finalités est l’entrave administrative. La DGGN travaille actuellement à l’élaboration d’un guide des procédures à établir à l’intention des « cellules RENS’ », permettant d’effectuer des entraves administratives en incluant les précautions juridiques à prendre en compte.