Dossiers

Formation en vol des pilotes d’hélicoptère montagne

Auteur : la capitaine Céline Morin - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
Faire un poser sur la neige requiert une réelle technicité.
© M.I. DICOM - BRC A. Lejeune

Au-dessus du Briançonnais, stagiaireset moniteursdu centre de vol en montagne enchaînent les rotations. La formation des pilotes se passe dans les airs...  

7 h 45 - La journée débute au CVM. Pilotes, mécanos et stagiaires préparent les machines : un Écureuil et un E.C. 145. Un court briefing permet d'aborder les points particuliers. 8 h 30, les premières rotations commencent. Chaque stagiaire en effectuera deux dans la journée. Le gendarme Bastien Perignon, du Dag de Limoges, prend les commandes de l’Écureuil. À ses côtés, le capitaine Philippe Sebah, du Dag Chamonix-Mont-Blanc. Le gendarme a passé 10 ans dans l'Aviation légère de l’armée de Terre (AlaT) aux commandes d'hélicoptères Gazelle. Il a fait l’Afghanistan, le Darfour… De la montagne, mais différente. Il totalise plus de 650 heures de vol. Mais cette formation a encore des choses à lui apprendre.

L'hélicoptère survole les vallées et les villages enneigés avant de prendre la direction des hauteurs.

Le pilote en formation récupère les coordonnées, évalue les délais, élabore son plan de vol et sa manœuvre, en lien avec son mécano et les secouristes du PGHM.

 

© M.I. DICOM - BRC A. Lejeune

Le moniteur désigne un premier point de poser. Le gendarme Perignon énonce les onze points de sa MRAD : altitude du point de poser, relief, éclairement, aérologie, sécurité dans l'air et au sol, etc., puis les axes d'approches possibles. Il effectue plusieurs passages. Entre le stagiaire et le moniteur, l'échange est continu : les conseils et les directives s'enchaînent : « Comment est l'aérologie ? » « Et la neige au sol ? » « Tu regardes à l'extérieur et tu contrôles à l'intérieur ! » « Il y a plusieurs approches ? Laquelle tu privilégies ? » « Si tu dis qu'il y a 4 passages, tu les fais ! Le but est d'amasser le plus d'informations et d'analyser ce qu'il se passe ». « Tu fais ton analyse et tu me donnes ta décision ». « Et pour décoller, tu feras comment ? » Après plusieurs passages, le stagiaire pose la machine.

Après un court débriefing, le CNE Sebah prend les commandes pour montrer différentes techniques d'approche : « C'est un milieu exigeant, il faut corriger tous les petits défauts. Ça se travaille tout le temps ». Après une heure de rotation, il est temps de rentrer.

Exercice de secours

11 h 30 - En phase de synthèse, la dernière avant l'obtention de sa qualification, l'adjudant Emmanuel Flecq, du Dag d’Hyères, se prépare à un exercice de secours en montagne. Il doit récupérer cinq personnes, sans médicalisation, sur deux sites différents. Deux secouristes du PGHM monteront à son bord. L'adjudant récupère les coordonnées, évalue les délais, élabore son plan de vol et sa manœuvre. « Là où tu perds le plus de temps, c'est la recherche, après il y a le guidage. En général, le mécano connaît la zone et les secouristes aussi ; ils te conseilleront », lui indique le CNE Chavanne, qui sera à ses côtés pendant l'exercice à bord de l'E.C. 145. « C'est d'ailleurs pour ça que dans les unités, on binôme toujours un jeune pilote et un mécano expérimenté et vice et versa ».

Pas de pilote sans mécano…

13 h 30 - Le CNE Sebah repart, cette fois avec le GND Anthony Toia, du Dag de Vélizy-Villacoublay, aux commandes de l'E.C. 145. Après sa MRAD et trois passages au-dessus du point désigné par le moniteur, le gendarme débute sa manœuvre de poser : « On va se mettre en descente. Pascal (le mécano), tu me diras pour le relief derrière. Tu ouvriras à gauche. Je prends la zone haute, quitte à faire un appui patin ». « Il y a trop de dévers à l'arrière, tu peux avancer de 10 m… Voilà, c'est bon pour moi », lui indique le mécano penché à l'extérieur.

L'appareil est posé… et va pouvoir repartir : « On botte ! » Le moniteur prend les commandes pour montrer sa propre approche… « plus confortable » : « Il faut utiliser, épouser le terrain. Et n'oublie pas de parler à ton mécano ». c'est en effet lui qui permet de finaliser l'approche, de confirmer la possibilité de pose et de guider le pilote, au poser comme au décollage.

Le mécano confirme au pilote la possibilité de se poser et le guide, à l'approche comme au décollage.

© M.I. DICOM - BRC A. Lejeune