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PGHM : domestiquer la montagne

Auteur : l’aspirante Morgane Jardillier - publié le
Temps de lecture: ≃2 min.
Secours en crevasse sur le glacier de la Meije.
© PGHM - ADC J.-N. Louis

Chaque année, les touristes affluent sur les massifs français. Dans les Hautes-Alpes, le Peloton de gendarmerie de hautemontagne (PGHM) de Briançon (05) est en alerte.

Une promenade loin des sentiers balisés, un accident de ski en hors-piste ou une cordée qui dévisse, les loisirs en montagne peuvent vite tourner au drame. Sur ou hors piste, aguerris ou novices, tous les pratiquants sont exposés au risque d'accident. Les militaires des PG(H)M veillent à leur sécurité. Été comme hiver, de jour comme de nuit, et quelles que soient les conditions météorologiques, ces « gendarmes-secouristes » sont toujours prêts à intervenir.

Pour ce faire, le PGHM de Briançon peut compter sur vingt-trois personnels dont neuf guides de haute montagne et trois équipes cynophiles. En cas d'alerte, deux options de transport s'offrent à eux : l'hélicoptère (en fonction des conditions météorologiques) ou l'approche en caravane terrestre (motoneige, quad chenillé, etc.).

Le quad est utilisé pour le transport de secouriste lors de recherches en zones escarpées.

© MI Dicom - Y. Malenfer

« Accidents de ski, personnes disparues, avalanches, ce qui est important, ce sont les délais », confie le maréchal des logis-chef (MDC) Erwan Le Calvez. Dans cette course contre la montre, les gendarmes doivent maîtriser à la perfection les gestes de l'intervention.

Une affaire de professionnels

Au PGHM, les gendarmes ont en commun la même passion pour la montagne, la même excellence dans sa pratique sportive et le même engagement au secours. Ils ont tous suivi un parcours de formation spécialisé en haute montagne afin de maîtriser les gestes et prendre les bonnes décisions.

Certains portent la casquette de « chef de caravane » au sol pour organiser l'intervention. L'alternance avec les CRS permet un entraînement régulier des personnels et entretient les compétences. 

Quatre pattes, une truffe du tonnerre et un sens inné de la recherche, Éole, un berger allemand de 6 ans, investit le terrain avec son maître.

© MI Dicom - Y. Malenfer

Le secours en montagne est comme une partition jouée à plusieurs mains, il n'y a pas le droit à l'erreur ! Les équipes se préparent avec des exercices de mise en situation réelle au cours desquels les techniques de secours en haute montagne sont minutieusement révisées : exercice multi-victimes, en crevasse, en paroi ou en cascade de glace.

« La montagne est notre terrain de jeux. Il faut domestiquer le milieu pour mieux se concentrer sur le secours à la personne », explique le MDC Le Calvez.

Pas de risque zéro

L'histoire du secours en montagne dans les Hautes-Alpes est marquée par des faits héroïques et des drames. Bien souvent, les hivers sont meurtriers.

C'est pourquoi, cette année, l'accent est mis sur la prévention. Des ateliers sont placés au départ des itinéraires les plus empruntés par les skieurs et les randonneurs. Les militaires rappellent que la montagne nécessite une bonne connaissance du milieu et des pratiques. Ils insistent également sur le triptyque indispensable et indissociable en hors-piste : DVA (Détecteur de victimes d'avalanche), pelle et sonde.

« On explique aussi comment donner l’alerte, se localiser et le comportement à adopter à l'approche de l'hélicoptère. » Le major Philippe Godard, secouriste au PGHM le reconnaît : « Le cliché du touriste en tongs sur un glacier est dépassé. Le risque zéro n'existe pas, mais le bon sens peut faire en sorte de s'en rapprocher. »

21 janvier 2016, exercice avalanche grandeur nature à Crévoux. PGHM, pisteurs-secouristes, maîtres de chien, moniteurs de ski, guides de haute montagne, médecins, s’exercent ensemble pour être prêts pour l’hiver.

© PGHM - ADC J.N. Louis