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Tempête Alex : des enquêteurs souterrains pour lever les doutes

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© PGHM du Versoud

La section de recherches de Marseille a saisi le Groupe « spéléo » de la gendarmerie nationale (GSGN), rattaché au peloton de gendarmerie de haute montagne du Versoud, en Isère, pour explorer les cavités de la Vésubie, dans le cadre de la recherche des onze personnes portées disparues après le passage de la tempête Alex, le 2 octobre dernier, dont on n’a toujours pas retrouvé les corps.

 

Un peu plus d’un mois après la tempête Alex, qui a dévasté les vallées de la Vésubie et de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, onze personnes sont toujours disparues. La recherche de corps dans cette région montagneuse est une opération judiciaire particulièrement délicate pour la gendarmerie nationale, qui demande la mise en œuvre de moyens techniques spécifiques.

Les militaires des Pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) ont ainsi été mis à contribution dès le début de la crise, d’abord pour le secours à personne, puis dans le cadre de cette recherche de corps.

Mais certaines zones demeurent inaccessibles sans avoir recours aux techniques spécifiques de progression sur corde, bien maîtrisées par les spéléologues. Pour explorer ces cavités souterraines exondées, la Section de recherches (S.R.) de Marseille a donc saisi le PGHM du Versoud, qui dépend du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de l’Isère, et qui comprend l’un des deux groupes « spéléo » de la gendarmerie.

« L’autre dépend du PGHM d’Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques, explique le chef d’escadron Patrick Poirot, commandant du PGHM du Versoud. Les deux ont une compétence nationale. Nos missions comprennent deux volets : le secours à la personne, en appui technique du Secours spéléo français (SSF), avec lequel la gendarmerie nationale a signé une convention d’assistance mutuelle, et les investigations judiciaires en cas de blessures graves ou de décès sous terre, d'atteintes à l’environnement souterrain, mais aussi de disparitions inquiétantes comme dans le cadre de la tempête Alex. »

Avec l’appui de la section aérienne de Digne-les-Bains

Lundi 26 octobre, une équipe de cinq hommes se projette donc dans la vallée de la Vésubie : trois enquêteurs en milieu souterrain du PGHM du Versoud et deux spéléologues du SSF des Alpes-Maritimes. « Ils connaissent bien le terrain et nous ont permis de faire une première évaluation à partir de leurs bases de données, où sont référencées des zones pertinentes dans le cadre de notre enquête », explique le major Florent, chef du groupe spéléo de l’Isère et référent national en spéléologie de la gendarmerie. En l’occurrence, sept cavités noyées pendant la crue de la rivière, notamment d’anciens exutoires de rivières souterraines.

Certaines de ces cavités n’étant pas accessibles depuis la route, et la rivière étant très difficile à traverser, en raison des forts courants dus aux précipitations du lundi, les gendarmes ont fait appel à la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Digne-les-Bains (04), afin d’être hélitreuillés sur zone. « Cela nous a permis d’explorer quatre cavités dans la matinée, ce qui aurait été impossible sans hélicoptère », souligne le major Florent.

Une à une, les grottes ont donc été fouillées, à la recherche d’un corps, ou même d’un indice, comme un vêtement ou une chaussure. Les recherches n’ont rien donné. « Cela permet de lever les doutes, de fermer des portes, et de faire ainsi avancer l’enquête », estime le CEN Poirot. « Nous le devons aux familles, ajoute le major. C’est notre mission de chercher partout où cela est techniquement possible. C’est la poursuite de l’engagement sans faille de la gendarmerie dans cette crise. »

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