Enquêtes

Démantèlement d’un réseau international de blanchiment d’argent

Auteur : le capitaine Eric Costa - publié le
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Les perquisitions de l’ « affaire Kouri », réseau international de blanchiment d’argent lié au trafic de drogue, ont permis aux S.R. de Paris et de Marseille de saisir 2,5 millions d’euros.
© MAJ. F Balsamo

Un vaste réseau international de blanchiment d’argent lié au trafic de drogue a été démantelé par les Sections de recherches de Marseille et de Paris.

Le 10 juin 2015, la douane d’Avignon (84) contrôle un véhicule et procède à l’interpellation de ses deux occupants, qui transportent environ 300 000 € en espèces, dissimulés dans une cache. À l’issue de la rétention douanière, l’enquête est confiée en cosaisine à la Section de recherches (S.R.) de Marseille (13) et au GGD 84.

L’exploitation des téléphones portables et les investigations permettent de remonter jusqu'à un réseau international de blanchiment d’argent lié à un trafic de produits stupéfiants avec association de malfaiteurs. L'affaire, dite « Kouri », concerne directement la France, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Maroc. Face à l’ampleur du réseau, la procédure, conduite sous la direction du TGI de Carpentras (84), est confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille dès le mois d'octobre 2015. La S.R. de Paris est rapidement cosaisie.

Une équipe commune d’enquête quadripartite est créée entre la France, la Belgique, les Pays-Bas et Europol. En France, plusieurs unités et services contribuent aux investigations, conduites par les deux sections de recherches : le GIGN, le Gosif, des Gos, la section d’appui judiciaire de la RGIF, des escadrons de gendarmerie mobile, des pelotons d’intervention, le GIR Paca et la plate-forme d’identification des avoirs criminels. Le résultat des investigations conduit les magistrats à criminaliser les faits visés par la commission rogatoire.

Environ 75 millions d’euros blanchis

Comme nous pouvons le voir sur l’illustration ci-contre, un réseau très structuré, dont la tête se situe au Maroc, blanchit de l’argent issu d’un trafic de produits stupéfiants entre le Maghreb et l’Europe occidentale. Une famille domiciliée en Belgique tient les rênes sur le plan européen. Les fonds récupérés par des collecteurs auprès des revendeurs de drogue transitent essentiellement par les Pays-Bas, pour un retour au donneur d’ordre marocain. Ce dernier procède au blanchiment de l’argent « sale » au travers de nombreux investissements. Les enquêteurs établissent que 75 millions d’euros ont été blanchis depuis l’ouverture de l’enquête.

Top inter… national !

Malgré la complexité de la coordination policière et judiciaire au niveau international, la phase d’interpellations est déclenchée le 21 novembre 2016 à la suite de l’arrestation en flagrant délit à Besançon (25), d’un collecteur qui venait de se voir remettre la somme de 943 050 euros en numéraire. Sur les 36 objectifs appréhendés, 26 se trouvent en France.

Parfaitement synchronisée avec la Belgique, les Pays-Bas et le Maroc, l’opération mobilise, en France, 425 gendarmes appartenant à des unités d’intervention et d’investigation. Véritable succès, elle permet d’importantes saisies. 19 individus sont écroués en France au terme de leur garde à vue. L’agence européenne Europol a salué les résultats obtenus par les gendarmes des S.R. de Paris et de Marseille.