Enquêtes

Démantèlement d’un groupe criminel spécialisé dans les cambriolages

Auteur : Morgane Jardillier - publié le
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© Gendarmerie - SR de Caen

Trente personnes de nationalité géorgienne ont été interpellées, lundi 16 et mardi 17 avril, en France, plus particulièrement à Caen, ainsi qu’en Grèce. Elles sont soupçonnées d’avoir commis plus d’un millier de vols en Normandie, principalement au préjudice de commerçants.

Les 16 et 17 avril, trente ressortissants géorgiens, soupçonnés d’être impliqués, à différents degrés, dans plus d’un millier de vols avec effraction et à l’étalage commis en Normandie, ont été simultanément interpellés en France et en Grèce, dans le cadre d’une Equipe commune d’enquête (ECE).

L’enquête, conduite depuis 2016 par la Section de recherches (S.R.) de Caen et l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), a permis de recueillir des informations relatives aux suspects, de les identifier clairement et de cibler les principaux commanditaires, dont certains résident en Grèce. La majorité des auteurs, essentiellement localisés sur la région de Caen, appartiennent à une puissante organisation mafieuse géorgienne, connue sous le nom de « Vory V zakone ». Prenant racine en ex-URSS, celle-ci s’est implantée en Europe depuis le début des années 1990.

En janvier 2017, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Rennes, une cellule d’enquête est mise en place.

Les nombreuses réunions à l’international conduites, en France et en Grèce, sous l’autorité d’Europol, d’Eurojust et de l’OCLDI, ont abouti, en septembre 2017, à la signature de la première ECE entre les deux pays concernés.

En deux jours, une trentaine de personnes, dont les quatre dirigeants géorgiens de cette organisation criminelle organisée, itinérante et transnationale, a ainsi été interpellée en Grèce et en France.

Les perquisitions ont permis la découverte d’éléments de preuve confondant cette structure mafieuse.

Cette opération, qui a mobilisé près de 300 gendarmes, est le fruit d’une parfaite coopération entre les autorités géorgiennes, grecques et françaises.

L'OCLDI, driver européen en matière d'atteintes aux biens #EMPACT

Pour mémoire, cette année, la France a obtenu le pilotage de quatre des dix plans d’action opérationnelle édictés par Europol. La gendarmerie, par l’entremise de l’OCLDI (déjà co-driver lors du précédent cycle) et de l’OCLAESP, a plus spécifiquement pris la direction des Empact (European multidisciplinary platform against criminal threats - Plateforme européenne pluridisciplinaire contre les menaces criminelles) atteintes aux biens et criminalité environnementale.

Avec 135 000 € de budget en 2018, Empact va ainsi permettre à l'OCLDI de financer des séminaires internationaux, d’organiser des réunions de coordination entre les enquêteurs et les magistrats des pays concernés, d’acheter des matériels spécifiques, de former les enquêteurs à leur utilisation et, enfin, de rémunérer les informateurs.

Parallèlement à sa démarche pour obtenir le drive sur Empact, l'OCLDI a également remporté un appel à projet de la Commission européenne, dans le cade du Fonds de sécurité intérieure (FSI). Ce projet du FSI, nommé Spectre, arrive en complément d’Empact, grâce à l’allocation d’une enveloppe de 813 000 €.

L’objectif fixé dans ce cadre est ambitieux : démanteler pas moins de 50 groupes criminels à travers l’Europe et réaliser deux millions d’avoirs criminels sur deux ans.