Enquêtes

Auvergne : un réseau international de vol et de recel d'or démantelé

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Les perquisitions conduites en France et en Belgique ont permis aux enquêteurs de saisir, au titre des avoirs criminels, 2,4 kg d’or, 4 kg de bijoux et montres de luxe et 156 700 euros en numéraire. L’identification du patrimoine des mis en cause, toujours en cours, pourrait donner lieu à des saisies ultérieures.
© D.R.

Au terme de près de 20 mois d’investigations, les enquêteurs de la section de recherches de Clermont-Ferrand, de l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante et du groupement de gendarmerie départementale de l’Allier ont démantelé un réseau de vol et de recel d’or. Le 30 juin dernier, avec l’appui des forces de police belges, les gendarmes ont interpellé huit individus en France et en Belgique et procédé à d’importantes saisies.

L’affaire débute en 2017, plus précisément le 20 octobre, quand un vol de coffre est commis à Hérisson, dans l’Allier, au domicile d’une octogénaire. La victime, bousculée par l’un des auteurs, décédera en janvier 2018 des suites de ses blessures.

Grâce au véhicule utilisé par les cambrioleurs ce jour-là, les gendarmes font le rapprochement avec plusieurs autres faits similaires commis entre juillet et octobre 2017, dans les départements de l’Allier, du Cher, de la Nièvre et de la Saône-et-Loire.

Cet élément permet alors aux enquêteurs de matérialiser un phénomène de vols sériels.

Dès lors, en janvier 2019, une information judiciaire est ouverte et une cellule nationale d’enquête est créée, sous la direction de la section de recherches de Clermont-Ferrand, en co-saisine avec l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI).

Une filière de recel de métaux précieux identifiée entre la France et la Belgique

Les diverses investigations conduites par la cellule d’enquête, avec l’appui du groupement de gendarmerie départementale de l’Allier, permettent d’identifier plusieurs individus en lien avec un receleur, dont les enquêteurs matérialisent le mode opératoire.

Fin mars 2019, une opération d’observation transfrontalière, conduite en lien avec la police fédérale belge et la police d’Anvers, permet de suivre le collecteur principal jusqu'à une boutique de rachat d’or située à Anvers, en Belgique.

Opération judiciaire simultanée en France et en Belgique

Le 30 juin dernier, une opération judiciaire est déclenchée simultanément en Belgique et en France, à l'occasion d'une livraison d'or. Le collecteur principal et deux gérants de la société de rachat d’or située à Anvers sont interpellés en flagrant délit lors de la remise de plusieurs kilos d'or.

Dans le même temps, cinq complices et collecteurs régionaux sont également interpellés en France.

Les huit mis en cause ont été écroués. Les trois individus interpellés en Belgique devraient être prochainement extradés vers la France.

Les perquisitions aux domiciles du principal mis en cause sont conduites avec l’appui de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), qui projette un radar géodésique et ses opérateurs.

Les perquisitions conduites en France et en Belgique ont permis aux enquêteurs de saisir, au titre des avoirs criminels, 2,4 kg d’or, 4 kg de bijoux et montres de luxe et 156 700 euros en numéraire. L’identification du patrimoine des mis en cause, toujours en cours, pourrait donner lieu à des saisies ultérieures.

© D.R.

En France, les enquêteurs procèdent ainsi à la saisie de 2,4 kg d’or, de plus de 100 000 € en numéraire, de nombreuses œuvres d’art et d’objets de grande valeur, d’un véhicule haut de gamme, et de quatre armes, dont une signalée volée. L’identification du patrimoine des mis en cause, toujours en cours, pourra donner lieu à des saisies ultérieures.

En Belgique, sont également saisis au titre des avoirs criminels : 4 kg de bijoux de très

grande valeur (diamants et pierres précieuses), 56 700 € en numéraire, plusieurs diamants, de

nombreuses montres de luxe (de marque Chopard, Rolex, VanCleef and Arpels, Breguet…). La valeur de ces biens, en cours d’expertise, pourrait s’élever à plusieurs centaines de milliers d’euros.