Enquêtes

Aveyron : démantèlement d’un trafic de véhicules franco-espagnol

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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La coopération des services d’enquête au niveau international a permis de mettre au jour un trafic de véhicules volés en Espagne et revendus en France. Après une première phase d’arrestations mi-juin, l’enquête menée par la Brigade de recherches (B.R.) et le commissariat de police de Rodez a permis d’interpeller la tête de réseau et ses huit complices le 19 novembre dernier.

Tout commence par une information transmise à la gendarmerie par la guardia civil de Madrid, en mai 2018 : après plusieurs mois d’enquête, le service espagnol signale la présence à Rodez, dans l’Aveyron, d’un véhicule qui aurait été volé en Espagne.

Une enquête préliminaire est alors ouverte par la brigade de recherches de Rodez, en accord avec le parquet. En poussant les investigations, il apparaît que plusieurs individus vivants à Rodez participeraient au trafic, soit comme intermédiaire de véhicules volés, soit en tant que vendeur de ces voitures avec de faux documents administratifs.

L’affaire prenant de l’ampleur, une information judiciaire est ouverte début 2019.

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Des unités spécialisées en renfort

La section d’appui judiciaire de Toulouse et l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) sont alors également saisis. De même, les militaires du plateau d’investigation véhicules du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale apportent leur expertise.

Tout au long de l’enquête, Europol permet de faire le lien entre les services français et espagnols. Plus de 43 véhicules volés sont ainsi clairement identifiés.

Le mode opératoire est à peu près toujours le même. Les voleurs adoptent la méthode du « mouse jacking » ou « vol à la souris » en français, qui consiste à voler une voiture par piratage informatique de la clé, ne laissant ainsi aucune trace. Les véhicules sont ensuite « maquillés » (changement des numéros de série et des plaques d’immatriculation) et de faux documents administratifs sont constitués pour les faire immatriculer aux noms des mis en cause ou pour les revendre à un prix défiant toute concurrence en France.

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Opérations coordonnées

Après un travail de longue haleine et une coopération efficace entre les unités, 40 personnes sont finalement interpellées, les 18 et 19 juin, de chaque côté de la frontière. Parmi les mis en cause, huit résident en France, en Aveyron. Ils sont remis en liberté dans l’attente d’une mise en examen ultérieure. Lors des perquisitions, cinq véhicules accompagnés de faux documents administratifs sont découverts et saisis : deux Toyota (CHR et AURIS), une Renault Clio RS et deux Megane GT.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations, en lien avec le commissariat de police de Rodez. Ils finissent par identifier la tête de réseau ainsi que ses huit complices, tous originaires du pays ruthénois. Dans le cadre d’une nouvelle opération coordonnée, menée le 19 novembre dernier, les neuf suspects sont interpellés. À l’issue des gardes à vue, les deux principaux auteurs font l’objet d’une mise en examen : l’un est écroué et le second placé sous contrôle judiciaire. Les autres feront l’objet d’une convocation ultérieure. Au total, soixante-dix véhiculés volés auront été recensés dans le cadre de ce trafic transnational.

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