Enquêtes

Démantèlement d’un réseau de trafic de produits dopants et de blanchiment de fraude fiscale

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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La Section de recherches de Lyon et l’OCLAESP, appuyés par le groupement de gendarmerie départementale du Rhône et le groupe d’intervention régional de Lyon, ont mis un terme à un vaste trafic de produits dopants et à des faits de blanchiment de fraude fiscale.

Au terme de plus de deux ans d’enquête, les gendarmes ont mis fin à un trafic international de produits dopants alimentant le milieu du culturisme français. Le 9 avril dernier, une vaste opération judiciaire a été conduite dans plusieurs départements français, ainsi qu’en Belgique et au Luxembourg. 15 des 20 personnes interpellées ont été mises en examen. Deux villas d’une valeur de 2 275 000 €, près de 857 355 € en avoirs criminels ainsi que de nombreux produits anabolisants ont été saisis. De nombreux comptes bancaires situés à l’étranger sont également sous le coup d’une potentielle confiscation.

Septembre 2016 - aéroport de Roissy : l’interception d’un colis initie l’enquête

L’affaire débute en septembre 2016, avec l’interception, par les douanes de l’aéroport de Roissy, d’un colis contenant des produits anabolisants. En provenance de Thaïlande, celui-ci est destiné à un adepte de la musculation, domicilié dans le Rhône.

L’enquête préliminaire est dans un premier temps confiée à la brigade de recherches de L’Arbresle. Au vu de l’ampleur du trafic et des individus mis en cause, une cellule nationale d’enquête est créée sous l’égide de la Section de recherches (S.R.) de Lyon et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP).

Cette structure d’enquête permet d’identifier plusieurs culturistes lyonnais effectuant l’achat-revente de produits dopants, mais aussi des faits de travail dissimulé et de blanchiment susceptibles d’être imputés au dirigeant d’une importante société lyonnaise spécialisée dans les compléments alimentaires et le sponsoring sportif.

Les enquêteurs constatent par ailleurs qu’une partie du trafic d’anabolisants pourrait être financée par ce même chef d’entreprise.

En outre, alors même que la majeure partie de ses activités se déroule sur le territoire français, le responsable de ce groupe, résidant habituellement à Dubaï, semble organiser l’évasion fiscale de l’ensemble de ses sociétés par l’intermédiaire de deux holdings, domiciliées au Luxembourg.

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Une opération simultanée dans plusieurs départements français et à l’étranger

Au regard du développement de l’enquête, le 6 décembre 2017, le Parquet de Lyon ouvre une information judiciaire à l’encontre des différentes structures incriminées ainsi que du responsable du groupe, pour acquisition, détention, cession ou offre et importation de substances dopantes, d'exécution de travail dissimulé en bande organisée, d'abus de biens sociaux, de blanchiment en bande organisée, de fraude fiscale aggravée et d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit.

Le 9 avril dernier, une vaste opération judiciaire est simultanément lancée dans le Rhône, en région parisienne, à Nice, à Bordeaux, à Mulhouse, en Belgique et au Luxembourg, par la S.R. de Lyon, l'OCLAESP et le Groupe d'intervention régional de Rhône-Alpes (unité réunissant tous les services concernés par la lutte contre l'économie souterraine et les différentes formes de délinquance organisée qui l'accompagnent), avec l’appui des Gendarmes et des policiers du Rhône, de la Drôme, de la Loire, de l'Ain et du Haut Rhin, ainsi que des forces belges et luxembourgeoises.

20 personnes interpellées, 23 perquisitions, 15 mises en examen et 837 533 € identifiés au titre des avoirs criminels, dont 134 000 euros en numéraire

Une vingtaine d'individus impliqués dans les faits sont interpellés, parmi lesquels les dirigeants du groupe et ceux d’un laboratoire situé dans le département du Rhône, ainsi que plusieurs champions de culturisme sponsorisés par ces entités.

23 perquisitions sont conduites, notamment au sein des entreprises du groupe, tant en région lyonnaise qu’à l'étranger, afin de matérialiser les faits de fraude fiscale et de procéder au gel des comptes bancaires. Elles permettent également de saisir près de 134 000 euros en numéraire, ainsi que de nombreux produits anabolisants, dont des stéroïdes et des hormones de croissance. Au total, 857 533 € d’avoirs criminels sont identifiés et deux villas confisquées, pour une valeur de 2 275 000 €.

Présentées devant le magistrat instructeur, quinze des personnes interpellées ont été mises en examen. Deux d’entre elles ont été incarcérées et 13 placées sous contrôle judiciaire.