Enquêtes

Deux sections de recherches démantèlent un vaste réseau criminel spécialisé dans les vols et recels de vols de véhicules

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Les deux équipes de malfaiteurs sont soupçonnées d’avoir volé plusieurs centaines de véhicules utilitaires.
© Sirpa Gend - MAJ. F. Balsamo

Au terme d'une enquête débutée en juillet 2018 par la section de recherches de Marseille, puis menée conjointement avec la section de recherches de Versailles depuis le début de l'année, huit individus ont été interpellés il y a quelques jours. Soupçonnés d'être à l'origine d'un vaste réseau criminel spécialisé dans les vols et recels de vols de véhicules, cinq d’entre eux ont été écroués et trois autres mis en examen. Seize véhicules ont été saisis, ainsi que du matériel permettant de les désosser ou de faciliter leur vol.

C'est une enquête de longue haleine, menée conjointement par deux unités d’enquête gendarmerie distantes près de 800 kilomètres, qui vient d'aboutir, permettant de démanteler deux équipes de malfaiteurs chevronnés, spécialisées dans les vols et recels de vols de véhicules.

Plusieurs dizaines de véhicules utilitaires dérobés en PACA entre 2017 et 2018

Les premiers faits remontent à 2017. Le département des Bouches-du-Rhône est alors touché par une recrudescence de vols de véhicules utilitaires.

Enquêtant d’initiative, avant d'être saisis en juillet 2018 par un magistrat instructeur aixois, les enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Marseille identifient une équipe de malfaiteurs itinérants, implantée dans le secteur d’Istres.

Ses membres sont connus de la justice pour des vols et recels de véhicules. Les utilitaires volés sont systématiquement démontés en vue d’en écouler les pièces détachées en Europe centrale et orientale, avec la complicité de transporteurs polonais. Plusieurs dizaines sont dérobées dans la région PACA entre 2017 et 2018.

Même mode opératoire en région parisienne

Début 2019, les malfaiteurs déplacent leur activité criminelle en région parisienne, plus précisément dans les départements de l’Essonne et des Yvelines. Là, ils opèrent en lien avec une autre équipe déjà implantée sur le secteur.

Les S.R. de Versailles et de Marseille se rapprochent alors pour mener une investigation conjointe, sous la direction du juge d’instruction d’Aix-en- Provence. Le dossier est baptisé « POLKA ».

Les nombreuses surveillances réalisées en région parisienne confirment l'emploi du même mode opératoire que précédemment dans le Sud. Les véhicules volés, parfois jusqu’à trois ou quatre par semaine, sont rapidement désossés dans des ateliers de fortune. Les pièces détachées sont revendues en lots pour plusieurs milliers d’euros à chaque fois.

Les deux équipes sont ainsi soupçonnées d’avoir volé plusieurs centaines de véhicules utilitaires.

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Première opération judiciaire le 11 mai : 5 interpellations

Le 11 mai dernier, les enquêteurs déclenchent une opération judiciaire d’envergure à l’occasion d’un nouveau chargement sur l’un des terrains identifiés, à Leuville-sur-Orge, dans l'Essonne.

Le dispositif mobilise pas moins de 150 gendarmes, comprenant un important dispositif d’observation, renforcé par un hélicoptère de la section aérienne de Vélizy-Villacoublay, ainsi que des militaires du GIGN et de plusieurs unités des groupements de gendarmerie départementale de l’Essonne et des Yvelines.

Quatre malfaiteurs et un chauffeur polonais sont interpellés en flagrant délit.

De très nombreuses pièces d'automobile ainsi que de l’outillage permettant de désosser les véhicules sont découverts lors des perquisitions.

Les enquêteurs spécialisés du Plateau investigations véhicules (PIV), du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN) de Pontoise, confirment qu’au moins cinq véhicules différents, volés très récemment, figurent dans un lot déjà conditionné, sur le point de quitter le territoire national.

Des outils, susceptibles de faciliter le vol rapide d’une large gamme d’utilitaires, sont également découverts, ainsi que trois armes.

Au total, treize véhicules sont saisis afin d'en déterminer la provenance ou pour avoir été utilisés pour commettre les infractions.

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Deuxième vague d'interpellations le 15 mai

Le 15 mai, une seconde opération est déclenchée par les enquêteurs dans les Yvelines et dans l’Essonne, avec l’appui du GIGN et de plusieurs pelotons de surveillance et d’intervention gendarmerie, soit une centaine de gendarmes. Trois membres de la seconde équipe de malfaiteurs sont interpellés. Là encore, de nombreuses pièces de véhicules utilitaires sont découvertes lors des perquisitions et trois véhicules sont saisis.

Cinq mises sous écrou et trois mises en examen

Cinq des malfaiteurs interpellés ont été écroués et trois autres mis en examen pour association de malfaiteurs, vols et recels en bande organisée. Ils encourent jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle et jusqu’à 30 ans pour ceux qui sont en situation de récidive.