Enquêtes

Interpellation en Alsace après plus de 900 véhicules endommagés

Auteur : la capitaine Sophie Bernard avec la SR de Strasbourg - publié le
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Photo d'illustration
© MI/DICOM/J.GROISARD

Le long travail d’enquête de la Section de recherches (S.R.) de Strasbourg, conduit avec le concours des unités locales de la compagnie de gendarmerie de Sélestat, a permis d’interpeller un homme suspecté d’être à l’origine de dégradations et de destructions ayant touché plus de 900 véhicules, depuis 2013, dans le centre de l’Alsace.

Cela faisait bientôt six ans que les habitants du centre de la région Alsace, principalement entre Sélestat et Colmar, subissaient des séries de dégradations sur leurs véhicules. La manière d’opérer était toujours la même : il crevait les quatre pneumatiques à l’aide d’un objet tranchant, puis brisait l’une des vitres pour incendier le véhicule. Le plus souvent, il ciblait des véhicules légers situés en périphérie des communes.

Problème pour les enquêteurs : le passage à l’acte s’avère en réalité complètement aléatoire, dans l’espace et dans le temps. Ainsi, les premiers faits remontent au mois de décembre 2013, avant de cesser et de reprendre en 2015. En outre, cette année-là, plusieurs incendies d’autobus sont également constatés, y compris en ville, déroutant les enquêteurs. Deux commissions rogatoires sont délivrées par le Tribunal de grande instance de Colmar mais n’aboutissent à aucun résultat.

Alors que les faits reprennent de plus belle début 2017, la S.R. de Strasbourg est saisie et un groupe de travail régional est créé. Celui-ci centralise et dirige les investigations, tout en s’appuyant sur les unités locales de la compagnie de gendarmerie de Sélestat, pour effectuer des contrôles de zone et assurer les premiers actes d’enquête.

Après plus d’un an sans méfait, de nouvelles vagues de dégradations ont lieu fin 2018 et début 2019. Les dispositifs de surveillance et les rapprochements opérés permettent alors de détecter un véhicule présent sur les lieux des faits. Les crevaisons et les incendies de véhicules légers et d’autobus constatés durant cet été et à la rentrée confirment les soupçons des enquêteurs quant au propriétaire de cette voiture.

Le 12 novembre dernier, le suspect, un homme âgé de 33 ans, et sa femme, complice potentielle, sont interpellés à Dambach (67) et placés en garde à vue.

Après la dégradation, voire la destruction, de plus de 900 véhicules, ayant occasionné un préjudice de 8,5 millions d’euros et touché plusieurs centaines de victimes, la ténacité des enquêteurs a fini par payer ! En effet, après avoir reconnu une trentaine de faits, l’homme a expliqué que c’était un moyen pour lui de régler ses conflits. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire, tandis que les investigations se poursuivent pour faire la lumière sur toute cette affaire.