Enquêtes

Un trafiquant d’animaux sauvages interpellé dans le Var

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Informés fin avril d’un trafic d’animaux sauvages, il n’a fallu qu’une semaine aux enquêteurs de l’Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique pour mettre fin aux agissements du suspect. Lors des perquisitions effectuées à son domicile, dans le Var, et chez sa mère, en Moselle, les gendarmes ont découvert un bébé tigre, quatre phalangers volants et neuf reptiles détenus illégalement.

Un homme soupçonné de se livrer à un trafic d’animaux sauvages a été interpellé dans le Var par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP), appuyés par les militaires du groupement de gendarmerie départementale du Var.

Informé fin avril dernier, d’une escroquerie relative à la vente illégale de lémuriens, l’OCLAESP se lance sur la piste du vendeur, qui aurait encaissé la somme de 17 000 euros sans pour autant avoir « livré » ces petits primates originaires de Madagascar à leur acheteur.

Les enquêteurs identifient un homme d’une trentaine d’années, domicilié en Moselle, qui serait impliqué dans des activités douteuses en lien avec le monde animalier. Celui-ci est défavorablement connu des services, notamment pour escroquerie.

Rapidement, les gendarmes remontent sa piste jusqu’à Brignoles, dans le Var. Une vaste opération judiciaire est simultanément lancée le 1er mai dernier, dans le Var et en Moselle, avec l’appui des groupements de gendarmerie locaux.

Un bébé tigre blanc, quatre phalangers volants, des serpents...

Lors des perquisitions effectuées au domicile du suspect, à Brignoles, les gendarmes découvrent un bébé tigre blanc, tandis qu’en Moselle, au domicile de sa mère, ils trouvent quatre phalangers volants, de petits marsupiaux, notamment originaires de la Nouvelle-Guinée et de la côte est de l’Australie, ainsi que neuf serpents, dont deux pythons royaux. Des animaux sauvages détenus en toute illégalité.

Pour mémoire, en France, il est en principe interdit de détenir un animal sauvage. Cela devient néanmoins possible sous certaines conditions. Concernant les espèces protégées, dangereuses, fragiles en captivité, pouvant porter atteinte à l'environnement, le Code de l’environnement stipule qu’un propriétaire doit détenir un certificat de capacité et une autorisation préfectorale d’ouverture d’établissement, qu’il s’agisse du domicile d’un particulier ou non, et que l’animal soit exposé ou non au public. L’équipement des locaux doit par ailleurs répondre à des normes de sécurité pour les animaux et pour autrui, et garantir le bien-être de l'animal. Les contrevenants s’exposent à un an d’emprisonnement et à 15 000 euros d’amende.

L’OCLAESP a également saisi un toucan congelé, certainement à destination d’un taxidermiste.

Par ailleurs, en incidente, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage a saisi six tortues d’Hermann, deux tortues grecques et un perroquet gris du Gabon.

Présenté devant le juge, le mis en cause a été incarcéré dans le cadre d’une précédente condamnation à 8 mois de prison ferme pour escroquerie.

L’enquête préliminaire de l’OCLAESP se poursuit.

Les animaux recueillis par les gendarmes lors de l’opération judiciaire ont été placés au parc zoologique de la Barben, dans les Bouches-du-Rhône.