Enquêtes

Ain : les auteurs d’un double braquage interpellés

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
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© MI DICOM - J. ROCHA

« Deux fois valent mieux qu’une ». Pas sûr que ce dicton s’applique aux auteurs des deux vols à main armée commis dans une supérette de l’Ain début septembre. Si lors de leur premier braquage, ils n’avaient visiblement laissé aucune trace, ce ne fut pas le cas lors de leur deuxième passage, quelques jours plus tard. L’ absence manifeste d’expérience des voleurs a facilité la tâche des gendarmes de la compagnie de Belley, qui ont rapidement pu les identifier et les remettre aux mains de la justice, évitant ainsi la poursuite de leur périple.

Le 1er septembre dernier, aux alentours de 10 heures, les personnels d’une supérette de Tenay sont braqués par deux individus armés. Ces derniers emportent quelques bouteilles d’alcool et 400 euros, avant de se sauver rapidement dans un véhicule dont la plaque d’immatriculation est masquée. Sans tarder, les victimes appellent les gendarmes. À l’aide d’une description du véhicule, la brigade motorisée tente de l’intercepter, mais sans succès. Dans le même temps, les militaires de la Communauté de brigades (COB) d’Ambérieu-en-Bugey se rendent directement sur le lieu de la commission des faits, accompagnés des enquêteurs de la Brigade de recherches (B.R.). La cellule d’identification criminelle du groupement de gendarmerie de l’Ain les rejoint sur place, afin de faire quelques prélèvements sur des objets manipulés par les auteurs. Aucun élément n’est toutefois exploitable. Mais c’était sans compter sur le retour des deux compères quelques jours plus tard !

Un retour fatal

Deux jours seulement après leur premier braquage, les voleurs reviennent sur les lieux et menacent de nouveau le personnel de la supérette avec une arme. Avec quelques bouteilles d’alcool et 300 euros en poche, ils repartent de nouveau au volant de leur voiture… dont la plaque n’est, cette fois-ci, pas masquée ! Excès de confiance ou inattention, celle-ci est relevée par les victimes, qui prennent également une photo de l’un des individus. Des éléments déterminants que les gendarmes n’avaient pas eu la première fois. La consultation du fichier d’immatriculation des véhicules permet d’identifier l’un des braqueurs et d’obtenir son adresse. Sans attendre, un dispositif de surveillance en tenue civile est mis en place autour du domicile par la brigade et le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG). Mais les individus ne pointeront pas le bout de leur nez.

Une information inattendue

« On ne choisit pas sa famille », c’est ce qu’a dû regretter l’un des braqueurs ! Contre toute attente, samedi 5 septembre, l’un de ses proches se rend à la gendarmerie pour signaler la présence chez lui des deux compagnons. Ces derniers se sont en effet vantés le matin même d’être les auteurs des faits relatés dans la presse. À 16 heures, ils sont repérés par des militaires en tenue civile au niveau d’un terrain de pétanque. Immédiatement, sous l’autorité du commandant de compagnie, un dispositif comprenant cinq militaires du PSIG, huit de la COB et un de la B.R. est mis en place. À 17 h 15, les deux individus sont interpellés et placés en garde à vue. Dans la foulée, le véhicule et le domicile sont perquisitionnés par les enquêteurs. La tenue portée par l’un des braqueurs le jour des faits est intégralement retrouvée, mais pas l’arme.

Une motivation stupéfiante

Lors de leurs auditions, les mis en cause avouent avoir enterré l’arme au monastère royal de Brou. Il s’agit en réalité d’une arme factice, de type Airsoft, mais dont l’apparence est trompeuse.

Les gardes à vue se poursuivent jusqu’au lundi matin. À l’issue, les auteurs présumés sont présentés devant le procureur de la République, puis jugés en comparution immédiate dans l’après-midi. Devant le tribunal correctionnel, les deux individus ne nient pas les faits. Ils ont respectivement 20 et 32 ans, sont au chômage et avaient besoin d’argent pour acheter de la cocaïne. L’idée de braquer une supérette leur est alors venue naturellement. Ils avouent même qu’ils auraient continué s’ils n’avaient pas été arrêtés. Pour leurs délits, ils sont condamnés à une peine de quatre mois de prison, dont deux avec sursis, assortie d’une obligation de soins et de travail, d’une interdiction de pénétrer sur la commune de Tenay et de l’indemnisation des victimes.