Enquêtes

Attaques de DAB en série : quatre suspects sous les verrous dans l'Hérault

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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© S.R. de Montpellier

Au terme d'une enquête conduite par la section de recherches de Montpellier, l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante et les compagnies de gendarmerie de Béziers et de Pézenas, une équipe de malfaiteurs spécialisée dans l'attaque de DAB a été interpellée les 15 et 16 décembre. Les quatre suspects ont été mis en examen et écroués.

Les 15 et 16 décembre derniers, quatre hommes ont été successivement interpellés dans l'Hérault et dans les Bouches-du-Rhône, dans le cadre d'une enquête conduite depuis moins de six mois pour rechercher les auteurs de multiples attaques de Distributeurs automatiques de billets (DAB).

Attaques de DAB en série

L'affaire débute le 18 juin dernier, lorsque le DAB d'une banque de Marseillan-Plage, dans l'Hérault, est victime d'une attaque à l’explosif gazeux, perpétrée par plusieurs malfaiteurs. Le préjudice global dépasse 100 000 €, dont 75 000 € en billets. Le 5 août, un autre DAB est de nouveau pris pour cible, cette fois à Montady. Les malfaiteurs ne repartent qu'avec un maigre butin, mais leur attaque cause d’importants dégâts matériels.

Une information judiciaire est alors ouverte, sous l'égide d'un magistrat instructeur du tribunal judiciaire de Béziers. Saisie des faits, la gendarmerie met en place une cellule nationale d’enquête réunissant des personnels de la Section de recherches (S.R.) de Montpellier, de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) et des compagnies de gendarmerie de Béziers et de Pézenas.

Les malfaiteurs refont surface le 13 octobre, s'en prenant cette fois à deux DAB sur les communes de Claira, dans les Pyrénées-Orientales, et de Thézan-les-Béziers, dans l'Hérault. Leurs tentatives d'effraction successives n'aboutissent pas et les auteurs repartent bredouilles, non sans avoir causé d’importants dégâts sur les deux établissements bancaires.

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170 000 euros de préjudice

Au regard des rapprochements réalisés entre les différentes attaques, « ces trois périples étaient susceptibles d'être imputés à la même équipe », indique, dans un communiqué, Raphaël Balland, procureur de la République près le tribunal judiciaire de Béziers. Le mode opératoire est en effet rodé : les malfaiteurs utilisent des véhicules volés de grosse cylindrée, qui sont ensuite retrouvés incendiés.

Le préjudice global (argent et dégâts matériels) de l'ensemble des faits est estimé à 170 000 €.
Les nombreuses et complexes investigations permettent aux gendarmes d'identifier quatre suspects : « des hommes âgés de 29 à 57 ans, déjà bien connus de la justice, (...) et implantés dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et en Savoie », poursuit le procureur.

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Interpellations avant un nouveau passage à l'acte

Début décembre, les enquêteurs détectent que l'équipe semble se préparer à passer de nouveau à l'action. Cette fois, les malfaiteurs s'apprêteraient à s'en prendre à des commerçants, afin de dérober les recettes de Noël. « Après avoir ciblé différentes victimes potentielles, dont un directeur de grande surface, les suspects semblaient s’intéresser à un négociant en bijoux de l’Hérault », précise le communiqué du procureur de la République.

Le 15 décembre, l’antenne GIGN d’Orange interpelle deux des suspects en flagrance, à Frontignan, alors qu'ils semblent surveiller leur cible avant de passer à l’acte. Un troisième suspect est interpellé dans la foulée à Sérignan.

Le lendemain matin, un important dispositif est déployé au « Ruisseau Mirabeau », à Marseille, pour procéder, en sécurité, à l'interpellation du dernier suspect. Les enquêteurs bénéficient en effet de l'appui d'un hélicoptère des forces aériennes de gendarmerie, des militaires de l'escadron de gendarmerie mobile d'Orange et des Pelotons de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) d’Arles et d'Istres, ainsi que des personnels de deux sections de CRS et d'effectifs de la DDSP 13.

Lors des différentes perquisitions, de nombreux éléments susceptibles d'être en lien avec les faits reprochés sont retrouvés, « notamment des lots de matériels susceptibles de faire exploser des DAB », souligne le procureur.

Les quatre suspects écroués

Présentés au magistrat instructeur le 17 décembre, les quatre suspects ont été mis en examen pour crime de vols en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes. Au total, 22 infractions leur sont imputées. Seul un des mis en cause a reconnu sa participation pour un seul de ces faits, indique le communiqué.

Les quatre individus ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Béziers.