Enquêtes

Centre-Val-de-Loire : démantèlement d’un réseau de vols à la roulotte sur les aires d’autoroute

Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le
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© Section de recherches d’Orléans

Durant la nuit du 30 novembre au 1er décembre dernier, les militaires de la section de recherches d’Orléans, appuyés par des unités d’intervention de la gendarmerie d’Île-de-France, ont mis fin aux agissements d’une bande organisée soupçonnée d’avoir commis de multiples vols sur les aires d’autoroute. Au total, 10 personnes ont été interpellées.

Au mois d’août dernier, la gendarmerie du Centre-Val-de-Loire constate une augmentation importante du nombre de vols à la roulotte sur les aires de l’autoroute A10, dans les départements de l’Eure-et-Loir, du Loiret, du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire. Face à cette recrudescence, en septembre, une enquête préliminaire est diligentée par la Section de recherches (S.R.) d’Orléans et les unités de sécurité routière de la gendarmerie départementale du Loiret, sous la direction du parquet du Tribunal judiciaire d’Orléans. Un mois plus tard, le 16 octobre, une information judiciaire est ouverte pour association de malfaiteurs, vols en bande organisée et recels.

Un mode opératoire bien rodé

Après près de trois mois d’investigations, un groupe criminel organisé est identifié. Structuré en quatre équipes, constituées pour l’essentiel d’étrangers en situation irrégulière, il réalise des raids nocturnes selon un mode opératoire bien rodé. Depuis une base de départ à l’est de Paris, les auteurs se déplacent jusqu’à 300 km sur l’A10 vers Tours, l’A6 vers Auxerre, l’A4 vers Reims ou l’A1 vers Lille, avant de revenir à leur point de départ.

Des allers-retours durant lesquels ils écument les aires de repos dans les deux sens de circulation. Les vols sont perpétrés en pleine nuit, sans effraction, et le plus souvent sans violence. Ils sont commis directement dans l’habitacle des camions, ou plus rarement dans celui de véhicules particuliers, en présence de conducteurs souvent endormis.

Les objets les plus dérobés sont principalement les téléphones portables, les équipements numériques et le contenu des portefeuilles (cartes bleues, argent liquide et documents d’identité). Durant l’enquête, un receleur est également identifié comme étant chargé de collecter et de blanchir les biens numériques et informatiques dérobés, avant de les revendre.

Dix personnes interpellées

Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre dernier, les unités d’intervention de la gendarmerie (pelotons de surveillance et d’intervention d’Orléans, de Tours, de Melun, peloton d’intervention de la garde républicaine) et le Groupe d’observation et de surveillance (GOS) d’Orléans ont procédé aux interpellations.

Deux des quatre équipes de malfaiteurs ont été prises en flagrant délit. L’une sur l’aire de Limours, à Janvry (91), et l’autre en sortie de l’A3, à Bobigny (93). Parmi les six personnes interpellées, l’une fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen délivré par les autorités belges. Simultanément, quatre autres membres du réseau criminel ont été interpellés à leur domicile, à Paris et à Tours. Présentés devant le tribunal jeudi 3 et vendredi 4 décembre, neuf d’entre eux ont été mis en examen, dont sept placés en détention provisoire et deux sous contrôle judiciaire. Le dernier a été placé sous le statut de témoin assisté.

Dans cette affaire, les véhicules ciblés par les vols n’étaient pas verrouillés. Par précaution, et afin de limiter ces actes malveillants, la gendarmerie du Centre-Val-de-Loire rappelle aux usagers des aires d’autoroute toute l’importance de verrouiller systématiquement les portes des véhicules lors des stationnements nocturnes.