Enquêtes

Corse : grande mobilisation pour retrouver un homme dans le maquis

Auteur : Antoine Faure - publié le
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D’importants moyens ont été déployés en fin de semaine dernière dans la région d’Ajaccio, afin de rechercher un homme porté disparu qui sera retrouvé, in fine, sain et sauf.

La cueillette des champignons peut sembler une activité sans danger, mais, quand on la pratique dans le maquis corse, mieux vaut prendre ses précautions. Ange en a fait l’amère expérience la semaine dernière. Parti en début d’après-midi, ce jeudi 22 octobre, chercher quelques girolles ou pieds-de-mouton, l’homme de 59 ans n’est pas rentré chez lui. Les derniers témoins l’ont croisé vers 16h45.

Inquiète, sa famille part à sa recherche en fin de journée, et découvre son véhicule, dans le village de Bastelica. Après l’avoir cherché un moment, ils décident d’alerter la gendarmerie. Les recherches débutent dès le lever du jour le lendemain matin. D'importants moyens sont déployés : les gendarmes départementaux et mobiles de la compagnie de gendarmerie départementale d’Ajaccio ont notamment été renforcés par des réservistes, les sapeurs pompiers, les hommes du Peloton de gendarmerie de de haute montagne, des équipes cynophiles de la gendarmerie et des pompiers, ainsi que 150 civils volontaires.

L’équipe cynophile de la gendarmerie suit une première piste qui s’arrête rapidement. Un chien de quête des sapeurs pompiers prend alors le relais. Ce dernier a la particularité de pouvoir renifler n’importe quel être vivant, sans suivre d’odeur particulière. Sans plus de succès…

Un Saint-Hubert débarque du continent

« Nous avons alors décidé de passer un message sur les réseaux sociaux pour trouver des volontaires, afin de ratisser le secteur, rapporte la cheffe d’escadron (CEN) Sabrina Perrault, qui commande la compagnie de gendarmerie départementale (CGD) d’Ajaccio. Une cinquantaine de personnes ont répondu présent. » Les hommes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) d’Ajaccio survolent également le maquis en hélicoptère pour trouver la trace du disparu.

Les recherches vont ainsi durer jusqu’à la tombée de la nuit. Les gendarmes départementaux resteront sur zone jusqu’à 2 heures du matin, avant de laisser la place aux pompiers, accompagnés de quatre chiens de quête et équipés de drones avec caméras thermiques. Mais Ange reste introuvable.

Le samedi matin, un nouveau chien entre en action. Un Saint-Hubert, race réputée pour son flair exceptionnel, débarque en hélicoptère sur l’Île de Beauté avec son maître-chien, en provenance de Pierrelatte, dans la Drome. Il trouve rapidement une nouvelle piste, qui s’arrête brutalement à un endroit relativement proche de celui où se situe le véhicule d’Ange. À 14 heures, ce sont plus d’une centaine de volontaires qui vont cette fois se mobilier pour passer au peigne fin une zone de 2 kilomètres de long sur 2 kilomètres de large.

La nuit tombe à nouveau sur la Corse et l’inquiétude monte encore d’un cran. « Le dimanche matin, nous laissons le Saint-Hubert et son maître chien opérer seuls, pour ne pas perturber le flair de l’animal, poursuit la CEN Perrault. Et nous décidons de commencer parallèlement une enquête d’environnement sur la personne recherchée, afin de savoir si elle a pu être éventuellement victime d’un acte malveillant. »

« Mon père est avec moi »

Le chien va alors suivre une autre piste menant à un endroit escarpé où les risques de chute sont importants. « À ce moment-là, on commence à ne plus croire qu’on puisse le retrouver vivant », reconnaît la commandante de compagnie. Le chien arrête ses recherches vers 11h. Une demi-heure plus tard, les gendarmes reçoivent un appel du fils d’Ange : « Mon père est avec moi ! »

Il s’était aventuré dans le maquis et, surpris par la nuit, n’avait pas su rebrousser chemin. Trois jours et trois nuits plus tard, il a été retrouvé sain et sauf à plusieurs kilomètres du lieu de sa disparition. On ignore si, malgré tout, la cueillette de champignons fut bonne.