Enquêtes

Côtes-d’Armor : 10 ans de prison ferme pour la tête de réseau d’un trafic de drogue

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© Gendarmerie nationale

Le couperet est tombé, le 2 octobre dernier, pour les trafiquants qui opéraient dans la région briochine : dix ans de prison ferme pour la tête de réseau et quatre ans, dont un avec sursis, pour son bras droit. C’est à la suite d’une overdose mortelle constatée en janvier dernier, que la Brigade de recherches (B.R.) de Saint-Brieuc a remonté la trace des différents protagonistes.

Si le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a souhaité mettre l’accent sur la nécessaire lutte contre les stupéfiants, c’est parce que, au-delà de l’enjeu sécuritaire, certains semblent oublier que l’addiction peut conduire à une fin tragique !

Une overdose mortelle

Comme le 8 janvier dernier, lorsqu’un jeune homme de 24 ans est retrouvé mort, à son domicile, dans la commune d’Yffiniac (22). Très vite, la piste de l’overdose est privilégiée. Les investigations menées par les gendarmes de la Brigade de recherches (B.R.) de Saint-Brieuc mettent en évidence l’existence d’un réseau structuré, écoulant des stupéfiants dans la région.

Les observations, surveillances et écoutes téléphoniques permettent d’identifier les rôles de chacun des auteurs et de matérialiser les faits. L’homme à la tête du réseau est déjà connu de la justice pour des faits similaires. Son principal complice fait office de chauffeur, stocke la drogue chez lui et récupère l’argent des revendeurs en l’absence de son patron.

Un commerce qui peut rapporter gros

Après neuf mois d’enquête, une opération judiciaire est lancée, le 29 septembre dernier, permettant aux gendarmes d’interpeller dix personnes au total, à Saint-Brieuc, Loudéac, Binic (22) et Brest (29). Dans le cadre des perquisitions, les militaires découvrent près de 1 500 euros en numéraire, 1 kg d’héroïne, 482 grammes d’herbe de cannabis, 150 grammes de résine, 138 grammes de speed, un fusil à canon scié calibre 12, un pistolet d’alarme chargé et un pistolet gomme cogne. Par ailleurs, six véhicules sont saisis au titre des avoirs criminels.

Si la crise sanitaire est passée par là, ce commerce de stupéfiants ne semble pas en avoir pâti, bien au contraire : sur la seule durée de l’enquête, les investigations révèlent que les trafiquants ont écoulé près de 8 kg d’héroïne et 3 kg d’amphétamines, soit un profit estimé à près de 110 000 euros !

Passage par la case prison

À l’issue des gardes à vue, le 2 octobre dernier, huit des individus ont été déférés devant le tribunal de Saint-Brieuc. Le chef de réseau et son homme de main ont été présentés en comparution immédiate. Le premier, âgé de 47 ans et multirécidiviste, a écopé de dix ans de prison ferme. Expliquant avoir commencé à prendre de l’héroïne en prison, il a nié avoir forcé la main aux revendeurs toxicomanes. Son bras droit, pour sa part, s’est vu infliger quatre ans de prison, dont un avec sursis. Il a rencontré le chef du réseau en avril 2018 et s’est mis à travailler pour lui, celui-ci ayant épongé ses dettes liées à sa consommation de cocaïne et de speed.

Les six autres personnes ont été jugées la veille en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Condamnées à des peines allant de trois à trente mois d’emprisonnement, quatre d’entre elles ont été placées immédiatement en détention.