Enquêtes

Démantèlement d’un trafic d’ice entre la Polynésie française et Hawaii

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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Après plusieurs mois d’enquête sur un trafic de méthamphétamine importée des États-Unis vers Tahiti, le travail de la Section de recherches (S.R.) de Papeete a payé : une opération judiciaire d’envergure, menée le 22 septembre dernier, a conduit à l’interpellation de treize individus.

Hawaii, Tahiti, derrière les paysages paradisiaques qui vous viennent tout de suite en tête se cache en réalité une sombre histoire de criminalité organisée !

En décembre 2019, partant de renseignements recueillis par la brigade de Bora-Bora, les gendarmes de la section de recherches de Papeete, appuyés par le Groupe Interministériel de Recherches (GIR) et par les brigades de Bora-Bora, Raiatea et de Tuamotu-centre, mettent à jour un réseau criminel spécialisé dans l’importation d’ice entre l’archipel américain et la Polynésie française. La méthamphétamine en cristaux se présente sous la forme de glace pilée d’où le nom « ice ». Cette drogue de synthèse, particulièrement addictive, arriverait par voie postale ou aérienne (dans des bagages ou à travers des « mules »), puis serait stockée chez différentes « nourrices » réparties sur les îles.

Du cristal qui vaut de l’or

Dès le mois de février, une information judiciaire est ouverte et une cellule d’enquête est créée, en lien avec la sous-direction de la police judiciaire de la direction générale de la gendarmerie nationale, afin de déterminer l’ampleur du trafic et d’identifier les différents protagonistes. Les techniques d’observation et de surveillance permettent aux enquêteurs de remonter le réseau jusqu’aux principaux trafiquants. Les investigations financières démontrent que le cristal vaut de l’or puisque, à elle seule, la dernière importation de drogue aurait rapporté près de 1 260 000 euros de profits aux malfaiteurs !

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Après plus de neuf mois d’enquête, une importante opération judiciaire est lancée, le 22 septembre dernier, sur Tahiti, Bora-Bora et Raiatea. Près de soixante militaires, issus de la S.R., du GIR, des compagnies locales, de l’antenne GIGN et des équipes cynophiles, sont mobilisés pour l’occasion. Treize individus sont interpellés parmi lesquels se trouvent la tête du réseau, ses deux bras droits, des grossistes, des revendeurs et des « mules ».

Le trafic lucratif ayant généré des million d’euros, les gendarmes réalisent de nombreuses saisies de biens achetés avec l’argent sale : des voitures, des motos, des bateaux, des scooters des mers, ou encore des engins de chantier. Ils appréhendent également près de 300 000 euros d’avoirs criminels entre les comptes bancaires et le numéraire retrouvé sur place.

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Huit personnes écrouées

À l’issue de leurs gardes à vue, entre le 23 et le 26 septembre derniers, douze des treize personnes interpellées sont présentées devant le juge d’instruction du tribunal de Papeete. Ces individus sont mis en examen pour de multiples infractions liées au trafic de stupéfiant, association de malfaiteurs et blanchiment d’argent. Huit d’entre eux font l’objet d’une incarcération tandis que les quatre autres sont placés sous contrôle judiciaire.