Enquêtes

Enquête hors norme après la découverte d’un cadavre découpé dans le Perche

auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
© GGD Eure et Loire

Alors qu’un cadavre est découvert, mercredi 26 février, découpé en morceaux, près d’une rivière dans le Perche, les différents moyens déployés par la gendarmerie ont permis d’identifier très rapidement la victime de ce crime et de désigner un suspect.

C’est une vision d’horreur qui a heurté les automobilistes et les promeneurs qui passaient, le 26 février dernier, près de la D30, dans l’Eure-et-Loir ! Les gendarmes sont d’abord contactés, en début d’après-midi, par un premier témoin qui a fait une découverte macabre : un tronc et ses jambes gisent entre la route départementale et une rivière aux Autels-Villevillon (28).

Les militaires du groupement d’Eure-et-Loir se déplacent immédiatement sur les lieux, rejoints par le magistrat de permanence. L’enquête, dirigée par le Parquet de Chartres, est confiée à la Section de recherches (S.R.) d’Orléans et à la brigade de recherches de Nogent-le-Rotrou.

Le technicien en identification criminelle eurélien, accompagné d’un médecin légiste, effectue les premières constatations, qui vont se poursuivre avec la découverte, peu de temps après, d’une tête et deux bras, à 300 mètres de la découverte initiale.

Des moyens d’ampleur

Afin d’identifier au plus vite la victime et le suspect potentiel du crime, la gendarmerie engage un nombre important de personnels dans diverses spécialités : des plongeurs de la brigade fluviale de gendarmerie de Saint-Pierre-des-Corps (37), des experts en génétique de l’Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale, établi à Pontoise (95). Du côté de l'Eure-et-Loir, une quarantaine de militaires sont mobilisés, dont deux techniciens de la cellule d'identification criminelle, deux enquêteurs de la cellule d'appui judiciaire, un analyste criminel de la brigade départementale de renseignements et d'investigations judiciaires, un enquêteur de la section opérationnelle de lutte contre les cybermenaces, ainsi qu'une équipe cynophile de la compagnie de Dreux.

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Ce travail d’investigation collectif, faisant appel à la complémentarité et à la subsidiarité de l’Institution, permet de rapidement mettre un nom sur ce corps découpé et de collecter, en seulement quelques jours, un faisceau d’indices.

Un couvreur de la commune

Les premières constatations révèlent que la victime est un homme âgé de 38 ans, exerçant comme couvreur et résidant aux Autels-Villevillon, à quelques centaines de mètres seulement de la scène de crime. Père de trois enfants, il est décrit par ses anciens employeurs comme un ouvrier modèle, ayant œuvré pendant plus d’une vingtaine d’années dans l’entreprise de charpente locale.

L’examen de son corps montre plusieurs entailles au niveau du dos et de l’abdomen, semblant provenir de coups de couteau. Néanmoins, d’après l’autopsie et les impacts de plombs, la mort aurait été causée par des tirs d’arme à feu au visage, au cou et au thorax. La découpe du corps aurait, quant à elle, été réalisée post mortem, potentiellement à l’aide d’une scie.

Le voisin suspect

Alors que l’enquête de flagrance progresse à grand pas, les gendarmes entendent les voisins de la victime. Très vite, ils s’intéressent plus particulièrement à l’un d’entre eux, ayant fait régulièrement appel au couvreur pour de petits travaux. L’homme aurait déjà eu plusieurs altercations avec la victime.

En perquisitionnant chez ce septuagénaire, les gendarmes découvrent des fusils de chasse et un étui de cartouche vide jeté à la poubelle. Par ailleurs, ils retrouvent du sang dans son jardin ainsi qu’un morceau de chair sur le pare-chocs de son véhicule. Les analyses ADN, effectuées par les experts scientifiques de la gendarmerie, démontrent qu’il s’agit bien de traces provenant de la victime.

À l’issue de sa garde à vue, l’homme est mis en examen pour meurtre et atteinte à l’intégrité du cadavre, le temps de l’information judiciaire, qui devrait permettre de déterminer les circonstances exactes du crime et le rôle tenu par le suspect.

Le procureur de la République de Chartres a d’ores et déjà félicité l’ensemble des acteurs mobilisés et salué leur efficacité dans cette enquête complexe hors norme, dont le travail investigatif de terrain, associé aux résultats criminalistiques, qui se sont révélés déterminants, ont permis d’aboutir en quelques jours seulement au placement en détention provisoire du suspect.