Enquêtes

Fin de voyage pour une équipe de cambrioleurs roumains qui sillonnait la France

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Photo d'illustration.
© Gendarmerie nationale

Après deux ans d'enquête, la section de recherches de Caen et l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante, appuyés par les unités de la compagnie de Caen et les services de police roumains, ont démantelé un groupe criminel organisé itinérant roumain, soupçonné d'avoir commis une longue série de cambriolages sur l’ensemble du territoire national, au préjudice de cabinets de géomètres. Les quatre suspects interpellés en novembre dernier en Roumanie seront prochainement extradés en France pour y être jugés.

Après deux ans d'investigations, les enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Caen, de l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), de la compagnie de Caen et des services de police roumains, ont mis fin aux agissements d'une équipe criminelle roumaine, spécialisée dans les cambriolages sériels au préjudice d’établissements de géomètres.

Compagnie, S.R. et OCLDI mènent l'enquête

Si ce groupe criminel itinérant sévissait sur l’ensemble du territoire national, c'est dans le Calvados que le phénomène est détecté par les gendarmes à l'automne 2018, après un cambriolage commis, le 9 septembre, sur la commune de Verson, au sein d'une société spécialisée dans l’étude et l’ingénierie des sols. Le préjudice est estimé à plus de 200 000 euros.

Vingt-quatre heures plus tard, à 200 kilomètres de là, cette fois dans l'Ille-et-Vilaine, sur la commune de Bain-de-Bretagne, une autre société travaillant dans le même secteur d'activité se fait elle aussi dérober du matériel dédié aux travaux de géomètre et à l'analyse des sols.

En deux jours, les cambrioleurs emportent ainsi plus de 260 000 euros d’équipement professionnel.

Au regard de la similarité entre les deux affaires, une enquête préliminaire, sous la direction du parquet de Rennes, est confiée à la S.R. de Caen et à l'OCLDI, qui bénéficient de l'appui actif des unités de la compagnie de Caen (brigade de recherches et communauté de brigades d'Évrecy).

Les gendarmes matérialisent rapidement le rapprochement entre les deux faits, notamment grâce à un travail de téléphonie fructueux. Ils identifient un premier individu, puis très vite un deuxième, tous deux ressortissants roumains, connus pour des faits similaires.

Dix-huit cambriolages pour un préjudice de 1 500 000 euros

Le mode opératoire des auteurs se dessine au fil de l'enquête. Les deux ressortissants roumains sont en effet soupçonnés de venir régulièrement en France par voie aérienne, pour des séjours de trois à quinze jours, afin de commettre leurs périples criminels. Pour ce faire, ils se procurent un véhicule à bas prix à leur descente d'avion, lequel leur servira également à regagner leur pays avec le fruit de leurs cambriolages. Le matériel dérobé dans les cabinets de géomètres est alors revendu via les réseaux sociaux, avec l’aide de leurs proches.

Les rapprochements et recoupements effectués permettent progressivement d'imputer à cette équipe un total de dix-huit cambriolages, commis sur l’ensemble du territoire national. Les derniers faits sont commis les 11 et 12 octobre dans le Loiret.

Le préjudice total s'élève à près de 1 500 000 euros.

Coopération franco-roumaine : quatre interpellations et 13 perquisitions

L'évolution de l'enquête nécessite la mise en œuvre d'une coopération internationale avec les autorités roumaines, sous l'égide d'Eurojust. Une équipe commune d'enquête est constituée entre les deux pays, la Roumanie traitant la filière de recel.

Le 12 novembre, les autorités judiciaires des deux pays donnent leur feu vert pour le déclenchement d'une vaste opération d’interpellations en Roumanie.

Les principaux suspects, deux hommes de 32 et 43 ans, et leurs complices, deux femmes âgées de 37 et 62 ans, qui ne sont autre que la mère et la compagne de l'un des protagonistes, sont interpellés dans la région de Ploiesti, par la police roumaine, en présence de gendarmes de la S.R. de Caen.

Dans le même temps, les services d'enquête roumains, toujours en présence d'enquêteurs français, réalisent treize perquisitions en divers points du territoire, au domicile de receleurs, où ils retrouvent de nombreux matériels dérobés en France.

Faisant l’objet de mandats d’arrêt européens émis par le magistrat instructeur français, les quatre personnes interpellées ont été présentées devant le procureur de Ploiesti et placées en détention provisoire dans l'attente de leur extradition prochaine vers la France pour y être jugées.