Enquêtes

Finistère : trois interpellations après des tags anti-forces de l'ordre

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© D.R.

Au printemps 2019, des tags haineux visant les forces de l’ordre avaient été constatés sur les murs de la gendarmerie de Landivisiau. Après plus d’un an d’enquête, les gendarmes ont interpellé trois suspects, issus de la mouvance ultra-gauche, qui ont reconnu les faits.

Le matin du 22 avril 2019, les gendarmes de la brigade de Landivisiau découvrent des inscriptions aux messages explicites sur la façade de leur unité : « Suicidez-vous », « Flics suicidés à moitié pardonnés », « La police vous protège sa (sic) crève les yeux », « ACAB » (pour « all cops are bastards », signifiant « tous les policiers sont des salauds »), ou encore un « A » encerclé symbolisant l’anarchie.

Stupeur et indignation

Ces faits suscitent aussitôt de nombreuses réactions ! Pour les gendarmes locaux, c’est « dans un premier temps de la surprise - ce n'est pas habituel d'avoir des tags dans ces termes - et une très grande détermination à identifier les individus et les présenter devant la justice », déclare alors le colonel Nicolas Duvinage, commandant le groupement de gendarmerie départementale du Finistère, auprès de France 3.

Concernant les élus et une grande majorité de la population, c’est l’indignation. « Inadmissible, ce sont des insultes, des menaces et un non-respect pour ces hommes qui nous protègent, ce n’est pas humain de marquer ça », s’exclame alors la maire de la ville, Laurence Claisse. Quelques jours seulement après la découverte des tags, 250 personnes se rassemblent dans la commune, en soutien aux forces de l’ordre, qui sont justement touchées par une vague de suicides sans précédent depuis le début de l’année.

L’expression de la haine anti-forces de l’ordre : réactions immédiates et claires des autorités

Outre des violences à Paris, le 23e samedi de manifestation des gilets jaunes a été marqué par des expressions haineuses envers les forces de l’ordre..

Lire la suite...

Vers la mouvance ultra-gauche

Le parquet de Brest ouvre aussitôt une enquête pour « dégradations graves sur un bien d’utilité publique » et « outrages sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». La Brigade de recherches (B.R.) de Plourin-lès-Morlaix est saisie. Avant que les inscriptions ne soient effacées par les services techniques de la commune, des photos et des prélèvements sont réalisés et transmis à l’IRCGN. Les enquêteurs cherchent du côté des activistes d’extrême gauche, connus pour employer régulièrement l’acronyme « ACAB ». Par ailleurs, dans la même période, des tags similaires (même écriture et même peinture aérosol noire) sont retrouvés dans la commune et aux alentours.

En décembre 2019, un homme issu de la mouvance ultra-gauche est ainsi identifié comme potentiel suspect. Au cours de sa garde à vue, il reconnaît être l’auteur de plusieurs tags apparus à Landivisiau et Plougastel-Daoulas, mais nie toute participation aux inscriptions sur la brigade. Néanmoins, il explique que le 20 avril 2019, il s’est rendu avec un couple d’amis à une manifestation de gilets jaunes à Paris, où des slogans anti-police ont justement été scandés.

Après plus d’un an et demi d’investigations, les enquêteurs ont accumulé suffisamment de preuves pour interpeller ce couple vivant à Landivisiau. Dans le cadre de la garde à vue, l’homme et la femme de 23 ans reconnaissent être à l’origine des tags et livrent le nom d’un autre complice. Ce troisième individu, âgé de 33 ans, fait également partie de la mouvance des Black Blocks. Il a participé à de nombreuses manifestations, où il a fait preuve de violence. Durant les auditions, il reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Ces trois personnes sont convoquées devant le tribunal de Brest le 5 octobre prochain, pour répondre de leurs actes. Ils encourent deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.