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Gironde : coup d’arrêt à une escroquerie sur des voitures de luxe

Auteur : Antoine Faure - publié le
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Le 16 juin, une opération d’envergure, engageant près d’une centaine de gendarmes, a permis de démanteler un réseau d’escrocs qui revendaient des véhicules acquis frauduleusement. Le préjudice est estimé à plus de 2 millions d’euros. Trois individus ont été écroués et sept autres placés sous contrôle judiciaire strict.

Les Porsche, Maserati ou coupés BMW peuvent être considérés comme des signes extérieurs de richesse. Mais ces voitures de luxe peuvent aussi parfois constituer des signes extérieurs d’escroquerie en bande organisée.

Le mode opératoire des truands était toujours le même : l’acquisition d’une voiture grâce à un crédit contracté avec une fausse identité, suivie d’une revente du véhicule au travers de sociétés écrans auprès, notamment, de garagistes peu scrupuleux.

La première plainte date de juillet 2018. Elle a été déposée auprès de la brigade territoriale autonome (BTA) de Saint-Médard-en-Jalles, par un organisme de crédit faisant face à un impayé. Lors de leurs investigations, les gendarmes opèrent des rapprochements avec plusieurs autres affaires, dans lesquelles semble impliqué l’individu dont la photo figure sur les faux papiers. « La BTA et la brigade de recherches (B.R.) de Mérignac ont extrêmement bien travaillé », estime le commandant en second de la Section de recherches (S.R.) de Bordeaux. Près de 60 véhicules sont concernés sur tout le territoire, pour un préjudice estimé à plus de 2 millions d’euros.

Face à l’ampleur de l’escroquerie, un groupe d’enquête exclusivement dédié au traitement de cette affaire est constitué. Une commission rogatoire est confiée en 2019 à la B.R. de Mérignac, avec l’appui de la S.R. et du Groupe interministériel de recherches (GIR) de Bordeaux.

 

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Un réseau d’une dizaine de personnes

Il s’avère que le principal suspect était fiché pour des faits d’escroquerie et de recel et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen. Fin 2019, l’homme est localisé dans le Var, à Saint-Raphaël, où il vit sous une fausse identité avec sa compagne, suspectée de complicité. Une observation est mise en place avec les Groupes d’observation surveillance (GOS) de Bordeaux et de Marseille, qui va permettre de révéler l’existence d’un vaste réseau impliquant une dizaine de personnes. Outre les deux auteurs principaux, un individu se trouve à Perpignan, sept autres sur le secteur de Bordeaux.

Début 2020, la phase opérationnelle se met en place, pilotée par la S.R. de Bordeaux. Prévue initialement à la mi-avril, elle est retardée en raison du confinement, car elle concernait près d’une centaine de militaires.

C’est donc le 16 juin, à 6 heures du matin, qu’ont finalement eu lieu les interpellations coordonnées sur neuf points du territoire. Sont engagés l’antenne GIGN d’Orange, le Peloton de surveillance et d’intervention (PSIG) de Perpignan, le peloton d’intervention de l’escadron de gendarmerie mobile de Nîmes, le Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG) et le PSIG Sabre de Bordeaux, ainsi que des gendarmes des groupements du Var et des Pyrénées-Orientales.

L’opération s’est parfaitement déroulée. 22 véhicules, dont la valeur totale est évaluée à 560 000 €, sont saisis, ainsi que 266 000 € sur des comptes bancaires, 71 000 € en numéraire, un lingot d’or d’une valeur de 49 000 € et une quinzaine d’armes. Des biens immobiliers devraient également faire l’objet d’une saisie dans les prochaines semaines.

À l’issue des gardes à vue, les 10 mis en cause ont été mis en examen. Trois individus ont été écroués, les sept autres placés sous contrôle judiciaire strict.