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Gironde : la gendarmerie s’allie à la guardia civil pour démanteler un important trafic de stupéfiants entre l’Espagne et la France

Auteur : Gendarmerie nationale - publié le
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Le 18 octobre, la gendarmerie de Gironde et la guardia civil de Biscaye ont procédé à une vaste opération judiciaire après l’identification d’un trafic de stupéfiants. Une filière entière, du producteur au consommateur, a été démantelée.

Considérés comme de véritables fléaux par l’Union européenne, les trafics de stupéfiants dépassent régulièrement les frontières d’un seul pays. Entre le producteur et le consommateur, la chaîne est souvent longue et les intermédiaires multiples. Les échanges internationaux entre les enquêteurs sont alors essentiels. L’affaire récemment résolue par la Section de recherches (S.R.) de Bordeaux et l’Unidad organica de policia judicial (UOPJ) Biskaia, en Espagne, en est la preuve. Aboutissement d’une coopération de presque un an, l’opération judiciaire menée dimanche 18 octobre dernier par les services d’enquête a en effet permis de mettre fin à un important trafic de stupéfiants. Après de longs mois d’investigations, impactés par la crise sanitaire, les enquêteurs ont pu procéder à l’interpellation de 14 individus, du producteur aux consommateurs, sur le territoire des deux pays.

Une coopération franco-espagnole essentielle

En novembre 2019, la S.R. de Bordeaux apprend qu’un individu domicilié à Saint-Médard-en-Jalles participe à l’importation régulière et au trafic d’herbe de cannabis par dizaines de kilos en provenance d’Espagne. Des opérations de surveillance sont alors mises en place et, grâce à une observation transfrontalière en Espagne, le point de départ des livraisons est identifié dans la région de Bilbao (Biscaye). La preuve d'un trafic international étant apportée, la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux prend la direction de l'enquête préliminaire et, avec le concours et le soutien d'EUROJUST, initie une coopération judiciaire avec les magistrats espagnols. Pour mener les investigations, un groupe de travail opérationnel est constitué, en coopération avec la compagnie de gendarmerie de Bouliac et l’UOPJ Biskaia, implantée à Bilbao.

Territorialement compétents, les enquêteurs de cette unité identifient les trafiquants espagnols et assurent une surveillance plus complète de la préparation et de l’acheminement des produits stupéfiants. Par ailleurs, afin de quantifier les profits de cette économie souterraine, le Groupe interministériel de recherches (GIR) de Bordeaux est également co-saisi.

Les surveillances opérées des deux côtés de la frontière permettent à l'enquête de progresser très rapidement. Mais, du fait de la crise sanitaire, l’opération d’interpellation prévue mi-mars est contrariée, la fermeture des frontières mettant en suspens les activités illicites des trafiquants.

Ce n’est que quelques mois plus tard, après le déconfinement et la réouverture des frontières, que les investigations reprennent. La coopération franco-espagnole s'intensifie alors sur les objectifs visés dans l'enquête ouverte à la JIRS de Bordeaux. Celle-ci s’avère particulièrement fructueuse.

Des opérations coordonnées entre la France et l’Espagne

Le 18 octobre au petit matin, les enquêteurs apprennent qu'un convoi de trois véhicules espagnols quitte la région de Bilbao pour une livraison en Gironde. Rapidement, un dispositif est mis en place. Les trois livreurs et le client principal sont interpellés vers 9 h 30, à Saint-Médard-en-Jalles, avec le concours de l’antenne GIGN de Toulouse.

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Environ 70 militaires de la gendarmerie sont mobilisés pour procéder aux huit interpellations (six hommes et deux femmes) et aux perquisitions en Gironde. Celles-ci permettent la découverte d’un important volume de billets, pour un total d’environ 210 000 euros, ainsi que la saisie de 30 kg d’herbe de cannabis et de près de 800 g de cocaïne. Les enquêteurs procèdent également à une saisie sur compte et à celle d’une dizaine de véhicules ayant servi au trafic ou financés par celui-ci.

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Dans le même temps, en Espagne, six interpellations et perquisitions sont menées par l’UOPJ Biskaia. La cinquantaine de militaires espagnols engagés a permis la saisie de près de 100 000 euros en espèces et d’une dizaine de kilogrammes d’herbe de cannabis. Dans le cadre de mandats d’arrêt européens, les six hommes ont été placés en détention, avant leur transfert en France, où ils seront interrogés par le magistrat instructeur bordelais.

Du côté français, cinq des huit individus interpellés seront présentés au magistrat instructeur, à l'issue de leur garde à vue, aux fins de mise en examen et saisine du juge de la liberté et de la détention, au vu des réquisitions de mandat de dépôt du Parquet.