Enquêtes

Jura : un arsenal de guerre découvert chez un octogénaire

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© D.R.

Intervenus à l’origine pour un conflit de voisinage à Arinthod, les gendarmes ont été accueillis par un vieil homme détenant plus d’une centaine d’armes à son domicile et près de 80 kilos de munitions.

C’est le propre du quotidien d’un gendarme en unité : ne jamais vraiment savoir ce qui l’attend derrière une intervention plutôt banale en apparence !

D’un simple conflit de voisinage…

Il y a quelques jours, les militaires de la brigade d’Arinthod sont appelés pour un conflit de voisinage dans le village : un homme de 86 ans aurait tiré au fusil sur les poules de sa voisine. Celle-ci, désabusée, aurait demandé des explications à l’octogénaire, qui n’aurait pas trouvé mieux que de la menacer verbalement. A priori rien de bien complexe, mais une fois arrivés sur les lieux, les gendarmes ont affaire à un senior très déterminé, qui les accueille un fusil à la main ! Ne semblant pas avoir toute sa tête, les gendarmes décident de l’interpeller et préviennent les secours pour qu’il soit pris en charge.

À un octogénaire armé jusqu’aux dents !

En réalité, ces militaires ne sont pas au bout de leurs surprises. Alors qu’ils perquisitionnent le domicile de l’octogénaire, conformément à l’instruction du parquet, ils découvrent sur place un incroyable arsenal ! Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y en a vraiment pour tous les goûts : vingt-cinq fusils, trente-six armes de poing, quatre-vingt-huit couteaux de survie, deux arbalètes, trois sabres japonais, sept cannes épée, un shocker et une matraque électriques. Pour compléter l’armurerie, comme si cela ne suffisait pas, le vieil homme a également accumulé près de 80 kilos de munitions de tous calibres et une grenade américaine ! Les gendarmes sont obligés de faire appel aux démineurs de la sécurité civile pour récupérer une telle cargaison.

Papy fait de la résistance

Si les gendarmes sont pour le moins stupéfaits face à tout cet attirail, il semblerait que cet homme était déjà considéré par le voisinage comme « l’original du village », qu’il ne fallait pas trop chercher vu son caractère « irascible », a relaté le procureur de la République de Lons-le-Saunier. Selon le magistrat, « cet homme n’est pas collectionneur, ni un trafiquant d’armes : il a peur. C’est quelqu’un qui, parce qu’il est dans une relation conflictuelle avec tout le monde, a ressenti le besoin d’avoir plein d’armes pour se protéger, mais on ne sait pas de quoi. » « Ce couple vivait dans son monde, en marge de beaucoup de choses. Ils ont surtout besoin d’aide », a-t-il ajouté.

Aussi, le parquet a demandé une expertise psychiatrique du mis en cause pour déterminer notamment son degré de responsabilité. Par ailleurs, toutes les armes ont été saisies et vont faire l’objet d’une destruction. Pour autant, les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de répondre à une question primordiale que tous se posent : de quelle manière cet octogénaire du Jura a-t-il pu se procurer de quoi armer un régiment ?