Enquêtes

Les gendarmes interpellent les auteurs présumés de l'attaque d'un camion de cigarettes dans l'Eure

Auteur : Sirpa Gendarmerie et S.R. de Rouen - publié le
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© S.R. Rouen

Il a fallu moins de deux semaines aux enquêteurs de la section de recherches de Rouen et de la brigade de recherches des Andelys pour retrouver les auteurs de braquages de livreurs de tabac commis dans l'Eure et dans le Val-d'Oise ces dernières semaines. Interpellés le 13 octobre dernier, deux hommes ont été condamnés à des peines d'emprisonnement.

Il est à peine 6 h 20, ce 2 octobre, quand deux chauffeurs livreurs se font surprendre par deux individus cagoulés et gantés, alors qu'ils effectuent une livraison de cigarettes chez un buraliste de Gisors. Les deux agresseurs leur intiment l’ordre de se coucher sur le sol, avant de dérober plusieurs cartons de cartouches de cigarettes dans le camion, qu'ils chargent dans leur véhicule, une Peugeot 308 de couleur noire, qui s’avérera faussement immatriculée. Ils quittent ensuite rapidement les lieux.

Rapprochement avec un fait similaire commis dans le Val-d’Oise

L’alerte est aussitôt donnée et les gendarmes de la communauté de brigades de Gisors conduisent les premières investigations, assistés par des enquêteurs de la Brigade de recherches (B.R.) des Andelys ainsi que par un technicien en identification criminelle du groupement de gendarmerie départementale de l’Eure, qui procède aux constatations sur place. Face à la gravité des faits commis, la Section de recherches (S.R.) de Rouen est également engagée et prend la direction de l’enquête.

Très vite, les enquêteurs font un rapprochement avec un fait similaire commis quelques jours auparavant, le 29 septembre, à Margency, dans le Val-d’Oise. Les auteurs, au nombre de deux ou trois, s’en étaient également pris à un livreur de tabac, le projetant au sol et lui dérobant une dizaine de cartons de cartouches de cigarettes. Là encore, les voleurs circulaient à bord d’une Peugeot 308 de couleur noire. Dès lors, le parquet de Pontoise (95) se dessaisit au profit de celui d’Évreux.

Des investigations conduites avec l'appui du GOSIF

Rapidement, leurs investigations conduisent les enquêteurs dans le département de la Seine-Saint-Denis, où le véhicule suspect a été volé le 18 septembre 2020, plus précisément sur la commune de Bobigny. Début octobre, les enquêteurs de la S.R. de Rouen et de la B.R. des Andelys repèrent la voiture stationnée dans une rue de Bondy. Un dispositif de surveillance est alors mis en place avec le concours du Groupe d’observation et de surveillance d’Île-de-France (GOSIF). Les enquêteurs sollicitent également l’appui de l’antenne GIGN de Tours (37), une unité d’intervention spécialisée dans les interpellations sensibles.

Après quelques jours de surveillance et d’observation, les enquêteurs, sous la direction du parquet d’Évreux, mettent en place un dispositif d’interpellations, mardi 13 octobre au matin, à Bondy. Pour mener à bien cette opération, ils bénéficient du concours du GOSIF, de l’antenne GIGN de Tours ainsi que d'un peloton d’intervention du deuxième régiment d’infanterie de la garde républicaine et d'un autre de l’escadron de gendarmerie mobile d’Hirson (02), deux unités d’intervention spécialisées dans les interpellations domiciliaires.

Interpellations au petit matin

Ce matin-là, peu avant 6 heures, alors qu’ils rentrent d’un périple manqué à la recherche d’un camion transportant du tabac, deux individus, âgés de 21 et 22 ans, domiciliés à Bobigny, sont interpellés sur la voie publique à Bondy. Un troisième individu, âgé de 18 ans, est interpellé le jour même, à 6 h 45, à son domicile de Bobigny. Ils sont aussitôt placés en garde à vue. L’un des auteurs présumés est découvert en possession d’un couteau, d’une bombe lacrymogène, d’une cagoule et d’une paire de gants noirs.

Auditionnés pendant 48 heures, les trois individus sont déférés jeudi 15 octobre, dans la matinée, devant le parquet d’Évreux et jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel d’Évreux pour vols aggravés par trois circonstances (infractions commises en réunion, avec violence sans ITT et avec le visage en partie masqué ou dissimulé) ainsi que pour recel d’un bien provenant d’un vol. Le tribunal correctionnel d’Évreux a relaxé le dernier individu interpellé et condamné les deux autres à une peine de 18 mois d'emprisonnement, dont 12 mois avec sursis, avec mandat de dépôt.