Enquêtes

Loire-Atlantique : rapide démantèlement d’un trafic de stupéfiants en plein confinement

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© B.R. Saint-Nazaire

Cinq individus, soupçonnés de se livrer à un trafic de stupéfiants sur la commune de Trignac, au moyen du réseau Snapchat, ont été interpellés le 23 avril, au terme d'une enquête rondement menée par les militaires de la brigade de recherches de Saint-Nazaire et de la brigade de Montoir-de-Bretagne, avec l'appui notamment du Peloton de surveillance et d'intervention de gendarmerie de Saint-Nazaire.

Si les actes de délinquance sont globalement en baisse depuis le début de la crise sanitaire, le  confinement n'arrête pas tous les délinquants. Certains trouvent ainsi le moyen de poursuivre leurs activités, particulièrement en matière de trafic de stupéfiants. D'autant qu'en cette période de contrôles resserrés, impactant les filières d'approvisionnement, les prix d’acquisition et de revente des produits, notamment de résine de cannabis, ont fortement augmenté.

Mais les gendarmes, largement engagés sur le terrain pour faire respecter les mesures de confinement, ne baissent pas la garde !

Une patrouille du PSIG révèle le trafic

Ainsi, dans l'après-midi du 20 avril dernier, une patrouille en MP3 du Peloton de surveillance et d'intervention de gendarmerie (PSIG) de Saint-Nazaire contrôle deux jeunes filles à pied. Elles sont en possession de trois boulettes de résine de cannabis, qu'elles viennent d'acquérir auprès d'un individu, après avoir conclu une transaction via un groupe de discussion sur la messagerie éphémère Snapchat.

La Brigade de recherches (B.R.) de Saint-Nazaire, renforcée par la brigade de Montoir-de-Bretagne, se lance aussitôt dans les investigations et confirme l'existence d'un trafic bien organisé, autour d'un point de vente installé dans un hall d’immeuble, dont la configuration permet de multiples itinéraires de fuite en véhicule et à pied.

Les enquêteurs repèrent rapidement plusieurs revendeurs, dont les activités sont sécurisées par un dispositif de guetteurs mobiles et statiques, ainsi que plusieurs véhicules pouvant servir de lieu de stockage de la marchandise.

Les gendarmes font également le rapprochement avec le contrôle d'un véhicule à proximité du site de vente, au cours des jours précédents, dans le cadre des mesures COVID-19. En effet, les cinq occupants, verbalisés pour non-respect du confinement, étaient tous connus pour usage et trafic de produits stupéfiants.

Le 22 avril, les enquêteurs matérialisent de nouvelles transactions sur le site de vente, ainsi que la présence du véhicule précédemment contrôlé, et de deux autres, en stationnement, utilisés par les dealers. Ils décident alors de déclencher une opération judiciaire dans les plus brefs délais.

Un trafic alimenté depuis la région parisienne

Le lendemain, 23 avril, cinq personnes, âgées de 19 à 22 ans, sont ainsi interpellées par les militaires du PSIG et de la B.R. de Saint-Nazaire, appuyés par une équipe drone, et placées en garde à vue.

Les perquisitions effectuées dans les communs de l’immeuble et dans les véhicules servant au trafic permettent de découvrir des produits stupéfiants prêts à être vendus, 3 200 € numéraire et une arme d’épaule. Un véhicule et un téléphone portable haut de gamme sont également saisis au titre des avoirs criminels.

trafic de stupéfiantstrafic de stupéfiants
© B.R. Saint-Nazaire

La comptabilité de la tête de réseau fait par ailleurs apparaître un chiffre d'affaires pour ce trafic de l'ordre de 48 090 € pour la période allant du 5 mars au 22 avril 2020.

Les cinq individus ont été présentés hier matin devant le tribunal, en vue d'une comparution immédiate dans l'après-midi.

Les investigations se poursuivent pour faire toute la lumière sur ce trafic, alimenté depuis la région parisienne...