Enquêtes

Meuse : trois pompiers à l’origine de plusieurs incendies

auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
Photo d'illustration
© Gendarmerie de la Meuse

Après des incendies à répétition constatés l’année dernière et un long travail d’enquête, les gendarmes de la Meuse ont interpellé, le 11 mai dernier, trois pompiers qui ont reconnu être les auteurs de ces feux.

Les soldats du feu sont censés l’éteindre et non le provoquer… à de très rares exceptions près !

Une année noire

2019 est une année noire pour le nord du département de la Meuse, et plus particulièrement pour le secteur de Montmédy. Entre le printemps et la fin de l’année, une série d'incendies touchent des corps de ferme, des maisons inhabitées et un entrepôt de stockage de matériels.

Ils ne font heureusement aucune victime mais il s’en faut de peu : l’un des hangars à foin enflammé est, en effet, habituellement occupé par une personne sans domicile fixe ; le feu déclenché dans une dépendance se propage dans une maison occupée par une personne âgée, qui a tout juste le temps de fuir avant que la résidence soit entièrement calcinée ! Ces incendies provoquent en revanche de très importants dommages, dont le préjudice global est estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Une enquête minutieuse

En lien avec le parquet de Verdun, les militaires de la brigade de Montmédy mènent l’enquête. À cette fin, ils sont appuyés par les unités spécialisées et les experts de la gendarmerie nationale. La cellule d’identification criminelle de Bar-le-Duc et l’équipe cynophile de Recherche de produits accélérateurs d’incendie (RPAI) de Metz sont dépêchées sur les lieux. Leurs premières constatations viennent confirmer l’idée selon laquelle il s’agit d’incendies volontaires. D’après les informations recueillies et les rapprochements effectués par les gendarmes de la brigade de Montmédy et de la Brigade de recherches (B.R.) de Verdun, de jeunes sapeurs-pompiers volontaires pourraient bien être impliqués dans l’affaire. Les enquêteurs finissent par identifier les trois suspects. Afin de préparer les gardes à vue et de déceler l’intention des incendiaires, ils ont recours à l’expertise du Département des sciences du comportement (DSC) et de la Division criminalistique ingénierie et numérique (DCIN) du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN).

Au bout de l’allumette : trois pompiers

Une opération judiciaire, mobilisant une trentaine de gendarmes, est déclenchée le 11 mai dernier, afin d'interpeller les trois pompiers suspectés d’être à l’origine des incendies. Âgés seulement d’une vingtaine d’années, ils sont censés combattre le feu en tant que volontaires. Ils reconnaissent pourtant être à l’origine « de deux à onze faits », relate le procureur.

Dès le lendemain de leur placement en garde à vue, ils sont déférés devant le parquet de Verdun. Sur décision du juge des libertés et de la détention, ils sont laissés libres « sous contrôle judiciaire strict » en attendant leur jugement, le 2 septembre prochain. Ils devront alors comparaître devant le tribunal correctionnel de Verdun pour destruction de biens par incendie, une infraction passible de 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Ils sont par ailleurs interdits d’exercer une activité professionnelle ou bénévole de sapeurs-pompiers. Extinction des feux !