Enquêtes

Tarn : un vaste trafic de drogue démantelé

Auteur : Antoine Faure - publié le
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Outre les produits stupéfiants, les gendarmes ont saisi de nombreuses armes.Outre les produits stupéfiants, les gendarmes ont saisi de nombreuses armes.
Outre les produits stupéfiants, les gendarmes ont saisi de nombreuses armes.
© B.R. Castres

Les gendarmes ont interpellé, le 17 juin, les membres d’un important réseau de vente de produits stupéfiants, opérant sur le bassin mazamétain et qui était monté en puissance ces derniers mois. La tête de réseau, son fournisseur et deux hommes de main ont été incarcérés.

C’est un gros coup de filet qu’ont réalisé les gendarmes de la Brigade de recherches (B.R.) de Castres ! Plus de deux kilos de cocaïne, quatre kilos de résine, deux kilos d’herbe et 40 pieds de cannabis, ainsi que de nombreuses armes (fusils, armes de poing, grenades, obus…) ont notamment été saisis lors des perquisitions.

C’est au cours d’investigations antérieures menées par la B.R. que le nom d’un individu, connu défavorablement des gendarmes, revient régulièrement comme étant possiblement à la tête d’un réseau de stupéfiants, opérant sur le sud du Tarn et l’est de la Haute-Garonne. Il fournirait de nombreux revendeurs à Castres, Mazamet et Revel.

Plusieurs lieux de stockage

En février 2020, le parquet de Castres diligente une enquête préliminaire. La B.R. met en place une surveillance avec l’appui de la Cellule départementale d'observation et de surveillance (CDOS) de Haute-Garonne, le Groupe d'observation et de surveillance (GOS) de Toulouse et la B.R. de Villefranche-de-Lauragais. « C’est dans cette commune que le suspect rencontrait régulièrement, de jour comme de nuit, son fournisseur venu de Toulouse, décrit l’adjudant Étienne Durand, de la B.R. de Castres, qui a dirigé l’enquête. La surveillance, aussi bien technique que physique, nous a permis de confirmer l’existence d’un important réseau et comprendre son organisation. »

En dépit des précautions prises par les malfrats, notamment les changements fréquents de téléphones, plusieurs contacts du suspect principal et différents lieux de stockage de la marchandise sont identifiés. Le 6 mars, le juge d’instruction de Castres ordonne l’ouverture d’une information judiciaire.

Des individus lourdement armés

La surveillance se poursuit lors du confinement. « Cela n’a pas mis un frein à leur business, note l’adjudant Durand. Ils se sont simplement adaptés. Le produit étant plus rare, les prix ont explosé. Et ils se sont mis à cultiver eux-mêmes du cannabis. » Dès la fin du confinement, le trafic a repris de plus belle. Dans le cadre de la commission rogatoire, une opération judiciaire est programmée. La surveillance ayant confirmé que les individus étaient lourdement armés, avec des armes de poing et d’épaule, des explosifs et des gilets pare-balles, l’antenne GIGN de Toulouse est mise en alerte à partir du 8 juin.

Dans la nuit du 16 au 17 juin, les gendarmes constatent une importante transaction. L’opération est donc déclenchée le 17 à 6 heures du matin, déployant 75 militaires sur les huit adresses de stockage localisées. La B.R. est renforcée par des militaires de la brigade de Villefranche-de-Lauragais et des brigades de la compagnie de gendarmerie de Castres, les pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Castres, Albi et Muret, ainsi que par une équipe cynophile du PSIG de Castres.

Le coup de filet permet d’interpeller la tête de réseau, son fournisseur toulousain et ses hommes de main. Quatre individus sont incarcérés, trois autres remis en liberté sous contrôle judiciaire. Les investigations se poursuivent pour identifier l’ensemble des revendeurs de ce vaste réseau.