Enquêtes

Une filière internationale d’escroqueries en bande organisée démantelée dans le Val d’Oise

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Une opération judiciaire d’envergure a permis le démantèlement, début mai, d’un véritable réseau d’escrocs agissant en bande organisée. Les six individus interpellés avaient mis en place un trafic de marchandises diverses, obtenues par le biais d’escroqueries au détriment d’entreprises françaises, avant d’être écoulées en Côte d'Ivoire. Deux containers de marchandises, pour un montant total de 300 000 euros, ont été saisis.

Il a suffi d’une semaine aux gendarmes du Val d’Oise pour démanteler un vaste trafic de marchandises diverses à destination de la Côte d’Ivoire. Parvenus à mettre en lumière l’architecture et le mode opératoire du réseau d’escrocs, ils ont procédé à l’interpellation de six individus début mai, lors d’une opération judiciaire mobilisant quelque 72 gendarmes.

Une plainte pour impayés

L’enquête débute fin avril, après le recueil par la Brigade territoriale autonome (BTA) de Louvres d’une plainte émanant d’une société marseillaise. Victime de multiples impayés, après avoir honoré plusieurs commandes de marchandises diverses qu’elle expédiait dans le Val d’Oise (95), l’entreprise se rend en effet compte que les justificatifs fournis par l’acheteur sont falsifiés. Le préjudice de l’escroquerie avoisine les 100 000 €.

Une enquête est alors rapidement diligentée par la Brigade de recherches (B.R.) de Montmorency (95) et la BTA de Louvres, avec l’appui de la Section de recherches (S.R.) de Versailles (78).

Un mode opératoire bien rodé

Les investigations révèlent une manière d’opérer bien rodée. Utilisant une fausse identité pour approcher de grandes entreprises et se faisant passer pour des « responsables achats » d’un grand groupe hôtelier, les escrocs passent diverses commandes de marchandises, en fournissant aux entreprises de fausses preuves de virement pour justifier l’acquittement des factures. Les victimes expédient alors leurs produits dans un entrepôt du Val d’Oise (95), d’où ils sont ensuite transférés vers un second site de stockage spécialisé dans l’envoi de colis vers l’Afrique.

Grâce à de minutieuses investigations, les gendarmes remontent ainsi la filière d’écoulement et réussissent à identifier et à localiser deux containers renfermant la marchandise provenant de l’escroquerie initiale.

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91 600 masques chirurgicaux

Le premier a pu être saisi et rapatrié dans le Val d’Oise le 14 mai, tandis qu’un second container, déjà expédié en Afrique, a pu être bloqué à Abidjan. Il devrait faire l’objet d’un rapatriement en France dans les jours à venir. Parmi la marchandise saisie, les enquêteurs ont retrouvé 91 600 masques chirurgicaux, pour un montant de 70 000 €, que les malfaiteurs comptaient écouler en Afrique, tirant ainsi profit de la crise sanitaire mondiale.

Outre la marchandise provenant de l’entreprise marseillaise, le container renfermait divers produits (cosmétiques, alcools, smartphones dernière génération, etc.) pour un montant de 200 000 €.

L’enquête fait désormais l’objet d’une ouverture d’information au tribunal judiciaire de Pontoise (95). Les investigations se poursuivent afin d’identifier la provenance de la marchandise retrouvée dans les deux containers.

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