Enquêtes

Cher : les gendarmes démantèlent un trafic de drogue entre la Martinique et les Pays-de-la-Loire via Bourges

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© D.R.

Après plus d’un an d’investigations, la coopération entre les sections de recherches de Bourges et de Fort-de-France a permis de mettre à jour un trafic de stupéfiants entre l’île aux fleurs et l’agglomération nantaise. À la suite d’une opération menée le 6 avril dernier, sept personnes ont été mises en examen, dont cinq ont été placées en détention.

Cela faisait trois ans que ces échanges avaient lieu entre l’outre-mer et la métropole, les sachets n’étant pas remplis de bonnes épices locales mais d’un produit bien plus relevé : la cocaïne !

Phase de transit avant la poudre d’escampette

Bien que servant à alimenter des consommateurs des Pays-de-la-Loire, la drogue n’emprunte pas un vol direct entre Fort-de-France et Nantes, mais transite par le Cher, permettant de brouiller quelque peu les pistes. Pourtant, le 26 février 2020, la douane identifie un paquet de 10 kg de cocaïne en provenance de Martinique. Saisie, la Section de recherches (S.R.) de Bourges suspecte rapidement un trafic de grande ampleur. Dès le mois de septembre suivant, une cellule nationale, baptisée « BACJ-COCAÏNE-18-972 », est créée, regroupant des enquêteurs des S.R. de Bourges et de Fort-de-France.

Menées en commun de chaque côté de l’Atlantique, les investigations permettent aux gendarmes de comprendre le circuit emprunté par la drogue, avec « des fournisseurs implantés en Martinique et une chaîne d’écoulement implantée dans les Pays-de-la-Loire. Les colis arrivaient chez des destinataires qui habitent le secteur de Bourges. Les Nantais venaient les récupérer là », décrit à France 3 le colonel Christian Robert, commandant la S.R. de Bourges. Les acheteurs rémunèrent ensuite les fournisseurs avec des sommes d’argent, mais aussi du cannabis.

Fin du voyage

Le 6 avril dernier, une opération judiciaire est lancée pour mettre un terme à ce petit manège. Huit individus sont interpellés et placés en garde à vue, tandis que les perquisitions laissent entrevoir l’ampleur du trafic. En effet, sur place, les gendarmes saisissent 23,8 kg de résine de cannabis, un pain de cocaïne de 313 grammes, plus de 7 500 euros en liquide, une sertisseuse électrique et une centaine de boîtes de conserve neuves, une compteuse à billets, cinq armes d’épaule et huit armes de poing, des milliers de munitions, quatre véhicules et une chambre de culture.

À l’issue des gardes à vue, le 9 avril dernier, sept individus ont été présentés devant le juge d’instruction pour se voir notifier une mise en examen. Cinq d’entre eux ont été écroués, tandis que les deux autres ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant leur jugement.