Enquêtes

Grand Est : un vaste trafic de stupéfiants démantelé, 590 kg de résine de cannabis saisis

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© S.R. Nancy

Le démantèlement du réseau de communication chiffrée EncroChat continue de porter ses fruits. Le dernier coup de filet en date revient aux sections de recherches de Nancy et de Reims, qui ont interpellé, le 25 janvier dernier, dans trois départements du Grand Est, quatre individus soupçonnés d'être impliqués dans un vaste trafic de résine de cannabis en provenance d'Espagne. Dans le même temps, le principal suspect a été arrêté par les autorités espagnoles. Tous les cinq ont été mis en examen. 590 kg de résine de cannabis ont notamment été saisis, représentant plus d'un million d’euros à la revente.

En juin dernier, sous la direction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille, les gendarmes du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), du Service central de renseignement criminel (SCRC) et de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) sont parvenus à mettre en œuvre un dispositif d’interception des communications passées par le réseau chiffré Encrochat, largement utilisé par le crime organisé.

Les enquêteurs ont ainsi eu accès aux conversations non chiffrées et en temps réel d’environ 60 000 utilisateurs, soit près de 120 millions de messages et images, révélant de nombreuses activités criminelles sur tout le territoire national ainsi qu'à l’étranger. Depuis, les investigations et les vagues d'interpellations se sont succédé dans de multiples dossiers révélés grâce à l'opération Encrochat.

Les dernières en date, opérées le 25 janvier dernier dans le Grand Est, par les enquêteurs de la gendarmerie, ont ainsi permis de mettre un terme à un important trafic de produits stupéfiants en provenance d'Espagne.

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Les S.R. de Nancy et de Reims en charge du volet « stup »

C'est donc à la suite des informations transmises par le procureur de Lille sur des faits impliquant plusieurs individus résidant dans les secteurs de Bar-le-Duc et de Reims, que le procureur de Nancy ouvre une information judiciaire pour des faits d’importation de produits stupéfiants en bande organisée, trafic de stupéfiants et blanchiment.

Les Sections de recherches (S.R.) de Nancy et de Reims sont co-saisies pour enquêter sur ce trafic portant sur d'importantes quantités de stupéfiants, tandis que la direction territoriale de la police judiciaire de Nancy est chargée de faire la lumière sur le mécanisme de blanchiment de l'argent qu'il génère.

Pendant plusieurs mois, multipliant les surveillances, les enquêteurs s'attachent ainsi à matérialiser l'organisation et l’activité du groupe criminel, jusqu'à ce lundi 25 janvier, où une opération judiciaire est simultanément déclenchée dans l'est de la France et en Espagne.

Quatre interpellations en France et une en Espagne

Pour mener à bien les interpellations programmées dans les départements de la Marne, de Aube et de la Meuse, les enquêteurs des S.R. de Nancy et de Reims sont renforcés par les militaires du groupe d’observation et de surveillance et de l’antenne GIGN de Reims. Quatre individus, deux hommes et deux femmes, âgés de 25 à 50 ans, sont appréhendés et placés en garde à vue.

Simultanément le principal suspect, originaire de la Meuse, est arrêté en Espagne par la Guardia Civil, en exécution d’un Mandat d’arrêt européen (MAE).

Mis tous les cinq en examen à l'issue de leur garde à vue, trois des mis en cause ont été placés en détention provisoire, dont l'homme interpellé en Espagne, qui « pourrait être remis aux autorités françaises au cours des prochaines semaines », indique le communiqué de la JIRS de Nancy. Les deux femmes, l'une officiant comme nourrice et l'autre étant la compagne du principal suspect, ont été placées sous contrôle judiciaire.

© S.R. de Nancy

Saisie de 590 kg de résine de cannabis

Les perquisitions sont également fructueuses, puisqu'elles permettent de saisir 590 kg de résine de cannabis à bord de deux véhicules garés dans un box à Tinqueux. Le produit, dont la valeur à la revente est estimée à plus d'un million d’euros, est « encore conditionné pour le transport en « gros », sous la forme de ballots d’une trentaine de kilos ».

Les enquêteurs saisissent également « la comptabilité d’une société de location de véhicules soupçonnée de servir au blanchiment d’une partie du produit du trafic », précise le communiqué. Viennent s'ajouter à tout ça un pistolet automatique de calibre 7,65 avec des munitions, 22 000 € en numéraire et cinq véhicules, dont deux volés.