Enquêtes

Grenoble : la brigade de recherches démantèle un vaste trafic de drogue

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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© Compagnie de gendarmerie départemenale de Grenoble

Douze personnes soupçonnées d’être impliquées dans un vaste trafic de stupéfiants alimentant l'agglomération grenobloise ont été interpellées, ce lundi 11 janvier, en Isère et en Haute-Savoie. L’opération, dirigée par la compagnie de Grenoble, a mobilisé quelque 200 gendarmes.

La compagnie de Grenoble est à l’origine d’un beau coup de filet dans le milieu des trafiquants de stupéfiants. Douze personnes, soupçonnées de participer à un vaste trafic alimentant l’agglomération grenobloise, ont en effet été interpellées ce lundi 11 janvier, lors d’une opération judiciaire d’envergure venant clore une enquête de près d’un an.

Un point de vente aux abords de la caserne militaire de Varces

C’est en effet grâce à un renseignement faisant état de ventes de produits stupéfiants aux abords de la caserne militaire de Varces, que ce trafic est mis à jour par les gendarmes de la brigade de Vif, en février 2020. Très vite, les investigations conduites par l’unité révèlent l’existence d’une activité organisée, dont les ramifications dépassent les frontières de sa circonscription. Le parquet de Grenoble décide alors de confier l’enquête à la Brigade de recherches (B.R.) de Grenoble.

De fil en aiguille, de surveillances en recoupements, les enquêteurs de la B.R., renforcés par des militaires de la compagnie et par des réservistes, approfondissent les investigations et parviennent à identifier le revendeur principal, « bien installé dans son trafic », selon le communiqué du Parquet de Grenoble, puis l’ensemble de « ses lieutenants ».

Ils reconstituent ainsi peu à peu l'architecture du réseau, le rôle de chaque protagoniste, leur mode opératoire et l'étendue de ce trafic lucratif. Portant sur du cannabis (herbe et résine) et de la cocaïne, celui-ci alimente en effet « une large clientèle de l'agglomération grenobloise », précise le communiqué, indiquant qu'il écoulait notamment plusieurs kilos de cannabis par semaine.

Pour mener à bien ses investigations, la B.R. bénéficie également de l’appui du Centre de coopération policière et douanière (CCPD) de Genève.

Douze interpellations dans plusieurs communes

Ainsi, au terme de près d’un an d’enquête, et après avoir matérialisé le trafic ainsi que « plusieurs convoyages », les gendarmes, en accord avec le juge d’instruction, déclenchent une vaste opération judiciaire le 11 janvier dernier, afin d’interpeller les douze suspects.

Lancée simultanément dans les communes de Grenoble, Echirolles, Eybens, Pont-de-Claix, Saint-Egrève, Meylan, ainsi qu'à Regnier-Esery, en Haute-Savoie, celle-ci mobilise une trentaine d’enquêteurs de la compagnie de Grenoble et du groupement, appuyés par quelque 170 gendarmes du département, associant un large panel de savoir-faire, de l'observation à l'intervention spécialisée pour procéder aux interpellations, jusqu'à la prise en compte des différents volets des perquisitions.

Ce sont ainsi les militaires du Groupe d'observation et de surveillance (GOS) de Pontcharra, de la Cellule départementale d'observation et de surveillance (CDOS) de l'Isère, de la Section centrale de coopération opérationnelle de police (SCCOPOL), des cellules Nouvelles technologies (NTECH) et du Pôle départemental des avoirs criminels (PODAC) de l'Isère, des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) de Creys-Malville et de Saint-Alban, des sept Pelotons de surveillance et d'intervention de gendarmerie (PSIG) de l'Isère, de l'escadron de gendarmerie mobile de Pontcharra, ainsi que trois équipes cynophiles spécialisées stupéfiants-billets et une équipe armes-billets du Groupe d'investigation cynophile (GIC) de Meylan, qui se répartissent les cibles iséroises, tandis que la Brigade territoriale autonome (BTA) de Reignier-Esery, appuyée par le PSIG de Saint-Julien-en-Genevois et une équipe cynophile de recherche de stupéfiants, s'occupe de l'objectif résidant en Haute-Savoie.

À l’issue des gardes à vue, dix des douze individus interpellés sont été mis en examen pour trafic de stupéfiants, blanchiment, participation à une association de malfaiteurs et détention d'arme. Six d’entre eux sont placés en détention provisoire et quatre sous contrôle judiciaire.

© Compagnie de gendarmerie départementale de Grenoble

Saisies de stupéfiants, d’armes, de numéraire et de produits de luxe

Lors des perquisitions, les enquêteurs découvrent tout le matériel nécessaire au conditionnement et à la vente de produits stupéfiants et saisissent également 1,5 kg de résine de cannabis, 1 kg d’herbe, quelques grammes de cocaïne, quatre armes à feu (deux revolvers 357 magnum, un pistolet automatique 7.65mm et un fusil semi-automatique à canon scié), une grande quantité de munitions, ainsi que plus de 23 000 € en numéraire.

Ils appréhendent par ailleurs, au titre des avoirs criminels, de nombreux produits de luxe, parmi lesquels des vêtements, des parfums, des sacs de marque, notamment Hermès et Vuitton, d’une valeur avoisinant les 15 000 euros, et une montre Rolex, d'une valeur de 10 000 euros. L’ensemble est en cours d’évaluation. Enfin, une Mercedes 45 AMG a également été saisie. Également en cours d'estimation précise par le PODAC, sa valeur à neuf s'élève à 70 000 euros.

« Notre satisfaction est d'avoir pu identifier et démanteler un réseau dans son intégralité, jusqu'au plus haut de sa hiérarchie, du commanditaire et ses lieutenants jusqu'aux petites mains, et ainsi mettre fin à un trafic actif sur l'agglomération grenobloise », estime le chef d'escadron Nicolas Dubois, commandant la compagnie de Grenoble.