Enquêtes

La section de recherches de Lyon met fin à un vaste trafic d'armes

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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© S.R. de Lyon

Après plus de deux ans d'investigations et plusieurs opérations judiciaires, les enquêteurs de la section de recherches de Lyon, avec l'appui du groupement de gendarmerie départementale du Rhône et de services spécialisés de la gendarmerie, à l'instar du GIGN et du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, viennent de mettre un terme aux agissements d'une équipe de malfaiteurs spécialisée dans le trafic d’armes et de matériels balistiques.

Un peu moins de deux ans et demi d'enquête et la complémentarité des unités d'investigation, des unités territoriales et des services spécialisées de la gendarmerie auront permis de mettre hors d'état de nuire une équipe de malfaiteurs dédiée à la grande délinquance organisée.

Au terme d'une troisième opération judiciaire, déclenchée le 30 mars dernier, ce sont au total huit individus qui ont été mis en examen, dont cinq incarcérés. 214 000 euros, huit véhicules, onze armes de catégorie A et B, des milliers de munitions et de nombreux Gilets-pare-balles (GPB) ont été saisis ; l'enquête ayant par ailleurs permis de démontrer que 400 GPB, dont 100 siglés « Police », ont été écoulés par ce réseau.

COLT69 : une cellule d'enquête pour traquer les trafiquants d'armes

Les enquêteurs de la Section de recherches (S.R.) de Lyon traquait cette équipe de malfaiteurs spécialisée dans le trafic d’armes et de matériels balistiques depuis fin 2018, date à laquelle leurs investigations minutieuses, confortées par des surveillances et du recueil de renseignement, avaient permis de l'identifier.

Sous la direction du parquet du tribunal judiciaire de Lyon, une enquête préliminaire avait alors été diligentée par l'unité d'investigations lyonnaise, avant l'ouverture, en mai 2019, d'une information judiciaire pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ou un délit » et « trafic d'armes ». Une cellule d’enquête baptisée « COLT69 » était alors constituée pour conduire les investigations.

Premier coup de filet début 2020 : trois mises en examen

Dans la nuit du 21 au 22 janvier 2020, après plus d'un an de travail acharné, cinq personnes, dont certaines proches du milieu du grand banditisme lyonnais, sont interpellées à Lyon (69) et à Pierrelatte (26), lors d'une opération d'envergure menée par les enquêteurs de la la S.R. de Lyon et du groupement de gendarmerie départementale du Rhône, appuyés par une quarantaine de militaires du GIGN, également impliqués depuis plusieurs mois au côté de la S.R. de Lyon et du Groupe d'observation et de surveillance (GOS) 69 dans le cadre de ces investigations.

Lors des perquisitions, conduites dans les différents domiciles et dans des box détenus par les mis en cause, les gendarmes saisissent quatre armes de poing, deux fusils à pompe, un fusil de chasse, de très nombreuses munitions de calibre 12, 9 mm et 7,62 mm, vingt GPB sérigraphiés « Police », huit véhicules, dont deux volés, et 82 000 euros en numéraire. Trois des individus interpellés sont mis en examen, dont deux incarcérés et l'autre placé sous contrôle judiciaire.

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Les enquêteurs s'attaquent aux « logisticiens » du réseau

Le 30 juin suivant, une nouvelle opération judiciaire conduit à l'arrestation de six individus assurant des fonctions de « logisticiens » au sein du réseau. De nouvelles armes, dont un fusil mitrailleur, trois fusils à pompe, des milliers de munitions de calibre différents, des grenades et trois GPB sont saisis lors des perquisitions, ainsi que deux véhicules et près de 7 000 euros en espèces. Un stand de tir clandestin, aménagé dans un garage, est également découvert.

À l’issue des gardes à vue, trois des mis en cause sont mis en examen, dont deux sont écroués.

Peu de temps après, deux grossistes, revendeurs des GPB, sont entendus, confirmant l’organisation et la logistique mise en place par le réseau, ainsi que l’écoulement de plus de 400 GPB, dont 100 siglés « POLICE » et d'une douzaine de casques lourds pare-balles.

Plusieurs armuriers impliqués font également l’objet d'un contrôle et de perquisitions. Des saisies incidentes de plusieurs armes non conformes révèlent leur participation à ce réseau d’approvisionnement de malfaiteurs.

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La gendarmerie scientifique fait parler les armes : trois nouvelles interpellations

Les analyses conduites par les experts scientifiques de la gendarmerie sur les armes saisies font ressortir le profil de trois individus, qui sont à leur tour interpellés le 30 mars dernier.

Les nouvelles perquisitions permettent la découverte de 126 000 euros en numéraire, d'une arme de poing, d'un fusil de chasse, d'un pistolet-mitrailleur, d'un GPB, ainsi qu’une saisie incidente de produits stupéfiants (200 grammes d’héroïne et 200 grammes de cocaïne).

À l’issue des gardes à vue, deux des individus sont présentés au magistrat instructeur. L’un d’entre eux a été incarcéré.