Enquêtes

La section de recherches de Paris a eu le nez fin

Auteur : Gendarmerie nationale - publié le
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© Section de recherches de Paris

Au terme de plus d’un an d’investigations, les enquêteurs de la section de recherches (S.R.) de Paris et du Groupe interministériel de recherches (GIR) du Loiret ont porté un coup d’arrêt, le 15 mars 2021, aux manœuvres frauduleuses commises par une structure criminelle. Huit individus ont été présentés au magistrat instructeur.

Dans la nuit du 17 au 18 janvier 2019, plus de 14 000 flacons de parfums de la marque Creed, d’une valeur de 4,7 millions d’euros, sont dérobés par des malfaiteurs chevronnés lors du cambriolage d’un entrepôt situé à Ury (77).

Co-saisis, les enquêteurs de la section de recherches (S.R.) de Paris et du Groupe interministériel de recherches (GIR) du Loiret, agissant sous l’autorité de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, se lancent alors dans des investigations minutieuses durant plusieurs mois.

Au terme de celles-ci, ils identifient un receleur et mettent en lumière une véritable structure criminelle spécialisée dans le recel d’habitude et le blanchiment d’argent en bande organisée.

Il apparaît alors que ce réseau professionnel est dirigé par une fratrie, implantée en Île-de-France et en Centre-Val de Loire, qui dispose de contacts privilégiés avec des équipes de voleurs de fret. Les frères sont suspectés d’avoir blanchi plus d’un million d’euros en quelques mois, et généré jusqu’à plusieurs milliers d’euros de bénéfice par jour, en s’appuyant sur des sociétés écrans, réelles ou fictives, françaises ou européennes.

Une opération d’envergure

Eu égard aux éléments de preuve rassemblés, la décision est prise de mettre un terme à ces manœuvres. Le 14 mars 2021, les gendarmes interpellent la tête du réseau à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, alors qu’elle s’apprêtait à partir vers l’étranger. Dès le lendemain, une opération judiciaire d’ampleur est menée au sein des régions d’Île-de-France, de Centre-Val de Loire et des Hauts-de-France, réunissant ainsi plus de 170 gendarmes.

Aux côtés des enquêteurs de la S.R. de Paris étaient également mobilisés les gendarmes des Groupements de gendarmerie départementale (GGD) de Seine-et-Marne, du Val d’Oise et de l’Essonne, de la Gendarmerie des transports aériens (GTA), ainsi que trois équipes cynophiles et cinq Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) des trois régions. L’action se montre concluante puisque 10 autres individus sont interpellés et placés en garde à vue à l’issue.

Les perquisitions menées par les enquêteurs entraînent la découverte de flacons de parfums de la marque Creed provenant du vol initial, ainsi que des matériels et accessoires utilisés pour la commission des vols tels que des détecteurs de balises, des armes de poing ou bien encore des brassards siglés « Police ». De nombreuses saisies sont réalisées, parmi lesquelles la maison du chef de réseau, sept véhicules dont trois haut de gamme, 2 millions d’euros sur des comptes bancaires et 470 000 € en numéraire.

Le 18 mars 2021, à l’issue de leur garde à vue, trois mis en cause sont laissés libres et huit sont présentés au magistrat instructeur. L’enquête se poursuit.