Enquêtes

Oise : 18 mises en examen dans une enquête pour enlèvements et séquestrations en bande organisée

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Opération de ratissage sur l'A1, où la première victime a été éjectée d'un véhicule, le 24 septembre dernier.
© S.R. Amiens

Deux opérations judiciaires, conduites le 7 décembre 2020 et le 9 février dernier, ont permis aux enquêteurs de la section de recherches d'Amiens et de la brigade de recherches de Chantilly d'interpeller 24 individus suspectés d'être impliqués dans l'enlèvement et la séquestration de trois personnes en septembre dernier. Dix-huit d'entre eux ont été mis en examen, dont treize placés en détention provisoire.

C'est sur une sombre histoire de représailles, consécutives à la mort d'un homme, que les militaires de la Section de recherches (S.R.) d'Amiens et de la Brigade de recherches (B.R.) de Chantilly ont enquêté depuis le mois de septembre dernier. Au total, vingt-quatre personnes suspectées d'enlèvement et de séquestration en bande organisée ont été interpellées. Dix-huit d'entre elles ont été mises en examen.

Règlements de compte après une mort suspecte sur l'A1

Les faits remontent au 24 septembre dernier, quand un homme trouve la mort sur l'autoroute A1, au niveau de Pontarme, dans des circonstances suspectes. En effet, la victime a été éjectée d’un véhicule circulant dans le sens Lille-Paris.

Très rapidement, ses proches vont chercher à le venger. Dès le lendemain, deux des trois autres occupants de la voiture sont enlevés à Chantilly, après s'être rendus à un rendez-vous fixé par un proche du défunt, indique le procureur de la République de Senlis, dans un communiqué de presse. Ils vont être séquestrés et torturés par plusieurs membres de la famille. L'un d'eux succombera à ses blessures. Son corps sera retrouvé à Nogent-sur-Oise.

Un peu plus tard dans la soirée, le troisième occupant du véhicule est également enlevé, cette fois à Cauffry, avant de subir à son tour de multiples violences de la part de plusieurs individus.

Le jour même, le procureur de la République de Senlis saisit la S.R. d'Amiens et la B.R. de Chantilly de l'ensemble des faits. Le 8 octobre, une information judiciaire est ouverte et confiée à un magistrat instructeur du pôle criminel départemental de Senlis.

Une mise en examen dans le cadre des faits survenus sur l'A1

Le 15 octobre, l'un des passagers de la voiture impliquée dans les faits survenus sur l’A1 est mis en examen « des chefs d'arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivis de mort ainsi que d'arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de plusieurs personnes avec libération volontaire avant le 7e jour. » Il est placé en détention provisoire.

Dans le même temps, réunis au sein d'un groupe de travail, les enquêteurs des deux unités de recherches, appuyés par le groupement de gendarmerie départementale de l’Oise, parviennent, au fur et à mesure de leurs investigations, à identifier les différents auteurs et complices des faits survenus à la suite du décès de l'A1.

24 interpellations en deux opérations judiciaires

En deux vagues d'interpellations, conduites les 7 décembre 2020 et 9 février 2021, sous l'autorité du magistrat instructeur, les gendarmes appréhendent 24 suspects dans l’Oise et en Seine-Saint-Denis. Les opérations mobilisent plus de 150 militaires chacune.

Au terme des gardes à vue, « dix-huit personnes sont mises en examen pour leur implication, à des degrés divers, dans les faits constitutifs des chefs d'arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivis de mort en bande organisée ; arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire sans libération volontaire avant le 7e jour en bande organisée ; arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de plusieurs personnes avec libération volontaire avant le 7e jour ; violences volontaires aggravées ; extorsion avec arme ; non-dénonciation de crime ; non-assistance à personne en péril », précise le communiqué du Parquet.

Treize d'entre elles sont placées en détention provisoire et cinq sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet.