Enquêtes

Opération Trivium : la gendarmerie française au cœur de la coopération européenne pour la lutte contre la criminalité

Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le
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© Gendarmerie nationale
Lancée pour la première fois en 2013, Trivium est une opération de contrôles coordonnés européens de lutte contre la criminalité. Organisée cette année par les Pays-Bas, avec l’appui d’Europol, l’opération a regroupé 17 pays, dont 16 de l'Union européenne, avec, à la clé, de beaux résultats et un engagement important de la part des gendarmes français.

Du 13 au 16 avril dernier, des centaines de gendarmes français, des policiers allemands, les autorités danoises ou encore roumaines, se sont alliés pour réaliser, chacun sur leur territoire, des milliers de contrôles coordonnés. Une opération d’envergure nommée Trivium, dont les deux objectifs majeurs étaient l’identification des menaces criminelles transnationales et la déstabilisation des groupes criminels itinérants, particulièrement actifs dans le domaine des atteintes aux biens.

137 000 contrôles réalisés

Pour tenir ces deux objectifs, l’opération Trivium a été réalisée grâce à l’action coordonnée des unités de terrain, qui ont effectué plus de 137 000 contrôles, et celle des salles opérationnelles, répondant immédiatement aux sollicitations. Concernant les contrôles sur le terrain, ce sont principalement les ressortissants et les véhicules des ressortissants des pays participants qui ont été visés. Les salles opérationnelles, majoritairement créées en ligne au vu de la situation sanitaire, ont été mises en place dans chacun des 17 pays concernés, avec à chaque fois un ou plusieurs référents en charge de l’envoi en direct des données aux pays participants et de la transmission des demandes du terrain à destination des autres pays. Lors de cette opération, ce sont principalement des référents EMPACT OPC qui ont été nommés référents. En France, la mission a donc incombé à l’OCLDI (Office Central de Lutte contre la Délinquance Itinérante), à la tête de la lutte européenne contre les atteintes aux biens.

Des résultats français à la hauteur de l’investissement général

En France, encadrée par des directives du Centre national des opérations (CNO), l’opération, lors de laquelle 13 000 véhicules et 14 000 personnes ont été contrôlés, a été menée par des centaines de gendarmes de tous groupements. Les vérifications effectuées ont permis l’identification de personnes recherchées ou potentiellement impliquées dans des affaires criminelles, comme cet homme de nationalité italienne contrôlé en France, qui après une remontée à l’OCLDI et la transmission de la requête à tous les pays participants, s’est avéré être déjà bien connu des services de police allemande, mais sous un autre nom. Autre exemple aux Pays-Bas, où les policiers néerlandais ont cette fois sollicité la France lors du contrôle d’un Français. Après un passage au fichier, l’OCLDI a pu annoncer aux Néerlandais que l’homme en question était en effet sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire français.

Au total, sur les cinq jours de l’opération Trivium, l’OCLDI, référent français sur le dispositif, a ainsi répondu à plus de 250 sollicitations émanant de pays étrangers, auxquels elle a transmis dans le même temps plus de 100 requêtes issues des gendarmes sur le terrain.

Cette opération a aussi permis à la France de bénéficier du concours d’enquêteurs d’autres nationalités pour l’interrogation de leurs fichiers nationaux en temps réel, quel que soit le motif judiciaire (contrôle routier ou garde à vue d’un ressortissant d’un des pays participants).

Des découvertes majeures à l’échelle européenne

Au niveau européen, les résultats ont également été au rendez-vous, avec une très belle prise effectuée par les autorités allemandes. Après le contrôle d’un individu suspect et l’envoi d’une requête à tous les pays, un signalement des Danois a orienté les autorités allemandes. En effet, l'individu, déjà connu là-bas, était suspecté d’être lié à plusieurs vols de GPS agricoles. Au cours de la vérification de son véhicule, l'officier allemand a ainsi découvert 30 unités GPS provenant de machines agricoles, 25 kg de bijoux en or, près de 40 nouveaux téléphones portables haut de gamme et 12 ordinateurs portables.

En Belgique cette fois, la découverte d'un véhicule sur un parking autoroutier et son signalement à tous les autres pays, ont conduit à la saisie de 380 kg de cuivre cachés dans les bois voisins.

Au niveau européen, ce sont ainsi quelque 70 000 véhicules et 67 000 personnes qui ont été contrôlés. Plus de 228 individus ont été arrêtés et des saisies majeures effectuées, comprenant 88 véhicules, de très nombreux objets volés, des substances illégales et d’importantes sommes d’argent liquide.

Une action immédiate

L’identification de certains criminels, l’observation d’autres individus, la saisie et la découverte de nombreux objets volés ou illégaux réalisées durant cette opération ont été grandement facilitées par ces fameux échanges, en temps réel, d’informations issues des fichiers des différents pays. Des échanges qui existent au quotidien, mais qui doivent habituellement passer par une plateforme nommée SIENA, dont les résultats ne sont transmis aux unités de recherches ou aux requérants que plusieurs jours après.

La vraie plus-value de cette opération, qui a vocation à être reconduite, est bien la coordination des contrôles et l’échange immédiat de données. Des échanges et une collaboration qui, sur le long terme et hors opération, ont eux aussi vocation à être enrichis, afin de renforcer toujours plus la coopération entre les pays européens dans la lutte contre la criminalité.

 

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